L’opposition talonnera Couillard sur l’intégrité

Le doyen de la 41e législature, François Gendron
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Le doyen de la 41e législature, François Gendron

Québec — Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec ne lâcheront pas d’une semelle le gouvernement libéral lorsqu’il sera confronté à des enjeux d’intégrité.

 

« On va être intraitable »,a déclaré le chef de l’opposition officielle, Stéphane Bédard, en marge de la cérémonie d’assermentation des députés péquistes mardi avant-midi. À cet égard, « il n’y a pas de compromis à faire », a-il averti, après avoir promis de diriger une opposition « respectueuse, vigilante et vigoureuse ».

 

Les 22 élus de la CAQ seront également « intransigeants » en cette matière, a ajouté le chef du deuxième groupe d’opposition, François Legault. Ils prôneront la « tolérance zéro » face à toute histoire de « copinage » ou de « corruption » éclaboussant le Parti libéral du Québec — ou l’autre « vieux parti, le Parti québécois »,a-t-il dit, avant de gravir les marches du grand escalier menant à la salle du Conseil législatif.

 

D’autre part, le PQ et la CAQ ont tour à tour tenté de dissuader mardi le gouvernement libéral de s’abriter derrière un état des finances publiques noirci délibérément afin de renier ses promesses, dont celle d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016. « [Les libéraux] ont quand même été là pendant les neuf dernières années », a soutenu M. Bédard.

 

L’équipe économique libérale pourra maintenir le cap sur l’atteinte de l’équilibre budgétaire en 2015-2016, a fait valoir l’ancien président du Conseil du trésor, jugeant les dernières cibles de revenus et de dépenses fixées par le PQ « tout à fait atteignables » à l’heure actuelle.

 

Pour y arriver, elle devra lire la Mise à jour économique — « vérifiée », « contre-vérifiée » et « survérifiée » par le vérificateur général du Québec — et le dernier budget Marceau, a-t-il suggéré. « Les recettes sont dedans. Pour l’an prochain, on a donné toutes les mesures qui vont permettre d’arriver à l’équilibre, tel qu’il était prévu. Il suffit de bien lire et de les appliquer maintenant », a-t-il affirmé, rappelant que le budget Marceau proposait notamment de hausser les tarifs des garderies et d’étaler la hausse salariale consentie aux médecins.

 

Un Conseil des ministres courageux?

 

De son côté, la CAQ, le « parti des contribuables », appelle le nouveau gouvernement à alléger « dès maintenant » le fardeau fiscal des Québécois. « Il y a des personnes qui sont compétentes au Parti libéral. Maintenant, il va falloir voir si le chef et l’équipe vont être courageux », a indiqué M. Legault, préconisant un « ménage » dans l’appareil étatique.

 

À partir des banquettes de la deuxième opposition, la CAQ rappellera périodiquement à l’équipe de Philippe Couillard sa promesse électorale de créer 250 000 emplois en cinq ans. « On veut s’assurer que sont des emplois de qualité, autour de l’innovation », a dit l’auteur du projet Saint-Laurent.

 

La CAQ gardera aussi à l’oeil la qualité des soins de santé prodigués dans les établissements de santé, après l’arrivée au pouvoir de « trois docteurs qui ont fait de grandes promesses pour améliorer le système ».

 

Charte «toujours nécessaire»

 

Le chef de la CAQ invite M. Couillard à proposer une charte de la laïcité « équilibrée » afin de clore « rapidement » un épisode « émotif » dans le débat politique. En dépit de la victoire électorale du PLQ, une législation renforçant la neutralité religieuse de l’État apparaît « toujours nécessaire » aux yeux de la population, selon lui. « Je veux rappeler à M. Couillard qu’il est le premier ministre de la nation québécoise et qu’à ce titre, il doit défendre la langue française et notre identité », a fait valoir M. Legault, ne cachant pas que la CAQ a quatre ans et demi devant elle pour s’ériger comme une solution de rechange au gouvernement libéral.

***

La course à la chefferie du PQ ne fera pas ombrage au reste

La course à la chefferie du PQ ne nuira d’aucune façon au travail effectué par les élus péquistes à l’Assemblée nationale. « Ça ne m’inquiète pas », a dit l’un des trois nouveaux députés péquistes, Harold Lebel. « Chaque fois, on en est sorti plus fort. [Au PQ] on a la couenne dure. » Malgré cela, « il n’y a pas de presse pour une course à la succession », a fait valoir le doyen de la 41e législature, François Gendron.

