La rencontre au sommet se fait attendre à Québec

La rencontre afin de symboliser la passation des pouvoirs entre Pauline Marois et Philippe Couillard tarde. Mais les troupes libérales se gardent bien de critiquer la première ministre sortante, qui traverse une «période difficile».
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot La rencontre afin de symboliser la passation des pouvoirs entre Pauline Marois et Philippe Couillard tarde. Mais les troupes libérales se gardent bien de critiquer la première ministre sortante, qui traverse une «période difficile».

Québec — Quatre jours après la victoire électorale du Parti libéral du Québec, l’entourage de Philippe Couillard ignorait toujours la date du tête-à-tête entre les deux premiers ministres — l’un entrant Philippe Couillard, l’autre sortante, Pauline Marois.

 

Le leader du gouvernement, Stéphane Bédard, a toutefois assuré le premier ministre désigné, Philippe Couillard, de la volonté de l’équipe Marois d’effectuer une « transition harmonieuse ». D’ailleurs, Mme Marois et M. Couillard se rencontreront la semaine prochaine afin de symboliser une passation des pouvoirs en douceur, a-t-il fait savoir. « Il y a une rencontre de prévue la semaine prochaine entre Mme Marois et M. Couillard », a confirmé le député de Chicoutimi, qui a été choisi jeudi soir par le caucus péquiste pour diriger l’aile parlementaire du Parti québécois.

 

Le chef de l’opposition officielle désigné a demandé de ne pas tirer de conclusions à partir de l’absence de tête-à-tête entre Mme Marois et M. Couillard quatre jours après le scrutin.

 

En septembre 2012, le premier ministre sortant, Jean Charest, avait rencontré sa successeure, Mme Marois, 48 heures après sa défaite électorale. Il se rappelait peut-être que Bernard Landry l’avait reçu aussi deux jours après l’élection.

 

« La transition est respectée. Si on faisait un historique, je ne sais pas à quoi on arriverait », a affirmé M. Bédard vendredi dans un échange avec Le Devoir et La Presse canadienne. « Essayer de faire une histoire autour de ça, c’est de passer à côté… », a-t-il ajouté.

 

« Les bureaux sont ouverts. Tous les documents sont disponibles. […] Ça serait bien qu’on en parle », a-t-il fait valoir, tandis que les boites de carton s’empilent dans les bureaux de l’Assemblée nationale. « Posez-leur la question : est-ce qu’ils ont une collaboration ? Ils vont vous dire qu’elle est totale et entière », a conclu M. Bédard.

 

La garde rapprochée du chef libéral s’étonne du peu d’empressement du cabinet de Mme Marois à fixer cette rencontre importante, mais se garde bien de critiquer la première ministre sortante, qui traverse une « période difficile ». « Il y a une date qui a été évoquée [pour une rencontre au sommet], mais on attend une confirmation de leur part », disait-on vendredi en milieu de journée.

 

Changement de garde

 

Philippe Couillard se verra selon toute vraisemblance confier le pouvoir le mercredi 23 avril durant une cérémonie où il fera connaître la composition de son Conseil des ministres. Elle aura vraisemblablement lieu au retour du congé de Pâques, précise-t-on dans l’entourage de M. Couillard.

 

De son côté, Pauline Marois doit réunir son Conseil des ministres une dernière fois avant de céder les rênes du pouvoir. « C’est Madame Marois, qui va donner le calendrier. […] Il est prévisible qu’il y ait un dernier conseil mercredi prochain », a indiqué M. Bédard, soulignant que la première ministre sortante « a actuellement un travail à faire et elle le fait bien ».

 

Pour sa part, Stéphane Bédard s’affairera à mettre sur pied une opposition officielle « constructive » formée d’élus ayant « décidé de se retrousser les manches ». Il désignera « très bientôt » ses officiers parmi lesquels figureront le leader parlementaire de l’opposition officielle ainsi que le whip en chef de l’opposition officielle.

 

Au cours du printemps, il a bon espoir d’avancer la réflexion sur les causes de la débâcle du PQ et de fixer des balises à la course à la chefferie du PQ. « D’ici le mois de juin, ce qu’on s’est donné comme objectif, c’est de faire le post-mortem et en même temps se donner des règles au niveau de la course qui vont faire qu’on va avoir un cadre qui va être correct. Après cela, le parti aura à décider de quelle façon il va mener cette course au leadership », avait-il dit en début de journée sur les ondes de LCN.


 
15 commentaires
  • Donald Bordeleau - Abonné 12 avril 2014 00 h 48

    Intéressant.

