Santé: le prochain ministre saura-t-il réformer le système?

Selon le président du conseil d’administration du Conseil pour la protection des malades, Paul G. Brunet, le prochain ministre de la Santé devra effectuer «une révision en profondeur du réseau». 
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Selon le président du conseil d’administration du Conseil pour la protection des malades, Paul G. Brunet, le prochain ministre de la Santé devra effectuer «une révision en profondeur du réseau». 

Le prochain ministre provincial de la Santé aura énormément de pain sur la planche, selon le président du conseil d’administration du Conseil pour la protection des malades, Paul G. Brunet.

 

En entrevue à La Presse canadienne, M. Brunet a insisté sur le fait que le détenteur de ce poste-clé devra effectuer « une révision en profondeur du réseau ». Il a martelé qu’il s’agissait d’un passage obligé. Il est même allé jusqu’à « supplier le gouvernement d’arrêter d’investir de l’argent neuf » sans revoir, d’abord, le fonctionnement du système.

 

À son avis, pour arriver à donner un pareil coup de barre, « ça va demander beaucoup de courage [et] de travail de persuasion ». Il a ajouté que pour mener à bien une mission aussi délicate, il faudra un élu doté de « détermination », de « tact » et d’un « respect inconditionnel envers les autres ».

 

Paul G. Brunet a expliqué que ces qualités seront nécessaires puisque les interlocuteurs avec lesquels le ministre devra échanger exposeront diverses sources d’insatisfaction profonde.

 

Me Brunet a précisé qu’au fil du temps, il a personnellement eu l’occasion d’écouter les doléances des uns et des autres.

 

« Les syndicats appellent pour dénoncer du gaspillage, les gestionnaires disent qu’il y a des ennuis d’imputabilité et de responsabilité, il y a aussi un problème de motivation des troupes », a-t-il énuméré.

 

Barrette à la hauteur ?

 

Quand il s’est fait demander s’il croyait que Gaétan Barrette avait l’étoffe pour composer avec cette panoplie de soucis, il a répondu longuement et de manière nuancée. Il a d’abord souligné que le député libéral de La Pinière est « réputé pour ne pas avoir peur de mettre l’épaule à la roue, peu importe la grandeur de la roue ».

 

Par la suite, Paul G. Brunet a mentionné que l’ancien président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec avait déjà laissé entendre qu’« il pensait que le réseau méritait d’être mieux dirigé ».

 

Aux yeux de M. Brunet, si le Dr Barrette se retrouvait à la tête du ministère provincial de la Santé, il aurait donc « une occasion en or de montrer que ce qu’il prêchait, il est capable de le mettre en oeuvre ». Il a toutefois reconnu qu’une telle nomination ne manquerait pas de « causer un certain émoi ». Il dit aussi ne pas être persuadé que le fait d’être médecin mérite d’être considéré comme la « qualité première de quelqu’un qui veut devenir ministre de la Santé ».

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2 commentaires
  • Pierre Germain - Inscrit 14 avril 2014 13 h 46

    Non! Le prochain ministre ne réformera rien du tout!

    Non! Le prochain ministre ne réformera rien du tout car ce sera sûrement un médecin dont toutes les décisions seront faites au profit de ses confrères et non pas selon des principes de saine gestion ou d'équité ou en fonction d'optimiser les soins aux malades.

    En fait, on doit s'attendre à ce que Barrette va passer une loi a son avantage pour privatiser la radiographie. Que Couillard va augmenter les médecins d'encore 30 ou 40%, alors que les négociations s'en viennent dans le secteur public et qu'il va dire au fonctionnaires (encore une fois) que le gouvernement est pauvre mais que malgré tout il va leur octroyer une augmentation de 0,5% sur deux ans (soyez heureux!). Qu'Iglesias va bloquer toute tentative de donner du pouvoir aux enquêteurs de la RAMQ et que Bolduc va fermer les yeux sur la surfacturation de certains médecins (e.g. gouttes ophtalmiques payées 2$ et refacturées aux patients (non, clients!) 200$. Tout ça sur fond de privatisation de la santé sous le prétexte fallacieux que ça va libérer le secteur public (mais les médecins au privé, en plus de coûter plus cher alors qu'on paie déjà trop avec nos taxes, ne seront plus au secteur public; le tour de passe-passe ne fera que nous coûter plus cher, il ne créera pas plus de disponibilité). Tout ça pour moins de qualité, d'accessibilité et de quantité de soins, à un coût plus élevé!

  • François Dandurand - Inscrit 15 avril 2014 15 h 02

    Difficile comme réforme

    En fait, les ministres de la Santé se succèdent en laissant que de faibles progrès. Les changements se font sur une longue période et doivent s'inscrire dans une continuité qui n'est pas toujours assurée avec les changements de ministres ou de gouvernement. Pour ceux qui s'inquiètent que le prochain ministre soit un médecin, il ne serait pas le premier. Madame Marois n'était pas médecin et elle a causé des ravages qui se font encore sentir, la preuve que l'insuccès n'est pas uniquement réservé aux médecins!