Marois fait connaître ses dernières volontés

La première ministre sortante, Pauline Marois, souhaite voir reclasser ses trois fidèles collaborateurs à des échelons supérieurs dans l’appareil étatique.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La première ministre sortante, Pauline Marois, souhaite voir reclasser ses trois fidèles collaborateurs à des échelons supérieurs dans l’appareil étatique.

Québec — La première ministre Pauline Marois perpétuera la tradition de nommer une poignée de proches collaborateurs au sein de l’administration publique. Elle soumettra mercredi avant-midi une courte liste au premier ministre désigné, Philippe Couillard. Les noms de Marie Barrette (attachée de presse), Stéphane Dolbec (directeur du contenu) et Marc-André Beaulieu (conseiller politique aux relations internationales) devraient y figurer, selon des informations obtenues par Le Devoir.

 

La première ministre sortante souhaite voir reclasser ses trois fidèles collaborateurs à des échelons supérieurs dans l’appareil étatique. « Si je me réfère à ce qui s’est passé avec Jean Charest, le premier ministre sortant propose deux ou trois personnes à “placer” à la nouvelle équipe, qui donne son accord. À ce moment-là, il y a un décret qui est adopté. Je pense que c’est comme ça que ça va se produire », a indiqué un membre de la garde rapprochée de Mme Marois.

 

Aucune attente

 

Après neuf ans et demi derrière le « volant », le chef de gouvernement libéral Jean Charest avait demandé à sa successeure de désigner son secrétaire général, Gilles Paquin, à la tête de Revenu Québec, en plus d’élever ses conseillères Chantal Landry — surnommée « Madame Post-it » — et Isabelle Jean au rang de sous-ministres adjointes.

 

« Je ne m’attends pas à avoir une nomination comme sous-ministre associée, mais absolument pas ! », a lancé Mme Barrette dans un bref entretien téléphonique avec Le Devoir. « Je vais voir ce qui peut m’être offert dans la fonction publique », a-t-elle ajouté, spécifiant qu’elle ignore ce que Mme Marois lui réserve.

 

Marie Barrette a obtenu sa permanence dans la fonction publique au tournant des années 1990, alors qu’elle était professionnelle aux communications à la Protection de la faune. Après avoir été fonctionnaire trois ans, elle a exercé différentes fonctions dans les gouvernements péquistes et au Parti québécois. En 2008, elle s’est vu confier les responsabilités d’attachée de presse de la chef du PQ, Pauline Marois.

 

Pour leur part, Dominique Lebel (directeur de cabinet adjoint) et Julien Lampron (directeur des communications) ont été sollicités par le chef intérimaire, Stéphane Bédard, afin de mettre sur pied une opposition officielle vigoureuse.

 

«Licenciement massif»

 

Neuf jours après avoir vu son parti encaisser une dégelée, Pauline Marois s’entretiendra en tête à tête avec M. Couillard, après quoi elle présidera son dernier Conseil des ministres. « Il n’y a pas de décision importante. Il y a sans doute des décrets d’application à prendre, mais c’est tout », a fait savoir M. Lampron, assurant que la transition se passe « plutôt bien » entre les équipes péquiste et libérale.

 

N’en demeure pas moins que près de 450 personnes — à pied d’oeuvre depuis un an et demi dans les cabinets des ministres et de la première ministre — sont à la recherche d’un nouvel emploi. « C’est particulier d’assister à un licenciement massif en direct comme lundi dernier », a dit l’une d’elles, plongée dans l’incertitude.

 

Les députés libéraux et péquistes réélus s’affairent à faire leurs boîtes afin de changer d’étage — le premier étage de l’Hôtel du Parlement appartient aux élus du gouvernement et le deuxième, à ceux de l’opposition officielle. Les 70 députés du Parti libéral du Québec seront assermentés jeudi après-midi, tandis que les 30 du Parti québécois et les 22 de la Coalition avenir Québec le seront mardi prochain. Enfin, l’assermentation des trois élus de Québec solidaire aura lieu le vendredi 2 mai.

38 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 16 avril 2014 03 h 25

    Encore une occasion ratée...