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    http://documents.montrealgazette.com/search?&q

  • Nicole Bernier - Inscrite 12 avril 2014 06 h 02

    La première ministre sortante traverse une « période difficile »

    Pourquoi se donne-t-elle le congé de Pâques, soit plus d'une semaine, pour mettre en place la transition, alors que dans la tradition parlementaire du Québec, ce processus a lieu habituellement entre 2 ou 4 jours après les élections....

    Que doit-on comprendre?

    Elle veut passer la période pascale en se croyant encore "Première Ministre"?

    Mais, ce qui ouvre encore plus à la spéculation, c'est le fait que cet article laisse plané une sorte d'ambiguïté.... Les Libéraux refusent de mettre de l'huile sur le feu et ni M. Bédard ni le journaliste n'ont pris la peine de faire une vérification de cette tradition et de son impact si la tradition n'est pas respectée...

    Si cette transgression à la tradition se confirme, est-ce à dire que Mme Marois va tellement mal que le PQ préfère caché son état que de prendre le risque de la faire apparaître publiquement....?

    Cette confusion ouvre la porte à plein de spéculation....

    • Françoise Crassard - Abonnée 12 avril 2014 14 h 00

      Un peu d'empathie S.V.P. Madame, cette femme est certainement brisée. Ce sont des êtres humains comme les autres.

    • Nicole Bernier - Inscrite 12 avril 2014 17 h 25

      Mme Crassard,

      Comment s'est manifesté votre empathie pour Charest? Pourquoi serait-elle davantage brisée que Charest, qui, lui s'est dépêché à faire le transfert de pouvoir?

      Doit-on attendre moins d'une femme?

      Mais peut-être qu'elle ne voulait pas vraiment déclencher des élections et qu'elle a suivi les conseils de sa gang d'hommes présents sur la scène le soir du 7 avril...

      Vous savez, si elle pensait avoir formé la meilleure équipe, les résultats prouvent qu'elle avait les pires conseillers possibles...

      Alors, pourquoi leur tête à eux ne tombe pas?

    • Isabelle Gélinas - Inscrite 13 avril 2014 12 h 52

      La rencontre entre M. Couillard et Mme Marois n’empêche en rien la passation des pouvoirs. Elle n’empêche en rien M. Couillard de devenir premier ministre. Il n’y a aucun impact sur le processus. On se calme le pompon.

  • Jean Lengellé - Inscrit 12 avril 2014 06 h 40

    Il faut bien reconnaître que ce sera une certaine forme d'humiliation.

    Effectivement après toutes les horreurs que Mme Marois a colportées sur son adversaire, il est difficile de croire qu'elle fera bonne figure.
    Même si on peut penser que M. Couillard sera magnanime, il y a des choses qu'on ne peut avaler.
    À moins bien sûr, qu'au lieu de fanfaronner comme elle en a l'habitude, la dame dite de béton admette qu'il y avait une forte dose de pyrite ( pyrhotite pour les puristes) dans ses fondations.
    Pour sortir grandie, elle doit reconnaitre qu'elle s'est emportée, qu'elle a fait le contraire de ce qu'elle prêchait, et qu,elle le regrette sincèrement.

  • michel lebel - Inscrit 12 avril 2014 07 h 04

    Ne pas en faire un plat, mais...

    Ne pas faire une histoire du peu d'empressement de Mme Marois de rencontrer Philippe Couilard, je veux bien. Mais disons que les choses pourraient être mieux faites, avec un plus grand sens de l'État et des responsabilités qui incombe au poste de premier ministre.


    Michel Lebel

    • Linda Vallée - Abonné 12 avril 2014 14 h 50

      Très bien dit

  • Guy Desjardins - Inscrit 12 avril 2014 09 h 14

    Du déjà vu!

    On commence à dire chez le Libéraux que le déficit dépassera plus de $800 millions de "piasses". Le changement? On repassera. Mais, si c'est le cas M. Couillard ne devrait pas se presser pour prendre les rennes du pouvoir. Peut être que c'est pour cette raison que Mme Marois se fait désirer. Allons! Allons compositeurs à la tâche pour une chanson tipique de nos Élus(es). Ex: C'est la faute aux autres, je ne savais pas, ils ont cacher la vérité, nous cancellons nos promesses faute de sous, on savaient pas et, et, et et. le choix est à vous compositeurs. Que la meilleure chanson se retrouve aux Méritas et aux Gémeaux et comme trophé, le compositeur gagne un prix pour la baisse de ses taxes. G.D.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 13 avril 2014 08 h 03

      C'est la raison pour laquelle Couillard a demandé au vérificateur général de vérifier la véracité des chiffres de Marceau...Pas bête!