26 commentaires
  • Martin Pelletier - Inscrit 23 avril 2014 06 h 26

    11 fois pour rien

    11 fois les Abitibiens ont élu François Gendron avec le mandat de faire un pays.
    11 fois ils lui ont dit: vas à Québec François et ramène-nous un pays
    11 fois, Francois a fait papate

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 23 avril 2014 08 h 23

      Je préfère un François Gendron qui porte un projet collectif à des corrompus libéraux qui ne portent que leurs petits intérêts et qui nous ont démontré maintes et maintes fois qu'ils ne font que se remplir les poches à même le bien commun au lieu de le servir pour leur peuple.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 23 avril 2014 08 h 26

      Que de mauvaise foi monsieur Pelletier.
      Il y a eu 1980 et 1995....mais ce sont les Québécois en refusant de s'assumer qui ont fait...patate! OÙ étiez-vous pour oublier si vite une
      telle chose?

    • Jean-Claude Grégoire - Inscrit 23 avril 2014 10 h 37

      Voilà plutôt ce que moi j'appelle de la conviction. Bravo aux Abitibiens d'y croire. C'est de politiciennes et de politiciens de conviction que le mouvement souverainiste a besoin. Ce n'est pas des François Legault qui pense plus à lui, à sa carrière et qui démissionne face à l'option souverainiste. La souveraineté, si on y croit, alors on la défend tout le temps. C'est ça être convaicu !

    • Martin Pelletier - Inscrit 23 avril 2014 10 h 48

      @Mme Sévigny

      Effectivement, Gendron a travaillé 9 mois pour la libération du Québec en 1995 et 6 mois en 1980.
      Le reste du temps il a été un paysible député péquiste s'occupant du traintrain provincial.
      Gendron est l'incarnation de l'échec péquiste.
      Depuis 1970 on élit des députés souverainiste qui ne font rien pour la cause, tout leur temps étant consacré au traintrain provincial
      Ce PQ-là doit mourir pour faire place à un véritable parti consacré à la promotion et à la réalisation de l'indépendance.

    • Raymond Turgeon - Inscrit 23 avril 2014 11 h 20

      Il n'en revient pas qu'à François de donner un pays au Québec

    • Jacques Moreau - Inscrit 24 avril 2014 10 h 57

      M. Gendron a été élu pour gouverner et administrer le Québec. Il a été élue comme représentant de la circonscription de l'Abitibi-est. À son programme, à lui, figurait le projet de séparation du Québec d'avec le Canada. Avez-vous remarqué que en aucun cas le Parti Québecois à fait campagne en mettant à son programme que s'il était élue, ça voulait dire que le Québec avait "absolument" choisi l'indépendance? M. Gendron a été réélu 11 fois parce qu'il a sût faire un bon travail pour la majorité de ses électeurs; qu'ils soient indépendantistes ou non.

  • Zohra Joli - Inscrit 23 avril 2014 07 h 50

    Trop peu trop tard

    Surveiller le PLQ pour copinage et corruption et favoritisme: trop eu trop tard, il fallait y penser à deux fois avant de les remettre majoritaire au pouvoir.
    Les entendre mettre la faute du déficit sur le dos du PQ qui était là pour 18 mois , suivant un règne de 9 ans des libéraux me donnerait envie de vomir. On nous prend pour des cons, mais peut-être qu'on l'est...
    On s'attend au pire et on l'aura mérité

    • François Dugal - Inscrit 23 avril 2014 08 h 37

      Vox populi, vox Dei; c'est plate, mais c'est comme ça.

  • Jean Lapointe - Abonné 23 avril 2014 09 h 14

    Il va nous en falloir du courage

    «Je veux rappeler à M. Couillard qu’il est le premier ministre de la nation québécoise et qu’à ce titre, il doit défendre la langue française et notre identité » (François Legault)

    Philippe Couillard ne reconnait même pas qu'il existe une nation québécoise. Et il s'en fout donc complètement de la langue française.

    Il ne faut pas oublier que pour lui, nous les francophones du Québec, ne sommes qu'une minorité parmi d'autres au Canada et parmi d'autres même au Québec. A ses yeux nous sommes d'abord et avant tout des Canadiens qui parlent le français et qui devront apprendre l'anglais pour pouvoir répondre aux questions des anglophones.

    Et pour lui, il ne faut surtout pas que nous nous imposions de trop face aux autres minorités du Québec pour ne pas leur déplaire.

    Philippe Couillard ne retire apparemment aucune fierté du fait qu'il soit d'origine canadienne française par son père et d'origine française (bretonne) par sa mère. Il ne se considère surtout pas comme Québécois si ce n'est que parce qu'il habite dans la province de Québec.

    On aura beau lui rappeler que nous sommes nombreux au Québec à nous considérer comme constituant une nation en espérant qu'il en tienne compte. Mais ce sera complètement inutile parce que, comme il l' a dit très clairement dès le début de la campagne électorale, il déteste les nationalistes québécois et encore plus les «méchants séparatisses».

    Son but était évidemment d'écraser pour de bon le mouvement souverainiste, tout comme comme Jean Charest, et il a sans doute l'impression d'avoir réussi son coup.

    Mais il ne faudrait quand même pas lui donner raison.

