​Le PLQ invité à repousser l’introduction d’un cours d’histoire au cégep

Lorsqu’ils formaient le gouvernement, les péquistes avaient manifesté le désir que l’intégration d’un cours obligatoire d’histoire du Québec à la formation générale soit fait dès l’automne prochain dans les cégeps.
Photo: François Pesant - Archives Le Devoir Lorsqu’ils formaient le gouvernement, les péquistes avaient manifesté le désir que l’intégration d’un cours obligatoire d’histoire du Québec à la formation générale soit fait dès l’automne prochain dans les cégeps.
La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) invite les libéraux à appuyer sur les freins en retardant l’intégration d’un cours obligatoire d’histoire du Québec à la formation générale commune offerte dans les cégeps.

Lorsqu’ils formaient le gouvernement, les péquistes avaient manifesté le désir que cet ajout soit fait dès l’automne prochain.

Or, selon la présidente de la FNEEQ-CSN, Caroline Senneville, il serait «prématuré de bouleverser l’enseignement collégial» aussi rapidement.

Mme Senneville affirme que ce changement n’est pas urgent d’un point de vue pédagogique. En conséquence, ce ne serait pas «gravissime» si tous les intervenants prenaient le temps d’y réfléchir.

Elle craint que ce changement se fasse d’une façon précipitée, comme si on mettait «un petit peu la charrue devant les boeufs», alors qu’elle voudrait qu’on procède avec «ordre et méthode».

À ses yeux, une période de réflexion s’impose pour favoriser, entre autres, la mise en place de «mesures transitoires si c’est nécessaire» et pour «bien mesurer l’impact potentiel sur l’emploi».

Déjà, Caroline Senneville est convaincue que si le nouveau cours est bel et bien introduit, «du monde devra être mis à pied pour engager d’autres enseignants parce qu’au collégial, la frontière entre les disciplines est très claire».

Elle juge également qu’un débat public de fond est nécessaire pour déterminer si tous les élèves du cégep ont vraiment à gagner à ce qu’un cours d’histoire du Québec leur soit imposé.

Elle précise que ce grand dialogue pourrait être ouvert notamment aux représentants des associations étudiantes, aux enseignants, aux responsables des établissements d’enseignement ainsi qu’aux historiens.

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40 commentaires
  • Pierre Rouve - Inscrit 12 avril 2014 17 h 34

    Je me souviens?

    Mais non voyons, ça ne sert à rien un cours d'histoire, c'est bien connu! Moins on enseigne l'histoire au jeunes, plus on peut ensuite raconter des histoires aux électeurs, qui finiront bien par tout, mais vraiment tout oublier, et surtout qu'il y a des choses à ne jamais oublier ...

    • Ginette Cartier - Abonnée 13 avril 2014 17 h 37

      Le problème soulevé par l'introduction d'un cours d'histoire du Québec au collégial n'est pas sa pertinence en soi. C'est son introduction dans la structure des cours du programme collégial. Ce n'est pas le contenu qui pose problème, c'est le "contenant". Il me semble que tous les intervenants lus à date ignorent la complexité de cette structure.

    • Pierre Rouve - Inscrit 13 avril 2014 20 h 02

      Le problème, Madame Cartier, n'est ni "l'ignorance de la complexité de cette structure" de la part des intervenants, ni "la pertinence en soi" d'un cours d'hitoire du Québec. Le problème, c'est que cette absence d'un cours d'histoire ne fasse pas rugir de colère les Québécois, le problème, c'est qu'il y ait des gens qui aient considéré à un moment donné que l'on pouvait en dispenser le "contenant", comme vous dites. Le problème, c'est que tout un chacun ne considère pas cela comme absolument crucial.
      Un peuple sans passé est un peuple sans avenir.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 15 avril 2014 07 h 53

      Monsieur Rouve. Je crois que l'observation de madame Cartier doit être appréciée à son mérite et non être repoussée comme vous le faites en suggérant que ses réserves manifestent un manque de lucidité quant à nos enjeux politiques nationaux. Il y a des gens, vous n'en êtes pas, qui veulent faire l'économie d'une véritable justification de l'introduction d'un tel cours en utilisant plutôt les procès d'intention et autres sortes de sophismes.

    • Pierre Rouve - Inscrit 15 avril 2014 13 h 14

      Monsieur Maltais, j'ai simplement voulu souligner qu'il est monstrueusement logique de ne pas souhaiter, ou vouloir, enseigner l'histoire à la jeunesse quand on a pour projet final de fabriquer une population ignare, à qui on pourra faire avaler les plus énormes mensonges par la suite.

      Je veux simplement dire que l'ensemble du corps enseignant devrait hurler son désir de tout faire pour que l'histoire ait une place majeure dansl'éducation des jeunes. Quand je dis l'ensemble, j'englobe les professeurs de mathématique, de sciences naturelles, de géographie, de dessin, de musique, de physique, de chimie, de sport ... tous, véritablement tous.

      Aucune considération de "difficultés structurelles" ne devrait primer sur cela.

      Bien évidemment, je n'aborde pas ici la question du contenu idéologique: je suis parfaitement conscient que l'histoire n'est jamais neutre

      Précision: je ne suis ni historien, ni professeur d'histoire.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 15 avril 2014 16 h 20

      « il est monstrueusement logique de ne pas souhaiter, ou vouloir, enseigner l'histoire à la jeunesse quand on a pour projet final de fabriquer une population ignare, à qui on pourra faire avaler les plus énormes mensonges par la suite. »

      Voilà un bel exemple de procès d'intention. Après, vous nous donnez le choix entre « hurler son désir » selon les termes que vous définissez ou de se faire l'allié des conspirateurs de l'ignorance. Ce sophisme-là, c'est la fausse alternative.

      Tout ceci me donne à penser que s'il n'y a possiblement pas assez d'histoire au cégep (on y manque de temps pour tout faire), il resterait encore un peu de travail du côté de l'hygiène de la réflexion et de la prévention de la sophistique.

  • Paul de Bellefeuille - Abonné 12 avril 2014 17 h 38

    L'Histoire peut attendre?

    Comme le disait Gaston Miron, une peuple existe par ses légendes. Pas de légendes, plus de peuple. Et on réfléchit à reporter le cours d'Histoire obligatoire pour des raisons corporatistes. Ayoye!

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 13 avril 2014 12 h 49

      Harper a bien compris cela en émulant la guerre de 1812! Mais cela ne faisait pas l'affaire de tout le monde...

  • Danielle Blouin - Inscrite 12 avril 2014 17 h 44

    Heureux les creux...

    Il serait triste de trop connaître...de trop savoir...Il est tellement plus facile de gouverner le bon peuple ignare de son histoire avec pour devise: « Je ne me souviens plus trop... ».

  • Gilles Théberge - Abonné 12 avril 2014 18 h 32

    Tu parles si Philippe va être content.

    Mais bien sûr chers enseignants que l'on ne va pas enseigner l'histoire nationale au Cegep.

    Comme vous avez raison...

  • Anthony Valois - Inscrit 12 avril 2014 21 h 49

    Pourquoi tourner autour du pot?

    Il leur suffirait de dire "Ça nous tente pas d'enseigner l'histoire" au lieu de multiplier les circonlocutions floues.