    Pour moi, il s'agit encore d'une occasion ratée de changer des habitudes politiques dont les Québécois ne veulent plus.
    Décidément, il y en a qui ont du mal à comprendre...
    Ou en tout cas, qui ont grande difficulté à accepter que les choses doivent changer pour rapprocher les jeunes de la politique et du système électorale.
    Le changement, il faut l'accepter d'abord pour soi-même avant de croire pouvoir l'imposer aux autres.
    Me semble que c'est pas compliqué ?
    Vive le Québec qui va en direction de sa jeunesse !

    • Louka Paradis - Inscrit 16 avril 2014 09 h 42

      Ces personnes ont de hautes compétences : vour préféreriez qu'elles se retrouvent au chômage ?

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 16 avril 2014 10 h 58

      De hautes compétences... oui, la compétence d'avoir les bons contacts.

      On le voit bien: les deux partis de pouvoir partagent des intérêts communs, au-delà de leurs divergences sur la question nationale. Ils partagent la même fidélité au parlementarisme britannique et à ses traditions débiles.

    • Mohamed Sow - Inscrit 16 avril 2014 11 h 57

      Des hautes compétences se retrouvent aussi chez des personnes qui ne sont pas aveuglées par la clause numéro 1 du Parti Québécois.

    • Richard Coulombe - Inscrit 16 avril 2014 11 h 59

      Hautes compétences et longs états de service ne sont pas synonymes. De toute façon, nous ne sommes pas en position pour évaluer le talent de ces personnes, peu importe le parti pour lequel elles ont travaillé.

  • Gaston Langlais - Inscrit 16 avril 2014 06 h 31

    Un mini sénat...

    Bonjour,

    Les contribuables n'ont pas à payer pour de gros salaires versés à des ami(e)s politiques mis pour longtemps sur une tablette dorée. Une pratique ridicule.

    Gaston Langlais - Gaspé.

  • michel lebel - Inscrit 16 avril 2014 06 h 59

    Pourquoi?

    Faut-il absolument suivre une "tradition" de reclassement de deux ou trois proches collaborateurs.? Pourquoi cette tradition? Je n'en vois pas une évidente justification.

    Michel Lebel

    • Pierre Labelle - Inscrit 16 avril 2014 08 h 35

      Et si ces deux ou trois proches possédaient des compétences qui peuvent servir l'ensemble des québécois....

    • Chantale Desjardins - Abonnée 16 avril 2014 10 h 51

      La tradition est respectable même si vous n'y voyez pas une justification, elle en a une. Ce sont des personnes qui ont un rôle à jouer beaucoup plus que le gouverneur général ou le lieutenant royal.

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 16 avril 2014 10 h 59

      Aux yeux de qui M. Labelle ? De M. Charest et Mme. Marois ?

    • Gilles Théberge - Abonné 16 avril 2014 12 h 26

      Oui en effet comme le dit monsieur Lebel, pourquoi perpétuer cette tradition. Après tout ce seraient des péquistes à qui l'on offrirait une jobbe...

  • Claude Kamps - Inscrit 16 avril 2014 08 h 08

    Le féminin de curé

    La curée politique!
    Vous êtes à l emploi de quelqu un qui ne pense pas comme moi, donc vous n'êtes pas bon, dehors.... Dans le privé ce serais contestable....

  • Jean Lengellé - Inscrit 16 avril 2014 08 h 15

    Le contribuable n'a pas à payer pour ce genre de personnes qui ne sont pas des fonctionnaires dûment recrutés.

    Et, même à ça, on doit quand même avoir l'humilité de ne pas comparer 9 années de pouvoir, avec dix-huit mois! Sans compter non plus que la plupart des communiqués de presse servaient l'étroite partisanerie habituelle et non le prétendu "gouvernement pour tous".
    Comprimer la fonction publique, mais y placer des opposants pour les récompenser en leur donnant, à vie des jobs grassement rétribués dépasse l'entendement.
    Il me semble que le cas Boisclair avait clairement montré le rejet populaire de ces parachutes dorés!