Requiem pour le projet de pays

Le sociologue et historien Gérard Bouchard multiplie les métaphores alarmistes pour décrire la situation dans laquelle le Parti québécois s’est lui-même empêtré.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir Le sociologue et historien Gérard Bouchard multiplie les métaphores alarmistes pour décrire la situation dans laquelle le Parti québécois s’est lui-même empêtré.
Au lendemain de la cuisante défaite du PQ, des ténors de l’indépendance sonnent le glas du projet souverainiste et croient, après des décennies de lutte, que l’idée d’un pays est moribonde. Pour les souverainistes Gérard Bouchard et Louise Beaudoin, l’ampleur de la sanction populaire signifie la mort d’un rêve, porté par une génération qui a échoué à transmettre aux plus jeunes son projet de pays.

Un « cul-de-sac ». Une « impasse ». Un tournant « inquiétant pour l’avenir ». Tel est le verdict formulé par le sociologue et historien Gérard Bouchard, qui multiplie les métaphores alarmistes pour décrire la situation dans laquelle le Parti québécois s’est lui-même empêtré. « Pour moi, qui ai toujours été un souverainiste et un péquiste, la première impression c’est que le PQ va devoir se reconstruire, et en profondeur, a-t-il confié au Devoir. Le problème, c’est de savoir comment. Il devient de plus en plus clair que son article premier, que cette option sur la souveraineté, a du plomb dans l’aile et pour un bout de temps. »

À moins d’un revirement majeur, avertit cet architecte des pratiques d’accommodements culturels et penseur de l’identité québécoise, le Parti québécois pourrait bien avoir joué son rôle historique, et être bientôt remplacé par la Coalition avenir Québec (CAQ).

Celui qui a dirigé avec le philosophe Charles Taylor la Commission sur les accommodements raisonnables (2007-2008) estime que l’article 1 du programme péquiste voue, à terme, ce parti à l’impasse. « Je ne vois pas comment ce parti pourrait abolir cet article, tout en demeurant le PQ. Comment pourrait-il se reconstituer et redevenir le parti qu’il était, c’est-à-dire un parti dominant, en tablant sur cette plateforme-là ? Donc, on semble dans un cul-de-sac. »

Onde de choc

La débâcle printanière essuyée par les troupes péquistes le soir du scrutin a créé mardi une onde de choc chez de fidèles partisans de l’option souverainiste. Si le mot d’ordre était le silence pour plusieurs élus au lendemain de ce désaveu, plusieurs autres ténors de la souveraineté ont formulé des diagnostics dévastateurs.

Jointe à Paris, l’ex-députée du PQ et souverainiste affirmée Louise Beaudoin y est allée d’un puissant constat d’échec. Elle se dit même obligée, après 40 ans de lutte, de conclure qu’il est temps pour elle de « jeter l’éponge ».

« Je ne m’attendais pas à l’ampleur de cette défaite. Est-ce que l’idée d’indépendance a été celle d’une seule génération ? Avons-nous échoué à transmettre le goût du pays aux jeunes ? La réponse se trouve dans la nouvelle génération. Pour moi, ce [résultat] me donne la permission de jeter l’éponge et de passer le témoin à d’autres », a-t-elle tranché.

Le projet collectif d’un pays, analyse celle qui avait claqué la porte du caucus péquiste avec Lisette Lapointe et Pierre Curzi en 2011, avant de réintégrer les troupes du PQ en 2012, n’allume visiblement plus les jeunes, davantage portés par la défense des droits individuels. « Le projet [souverainiste] se présente dans un monde très différent de celui dans lequel il est né. Dans un contexte de mondialisation, les rêves collectifs ne sont plus très présents. Peut-on continuer aujourd’hui à avoir une vision de ce type-là ? La réponse appartient à la nouvelle génération », pense-t-elle.

Le capital de sympathie dont jouissait le PQ auprès des jeunes pendant le printemps érable s’est évaporé en à peine 18 mois, en partie en raison de la charte, reconnaît cette fieffée partisane de la laïcité, dont la circonscription était devenue, en 2012, l’épicentre des concerts de casseroles.

« J’y ai cru à ce moment, à cette montée de fièvre souverainiste. Je pense que le projet identitaire [de la charte] est fondamentalement progressiste, mais les jeunes vouent aujourd’hui un caractère sacré aux droits individuels », pense-t-elle.

Impasse pour le PQ

Gérard Bouchard croit aussi que la question de l’identité, qu’on a crue plus « gagnante » que celle de la souveraineté pendant la campagne, s’est avérée un second boulet pour le Parti québécois. « On ne parle pas de souveraineté : on parle de la neutralité de l’État. Mais ce choix a aussi été clairement rejeté par [le vote de] lundi. Les gens ne veulent plus de cette division. Ce 2e enjeu devient une impasse également », conclut ce partisan de la laïcité ouverte et opposant farouche à l’interdiction totale du port de signes religieux ostentatoires pour les employés de l’État prévue par la charte des valeurs.

