Impératif français exige un bilan sur la langue

Le président d’Impératif français accuse l’Office québécois de la langue française (OQLF) de bâcler son travail et s’inquiète de l’absence d’un « véritable » bilan quinquennal, surtout dans le contexte de l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement qu’il qualifie de « défrancisant ».

 

Jean-Paul Perreault a envoyé jeudi une lettre afin de demander au premier ministre élu, Philippe Couillard, de faire pression sur l’OQLF pour lui réclamer son rapport quinquennal de 2013.

 

Le dernier bilan produit par l’organisme remonte à 2008. Mais puisque celui-ci avait fait l’objet de critiques en raison de sa lourdeur et de l’absence de conclusions claires, l’OQLF a choisi, avec l’accord de la ministre de l’époque, de publier des documents et études de façon ponctuelle, a rappelé Julie Létourneau, conseillère en communications pour l’Office.

 

En vertu de la Charte de la langue française, l’OQLF est tenu de surveiller l’évolution de la situation linguistique au Québec et d’en faire rapport au moins tous les cinq ans au ministre responsable de son application.

 

Cacher un recul ?

 

Depuis 2010, l’organisme a publié « une quinzaine de documents, d’études et de faits saillants »,a plaidé Mme Létourneau.

 

Cela est insuffisant aux yeux de Jean-Paul Perreault, selon qui ces rapports « sectoriels » ne suffisent pas à brosser un portrait exhaustif de la situation de la langue française au Québec, en plus de contrevenir à « l’esprit de la loi ».

 

Il va même jusqu’à accuser l’Office de refuser de reconnaître « l’ampleur du recul » du français dans la société québécoise.

 

« On a besoin d’un rapport. D’autant plus avec l’élection d’un gouvernement qui, déjà, a des tendances hautement “ défrancisantes ” et hautement “ anglicisantes ” . Ça presse ; ça urge », s’est-il exclamé.

 

La dernière étude rendue publique par l’OQLF, intitulée « Trajectoires linguistiques et langue d’usage public chez les allophones de la région métropolitaine de Montréal », a été publiée en 2013.

 

Ses auteurs, Jean-Pierre Corbeil et René Houle, concluent notamment que dans la région montréalaise, la fréquence d’utilisation du français par les adultes allophones est de 52,5 %, comparativement à 23 % chez les adultes anglophones issus de l’immigration et à 30 % chez les anglophones natifs du Québec.

 

« Étudier en français au collège ou à l’université est associé à une fréquence plus importante d’utilisation du français dans l’espace public, tandis qu’étudier en anglais est associé à une fréquence plus faible d’utilisation du français », rappelle-t-on également dans ces pages.

7 commentaires
  • Cyr Guillaume - Inscrit 18 avril 2014 03 h 36

    Il à bien raison!

    Monsieur Perreault à bien raison, juste à voir les commerces de la Rue St-Cathenie et les ''Payless Shoessources'' qui poussent comme des champions, en plus des géants qui refusent le gros minimum qui est d'ajouter un générique francophone devant ''Wal-Mart, Costco, Etc''.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 18 avril 2014 08 h 11

      Je viens de passer une semaine à Montréal, auprès d'une mère convalescente...Je me suis promenée et fais du lèche-vitrine le long de La Sainte-Catherine...

      J'ai été choquée par l'aspect déprimé et le manque d'activité commerciale de cette rue...Devant la façade des "Ailes de la mode", il y avait une boutique-écran appellée: XXI forever..Elle vend des vêtements entre $11 et $15 en majorité..Cette boutique avait un gros achalandage..Mais son rôle principal est de cacher que, en arrière, il y a une absence totale d'activité..

      Je donne cet exemple à OQLF et Impératif Français...

      Une atitude intransigeante et harcelante a des conséquences sur l'économie et les commerçants d'une ville...

      Les hotels, les restaurants, l'industrie du spectacle vivent beaucoup de l'activité touristique canadienne et nord-américaine..

      Pourquoi ne pas tourner son energie vers les enseignants, les écoles et les performances académiques en français? C'est en mettant en valeur cette langue que son succès sera assuré et non en prenant constammment des mesures coercives envers des commerçants dont le gagne-pain doit être assuré par les franco et anglo de la ville...

