Le CUSM, un PPP fortement manipulé

Le Dr Arthur Porter a multiplié les pressions et les entraves afin de s’assurer que le contrat du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) soit accordé au consortium mené par SNC-Lavalin.

 

La commission Charbonneau a mis entre parenthèses le volet de ses travaux sur le financement politique, jeudi, pour s’intéresser de près à l’attribution de ce contrat de 1,3 milliard de dollars en PPP (partenariat public-privé).

 

Selon l’enquêteur André Noël, le dossier du CUSM constitue « l’un des cas de corruption les plus importants » dans l’histoire québécoise, avec une fraude de 22,5 millions en toile de fond.

 

Des accusations de fraude, complot, abus de confiance, commissions secrètes et recyclage des produits de la criminalité ont été portées contre les principaux acteurs de ce scandale, parmi lesquels figurent l’ex-directeur général du CUSM, Arthur Porter, et l’ancien président de SNC-Lavalin, Pierre Duhaime.

 

Le Dr Porter et deux des responsables du CUSM, St. Clair Armitage et Yanaï Elbaz, auraient entretenu des relations avec les cadres de SNC-Lavalin durant la phase des appels d’offres, en violation des règles en vigueur.

 

Ils auraient évoqué des prétextes fallacieux et frivoles pour écarter le concurrent de SNC-Lavalin, le consortium PCUSM.

 

M. Noël a décrit Arthur Porter comme « un petit “ tough ” dans la cour d’école qui tasse tout le monde ». « Il exerçait énormément de pression », a-t-il dit.

 

Inquiété par les anomalies, le gouvernement libéral a relancé les appels d’offres, en janvier 2010. SNC-Lavalin l’a emporté, principalement pour les qualités techniques de son projet. La firme avait obtenu les croquis techniques de PCUSM pour se préparer, grâce à la collaboration de Yanaï Elbaz.

 

Boulet garde la ligne

 

Julie Boulet a amassé 518 000 $ en dix ans dans « la circonscription la plus pauvre du Québec » : Laviolette. À trois reprises, lorsqu’elle était ministre des Transports, elle a facilement dépassé l’objectif annuel de 100 000 $ fixé par le PLQ.

 

Mme Boulet a maintenu sa ligne de défense, en faisant porter la responsabilité du financement à sa conseillère Amina Chaffaï. Contredite par ses collègues, elle maintient sa version des faits. C’est en 2009 seulement qu’elle aurait appris par la bande l’existence d’un objectif de 100 000 $.

 

Pour les années 2007 à 2009, alors qu’elle était ministre des Transports, Mme Boulet a largement dépassé les objectifs. Année après année, son équipe a amassé des sommes de 130 000 $, 134 000 $ et 125 000 $. Sa performance a diminué lors de sa dernière année à la tête du MTQ, en 2010. Elle a alors récolté 63 000 $. Déplacée au ministère de l’Emploi, elle a engrangé 56 000 $ en 2011, et 32 000 $ en 2012.

 

En contre-interrogatoire, l’avocat du PLQ, Michel Décary, a fait ressortir que les responsables du financement au PLQ ne l’avaient jamais rappelée à l’ordre lorsqu’elle avait raté les cibles.