L’état des finances publiques dictera les choix de Couillard

Philippe Couillard aura du mal à atteindre son objectif de bâtir un Conseil des ministres composé d’au moins 40 % de femmes.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Philippe Couillard aura du mal à atteindre son objectif de bâtir un Conseil des ministres composé d’au moins 40 % de femmes.

Québec — En formant son premier Conseil des ministres, Philippe Couillard aura l’oeil sur l’état des finances publiques. Trois postes s’avèrent cruciaux à ce chapitre : le ministre des Finances, le président du Conseil du trésor et le ministre de la Santé et des Services sociaux.

 

Comme titulaire du ministère des Finances, Carlos Leitao, cet ancien économiste de la Banque Laurentienne, apparaît comme le choix logique.

 

La première tâche du prochain ministre des Finances sera de rassurer les agences de notation de New York et de les convaincre de la solidité du plan du gouvernement Couillard en vue d’atteindre l’équilibre budgétaire et de réduire le poids de la dette par rapport au produit intérieur brut. Déjà, l’agence Fitch a placé la dette du Québec sous surveillance. Or, le Parti libéral a promis d’investir 1,5 milliard par an de plus que le gouvernement Marois en infrastructures, ce qui viendra gonfler d’autant la dette du Québec.

 

Outre sa responsabilité d’assurer un strict contrôle des dépenses publiques, le président du Conseil du trésor doit mettre sur pied un comité de révision des programmes de l’État, selon le modèle implanté à Ottawa. En raison de son expérience dans la fonction publique fédérale, Martin Coiteux, un ancien économiste de la Banque du Canada, pourrait occuper cette chaise. Mais un autre nom circule, celui de Pierre Arcand, un ancien gestionnaire du secteur privé capable de fermeté sans être abrasif.

 

Concessions en santé

 

Fournir un financement adéquat au réseau de la santé est un défi en soi. Pour le relever, le gouvernement Couillard devra probablement se résoudre à revoir les hausses de rémunération consenties aux médecins, ce que projetait le gouvernement Marois. Paradoxalement, Gaétan Barrette serait sans doute le mieux placé pour arracher des concessions à ses anciens collègues.

 

Le profil de Jacques Daoust, l’ex-p.-d.g. d’Investissement Québec, le désigne tout naturellement pour occuper le poste de ministre du Développement économique. Si Philippe Couillard tient à faire de la place à son lieutenant de la course à la chefferie, Sam Hamad, malgré le fait que l’ombre de l’Unité permanente anticorruption plane sur cet ancien directeur du développement des affaires chez Roche, il pourrait le nommer ministre délégué aux PME, un poste que le chef libéral s’est engagé à créer.

 

Il devra trouver une place à un des piliers du gouvernement Charest, Jean-Marc Fournier, son proche conseiller durant la campagne électorale. Une responsabilité plus politique qu’administrative, ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, par exemple, pourrait lui convenir.

 

Le retour de Paradis

 

On s’attend à ce que le vétéran Pierre Paradis fasse son entrée au Conseil des ministres. Il présente l’avantage de ne pas être associé au gouvernement Charest puisque l’ancien premier ministre l’a écarté de ses conseils des ministres pendant neuf ans. Sous le gouvernement Bourassa, Pierre Paradis s’est vu confier les rênes de quatre ministères, dont celui de l’Environnement et des Affaires municipales. En outre, on s’attend à ce que le chef libéral évite de mettre Yves Bolduc sous la botte de Gaétan Barrette en tant que ministre délégué à la Santé, une évidente rétrogradation.

 

Stéphane Billette, qui a organisé la course à la chefferie de Philippe Couillard ainsi que la campagne électorale, devrait obtenir le ministère de l’Agriculture, un domaine où il a une expertise.

 

Femmes

 

Philippe Couillard aura du mal à atteindre son objectif de bâtir un Conseil des ministres composé d’au moins 40 % de femmes. Pour s’en approcher, il devra recourir à des ministres qui ont servi sous Jean Charest : Christine St-Pierre, Lise Thériault, Marguerite Blais, Julie Boulet. La nouvelle recrue, Hélène David, pourrait se retrouver à l’Éducation ou à l’Enseignement supérieur, ou les deux si les ministères sont fusionnés. À cela s’ajoute le casse-tête de la représentation régionale qui permettra à de nouvelles têtes de faire leurs preuves.

4 commentaires
  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 23 avril 2014 04 h 16

    Un ti problème

    Les finances publiques sont le résultat des mandats libéraux de John James Charest. M. Couillard a le beau problème du choix de la nominations de ses ministres et le moins beau problème des finances publiques pour lequel il est à l'origine alors qu'il faisait parti des équipes ministériels de John James.
    Il faut ne pas oublier une petite nomination pour Mme Caroline Simard, autre petit problème.
    En ce qui concerne M. Paradis, M. Couillard devrait consulter M. Johnson et M. John James Charest, qui lui seraient de grands conseils.

  • Florence Péloquin - Abonnée 23 avril 2014 12 h 16

    Trois fois trois ....

    Trois fois "John James" dans trois petites phrases. Décidément, pas très "neuf" comme argument.

  • Normand Murray - Inscrit 23 avril 2014 12 h 55

    Â qui le blâme.

    Et il dira regardé dans quel état le PQ nous a laissés les finances publiques après seulement 18 mois de gouvernance.Attendons-nous a ce que la situation empire sans que nous le sachions.

  • Leclerc Éric - Inscrit 23 avril 2014 19 h 38

    Pourtant, elles n'ont jamais été au coeur des débats de la dernière campagne électorale!

    AUCUN aspirant premier ministre du Québec n'a parlé avec insistance des finances publiques c'était un sujet trop tabou.

    Et malgré les dizaines de milliers d'emplois perdus avant et pendant la campagne, même chez les libéraux et péquistes, les chefs n'en ont parlé que du bout des lèvres alors que ce sont les emplois à temps plein et partiel, qui permettent de garnir copieusement les coffres de l'état avec toutes les ponctions que chaque travailleur subit chaque semaine.

    Tout bon politicien sait mieux que quiconque que les chefs d'entreprises attendent au printemps pour annoncer si, selon leurs carnets de commande ou besoins, ils embaucheront ou au contraire feront des mises à pied ou gelleront leurs effectifs.

    La création de 250,000 emplois promis par Philippe Couillard n'avait donc rien à voir avec la situation très inquiétante de l'emploi au Québec. La situation mondiale nous affectent comme partout sur le globe. C'est plutôt notre gouvernement qui dépense plus qu'il n'a de prévisions de revenus justes comme toujours!