    Est-il pensable que nous puissions nous organiser pour que les souverainistes reprennent le pouvoir au plus tard dans 4 ans ?

    J'ose l'espérer mais ne faut-il pas craindre tout ce que ce nouveau gouvernement risque de faire au cours des prochaines années pour nous rendre la tâche encore plus difficile qu'elle ne l'est déjà?

    Il va nous en falloir du coura

    • Mario Gauthier - Inscrit 23 avril 2014 10 h 05

      Fallait y penser avant de remettre les libéraux (en sachant tout cela) au pouvoir. Je ne parle pas de vous, je parle du québec tout entier qui par peur, nochalance, je-m'enfoutisme, ou je ne sais pas, a quand même donné la majorité à ce parti.

      Il faudra plus que du courage pour admettre notre faiblesse, nos erreur. Il faudra une volonté hors norme et aussi, de la lucidité.

      Et ça, ça reste à voir.

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 23 avril 2014 10 h 56

      Faut pas oublier M. Gauthier que ce n'est pas les québécois-e-s qui ont donné une majorité aux libéraux, mais bien notre mode de scrutin antidémocratique que le PQ ne s'est jamais donné la peine de modifier, malgré les promesses en ce sens fait dans les années 1970. C'est un mode de scrutin qui profite aux partis de pouvoir.

    • Jacques Moreau - Inscrit 24 avril 2014 11 h 09

      M. Lapointe, puisque vous faite remarquer que la mère de M. Couillard est Bretonne, saviez-vous que le peuple Breton avait sa propre langue, comme les Normands, les Corses, les Basques, etc.... Saviez-vous que la langue française, fut imposé sur tous ces peuples par un édict d'un roi qui l'a fait seule langue officielle du royaume de France. Saviez-vous qu'à un certain moment dans l'histoire, ces différent peuples on dû envoyer leurs enfants dans des écoles ou il leur étaitent formellement interdit d'utiliser un seul mot de leur langue maternelle, même dans la cour d'école? Est-ce que les Breton, la nation Bretonne, devraient se former un pays?

  • Gilles Champagne - Inscrit 23 avril 2014 09 h 30

    Rêveur

    je rêve du jour où nos députés vont exclusivement se soucier du bien commun de toute la population au lieu de se complaire dans la partisannerie tellement stérile.

    Et oui rêver comme dans rêver à la Coupe Stanley!!!

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 23 avril 2014 10 h 19

      Est-ce rêver que de vouloir un pays?
      Ce n'est pas de la partisanerie que de vouloir un pays qui défendra bec et ongles notre langue, notre culture, nos valeurs, notre territoire enfin tout ce qui fait que le Québec est...le Québec.
      Vous avez bien le droit de rêver à la coupe Stanley...mais ce ne sera
      pas la direction, les joueurs, les entraîneurs du Canadien de Montréal,etc qui vous donneront un pays...ils ont beaucoup trop à faire avec leurs affaires...pas pour rien qu'ils sont ce qu'ils sont...des affairistes $!?
      Next affaire please !

  • michel lebel - Inscrit 23 avril 2014 09 h 34

    Méfiance et négativisme!

    Bien des lecteurs du Devoir me semblent avoir beaucoup de difficulté à accepter la défaite! Pourquoi ne pas donner la chance au coureur, au lieu de continuer à démoniser le Parti libéral! À voir de la magouille libérale partout! Cette attitude ne me semble guère saine.


    Michel Lebel

    • François Dandurand - Inscrit 23 avril 2014 09 h 47

      Vous avez parfaitement raison. Et si nous cherchions le consensus sur ce qui nous réunit pour améliorer la situation, ce serait un net progrès. Il y aura une autre élection dans quatre ans. En attendant progressons!

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 23 avril 2014 10 h 30

      La chance au coureur dites-vous?! mais au lieu de regarder la paille dans l'oeil du voisin ne faudrait-il pas regarder la poutre qui est dans le vôtre?
      La magouille, comme vous le dites si bien, a existé et existe toujours car rien n'a été réglé au parti Libéral...y'a toujours la Commission Charbonneau, l'Upac, les jugements de cour, etc.etc, qui attendent en coulisses... et parlant d'attitude saine, le vote pour 70 députés au parti Libéral, vous trouvez ça sain après tout ce déballage de collusion, corruption ???

    • François Dugal - Inscrit 23 avril 2014 10 h 41

      Si on voit la "magouille libérale" partout, c'est peut-être qu'elle est partout.
      Donnons la chance aux observateurs, monsieur Lebel.

    • Raymond Turgeon - Inscrit 23 avril 2014 11 h 30

      Donner la chance au coureur qui ne défend pas les intérêts de la nation!
      Pourquoi donc?

    • Claude Champagne - Inscrit 23 avril 2014 15 h 19

      Les libéraux au pouvoir par une minorité, donnent le feu vert à la corruption et l'achèvement du grand rêve de PET Trudeau, la fin de la société distincte.