Des programmes sociaux pourraient être éliminés, dit le nouveau ministre des Finances

Dans un point de presse avant d'entrer à une séance du caucus libéral, Carlos Leitao a dit qu'il faudra se questionner sur la pertinence de <em>«tous les programmes sociaux, tous les programmes de dépenses».</em>
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Dans un point de presse avant d'entrer à une séance du caucus libéral, Carlos Leitao a dit qu'il faudra se questionner sur la pertinence de «tous les programmes sociaux, tous les programmes de dépenses».
Québec — Le ministre des Finances, Carlos Leitao, a fait savoir, jeudi, que la revue exhaustive prévue par son gouvernement examinera la pertinence de chaque programme, en envisageant même l'élimination. Il a aussi laissé planer le flou sur la réalisation d'un engagement du Parti libéral durant la campagne électorale: soit l'atteinte de l'équilibre budgétaire en 2015-2016.

Dans un point de presse avant d'entrer à une séance du caucus libéral, au lendemain de sa prestation de serment, Carlos Leitao a dit qu'il faudra se questionner sur la pertinence de « tous les programmes sociaux, tous les programmes de dépenses ».

« On va revoir, programme par programme, pour voir si c'est encore pertinent de maintenir ça, ou de les éliminer au complet », a-t-il déclaré jeudi matin.

Il a assuré que ce ne sera pas du mur-à-mur, une compression « paramétrique » imposée en pourcentages à chaque ministère, mais plutôt une révision à la pièce. En anglais, le ministre des Finances a rappelé que ce genre d'exercice n'a pas été fait depuis une vingtaine d'années au Québec comme dans d'autres provinces.

« La situation sera difficile, au sens où certains programmes devront être abolis, changés, réduits, mais d'autres pourraient devoir être augmentés, donc c'est ce genre d'exercice qui n'a pas été fait systématiquement au Québec, et que nous allons entreprendre cette année », a-t-il dit.

Quant à l'atteinte de l'équilibre budgétaire en 2015-2016, M. Leitao a convenu qu'il s'agissait bien là d'un engagement du Parti libéral, mais n'affichait plus la même certitude. Il a indiqué qu'il n'était même pas encore passé au ministère des Finances et qu'il allait d'abord voir l'état actuel des finances publiques.

« On vise toujours l'équilibre budgétaire. Ça va dépendre en partie du vrai état des résultats qui est en train de se faire au moment où on se parle », a-t-il dit.

Le précédent gouvernement Marois avait prévu un déficit budgétaire de 2,5 milliards pour 2014-2015, mais d'autres chiffres ont circulé depuis, dont un déficit qui atteindrait les 3,3 milliards.

M. Leitao a précisé qu'en février, les impôts des entreprises ont été plus bas que prévu, mais a ajouté que ces données varient et sont cycliques.

Le ministre a confirmé qu'un budget devrait être déposé au début de juin, sans préciser la date exacte. Il a aussi dit qu'il n'ira pas à New York rencontrer les représentants des grandes agences de crédit avant de déposer son budget.​

Par Patrice Bergeron

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27 commentaires
  • Claude Saint-Jarre - Abonné 24 avril 2014 13 h 49

    De quoi s'agit-t-il?

    De quoi s'agit-il? (!)

  • Ginette Joannette - Inscrite 24 avril 2014 14 h 04

    Les pauvres seront plus pauvres!

    Éliminer de programmes sociaux c'est rendre les pauvres plus pauvres, plus malades. C'est peut-être jeter des personnes démunies dans la rue. C'est peut-être augmenter le taux d'analphabétisme. C'est peut-être empêché les enfants de parents démunies de réussir leur études. Il faut surveiller ce gouvernement car il m'inquiète grandement!

    • Danielle - Inscrit 24 avril 2014 15 h 25

      Eh oui, vous avez probablement raison. La division du vote lors de la dernière élection nous a mené droit dans le mur. On doit vivre avec maintenant. Peut-être que dans 4 ans les gens vont davantage réfléchir au choix qu'ils feront.

    • François Dandurand - Inscrit 24 avril 2014 16 h 16

      C'est une conclusion trop hative.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 25 avril 2014 19 h 02

      .

      À Danielle Houle,


      Lâchez-nous un peu les basquets avec la division du vote.

      La défaite du PQ : Ce sont les péquistes eux-mêmes qui ne sont pas sortis voter.


      http://www.ledevoir.com/politique/quebec/405896/la

    • Alice Gérard Roy - Inscrite 25 avril 2014 20 h 19

      À Danielle Houle,
      Je me demande si vous avez vraiment regarder les résultats des élections... La grande majorité des votes péquistes de 2012 sont passés à la CAQ et aux Libéraux et beaucoup moins pour les autres partis de gauche.

  • Paul Gagnon - Inscrit 24 avril 2014 14 h 39

    Situation cocasse pour d'autres

    J'aimerais bien assister au prochain souper de famille des David! Débat houleux en vue entre une ancienne (Hélène) et une toujours (Françoise) solidaire.

  • Rafik Boualam - Inscrit 24 avril 2014 14 h 40

    critères

    va-t-on utiliser les mêmes critères pour revoir les programmes d'incitatifs aux multinationales.

  • Frederic Gattuso - Inscrit 24 avril 2014 14 h 47

    Pas assez riche pour tout ces programmes !

    Le Québec n'est malheureusement pas assez riche pour se permettre tout ces beaux programmes sociaux. Faudrait commencer par créer des richesses avant de dépenser dans des programmes du genre. Je crois qu'il est mieux de les éliminés au lieu de les garder sur le respirateur artificiel !

    • Claude Champagne - Inscrit 24 avril 2014 17 h 20

      Tout dépend la façon d'agir et qui le fait.

    • Benoît Landry - Inscrit 24 avril 2014 20 h 06

      Il y en a en masse de la création de richesse, faudrait surtout penser à cesser de la concentrer ou si vous aimez mieux, cesser de la distribuer vers le haut

    • Claude Cotineau - Inscrit 24 avril 2014 20 h 48

      Avant de songer à créer de la richesse, il faudrait songer à nationaliser la création monétaire au lieu de vendre notre dette publique à des intérêts privés. L'hémorragie cesserait alors. Mais ça, seule une constitution par le peuple pour le peuple pourrait l'instituer. Je ne suis pas expert en économie, mais quand on demande de rembourser plus d'argent qu'il n'en est créé, on paupérise les débiteurs. Alors oui, on n'est pas assez riche pour financer nos programmes sociaux.