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 18 avril 2014 10 h 03

      Mademoiselle Wandelmaier, j'ai recommencé à lire l'actualité que depuis que le PQ fut défait car il me faisait réellement trop fulminer. J'arrive ici et prend connaissance à quel point ceux qui ont le cran de commenter ou le temps de "liker" les opinions sont presque tous en bloc des péquistes un peu butés et ça me désolais.
      Je suis fort comblée de vous lire ce matin car vos propos qui m'apparaissent lourds de pertinence rejoignent exactement les miens. Hier, dans la section opinon du journal il y avait un texte intitulé mission quelque chose au sujet de l'importance de légiférer sur la langue contre l'anglais encore et j'ai passé exactement le même commentaire que vous, cessez de paniquer sur l'anglais comme s'il mettait en péril notre langue et multipliez les efforts pour améliorer la qualité du français par des mesures novatrices. C'est définitivement un charme pour moi de vous lire ce matin. Merci infiniment.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 18 avril 2014 13 h 55

      Madame Bouchard...Vous me flattez...J'aimerais bien être une demoiselle à nouveau...Mais ce n'est pas le cas! Merci cependant...

      J'ai eu la même réflexion que vous en vous lisant...

      Il faut davantage de gens réalistes dans ces pages pour qu'il n'y ait pas un égarement comme nous avons vu en pré-élection! Il faut davantage de fédéralistes qui sortent du placard pour dire pourquoi, au delà des dollars, ils sont attachés au Canada...sans se sentir ostracisés..

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 19 avril 2014 05 h 15

      Si je résume en moins de mots possible Mme. Wandelmaier tous vos propos au soutien du Québec dans le Canada et je vous ai lu souvent, ça se résume en ceci : Peur de perdre la péréquation et l’envoi de l'armée pour écraser les damnés séparatistes. Pas très positif.

      PL

  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 18 avril 2014 06 h 42

    Traumatisée.

    Impératif français a donné en 2012 son prix du français à Gabriel Nadeau Dubois. Je ne pourrai jamais oublier ça et ce groupe N'a pour moi aucune crédibilité en matière de français. ils sont encore à côté de la coche de déjà se plaindre de l'entrée au pouvoir d'un gouvernement "dé francisant". Qu'ils laissent donc la chance au coureur s'il vous plait. Personne n'a idée de comment se profilera le gouvernement Couillard pour le moment, c'est tout juste comme s'il venait d'éclore.

  • Jacques Maurais - Abonné 18 avril 2014 09 h 13

    Portrait incomplet

    Les études déjà publiées par l’OQLF contiennent assez d’éléments inquiétants pour exiger un véritable bilan.
    Une de ces études montre qu’il y a eu un déclin léger, mais statistiquement significatif, de la présence du français dans l’affichage à Montréal de 1997 à 2010 et que 11 % de l’affichage de l’Ouest de l’Île est unilingue anglais.

    Une autre étude a montré qu’en 2012, 18,3 % des commerces de la rue Sainte-Catherine (entre les rues Papineau et Atwater) avaient un affichage de leur nom (raison sociale) qui ne respectait pas les exigences de la Charte de la langue française.

    Une troisième étude, portant sur la langue d’accueil et de service dans les commerces, a montré que, s’il y avait bien eu une amélioration dans certains secteurs comme le boulevard Saint-Laurent (où l’accueil en français est passé de 91 % en 1988 à 96 % en 2010), la situation du français s’était en revanche détériorée dans la Côte-des-Neiges et dans Snowdon (passant de 60 % à 44 %). Dans les centres commerciaux de ces deux derniers quartiers, la possibilité de se faire servir en français est passée de 97 % en 1988 à 91 % en 2010.

    Enfin, une quatrième étude a porté sur la langue de commerce et de service dans la rue Sainte-Catherine de 2010 à 2012 : on y apprend que, sur une période de deux ans, l’accueil en français seulement y est passé de 89 % à 73 % mais ce « détail » est omis du résumé que l’Office a publié de l’étude. Parallèlement, l’accueil bilingue y est passé de 1 % en 2010 à 14 % en 2012.
    Mais il manque des études sur la langue de l’administration publique et du secteur de l’enseignement, la langue des activités culturelles ainsi que sur la maîtrise du français.