À défaut d’autre option, le ciel s’assombrit pour le PQ, pense-t-il. D’autant plus que les trois aspirants présumés au trône du PQ (Drainville, Lisée et Péladeau) ont tôt fait lundi de brandir à nouveau la souveraineté, ouvrant la porte à court terme à un fractionnement de la base du parti, et à l’ouverture d’une voie royale pour la CAQ. « La Coalition pourrait devenir le deuxième grand parti au Québec. »

Plus dur encore, l’indépendantiste de longue date et ex-président de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB), Jean Dorion, juge que c’est plutôt la réélection du PQ — plus que sa défaite — qui aurait enterré définitivement le rêve d’un pays. « Ce résultat est souffrant pour plusieurs, mais c’est un mal pour un bien, car personnellement, je crois que l’idée de la souveraineté en aurait souffert encore plus. S’il y a un salut possible pour le mouvement indépendantiste, c’est de s’adapter au pluralisme, car les jeunes sont plus ouverts à cette diversité. On ne peut se figer dans un uniformisme qui est chose du passé, et le sera encore davantage dans les années à venir », insiste l’auteur de l’ouvrage Inclure, quelle laïcité pour le Québec ?

Rejoindre les jeunes

Pierre Curzi, ex-député péquiste de Borduas, président du groupe de réflexion Nouveau Mouvement pour le Québec, ne va pas aussi loin dans ses conclusions que ces ténors, mais pense venu le temps d’un sérieux examen de conscience pour le PQ, faisant écho aux propos tenus mardi par plusieurs ministres péquistes de la garde montante, dont Véronique Hivon, Stéphane Bédard et Sylvain Gaudreau. « Ce n’est pas la fin de l’indépendance, c’est la défaite d’un parti politique, croit-il. Le PQ a été marqué par une vision née en 1970, dont on est allés au bout. Pour continuer, le PQ doit faire de la politique avec un lien beaucoup plus direct avec la jeune génération, qui a une autre vision du monde. »

Si les jeunes ne sont pas « contre » l’indépendance, cet enjeu n’est pas central pour plusieurs, nuance le comédien de 68 ans. L’importance accordée à certaines des valeurs que le PQ défend est en train de muter, pense-t-il. Le discours traditionnel du Parti québécois ne marche plus en 2014, abonde Rémy Trudel, ex-ministre dans les gouvernements de Lucien Bouchard et Bernard Landry. « Il faut faire un exercice très profond, ardu, soutenu [pour] définir la formule [par laquelle] le Québec [pourra] se prendre en main. La meilleure nouvelle pour le PQ, c’est qu’on a quatre ans et demi pour travailler. On a du temps. »

Un des artisans de la politique identitaire du PQ et proche conseiller du parti, l’historien Éric Bédard, lui, ne baisse pas les bras. Les soubresauts de la question nationale ont toujours marqué l’histoire du Québec, rappelle-t-il. « On annonce un peu vite le décès du mouvement nationaliste. Cette trame nationale traverse notre histoire. À la signature du lac Meech, on croyait que tout était fini pour les souverainistes ! »
193 commentaires
  • Cyr Guillaume - Inscrit 9 avril 2014 00 h 39

    Ce n'est pas fini.

    À écouter les discours alarmistes de Gérard Bouchard et de Louise Beaudoin, tout serait fini. À ce que je sâche, il y à encore autour de 40% de la population qui veut de l'Indépendance. Ce n'est qu'une courte pause, pour nous remettre sur les lignes. La stratégie est à repenser, comme messieurs Trudel et Béard le disent si bien, mais on est loin de la mort.

    • Louka Paradis - Inscrit 9 avril 2014 08 h 28

      S'autoflageller sans cesse dans les médias fera le plus grand bonheur des adversaires acharnés de la souveraineté. Il faut laisser aux défenseurs actifs de l'indépendance le temps de se réorganiser : prenons soin de nous-mêmes ! Les jérémiades culpabilisantes sont nuisibles en tout temps pour notre peuple. Cultivons plutôt la pensée positive et ne tombons pas dans le panneau de la propagande défaitiste !

    • Danielle - Inscrit 9 avril 2014 09 h 27

      M. Paradis, vous m'aidez à mettre un baume sur ma plaie vive. Des gens comme vous il en faut beaucoup. Merci.

    • Marc Lacroix - Abonné 9 avril 2014 10 h 21

      Qu'est-ce qui serait fini exactement ? Ça vaut la peine de se poser la question exactement. Peut-être qu'un — article UN seul — n'est pas suffisant pour attirer la jeunesse.

      Quelle société propose-t-on ? Une société dont les seules particularités distinctes seraient la langue française et la ceinture fléchée plutôt que l'anglais et le chapeau de cowboy ? Qu'a-t-on fait de la social-démocratie ? Avec l'entrée de PKP, Québec Solidaire s'est retrouvé le porte-étendard de la gauche et le PQ est devenu une CAQ indépendantiste faisant ainsi le jeu des libéraux qui ont pu — faire peur au monde — avec un pseudo-référendum alors que le Québec devait élire un gouvernement.

      Je suis péquiste depuis l'origine du parti, mais je suis aussi social-démocrate et le virage à droite du PQ m'apparait très peu inspirant. La société néo-libérale est la société du — me, myself and I —, une société sans véritable conscience sociale qui me permet de voler mon voisin sans remords, de détruire la planète impunément, puisque... lorsqu'elle sera transformée en désert, je serai mort!

    • Mario Gauthier - Inscrit 9 avril 2014 10 h 30

      Vous avez raison monsieur Paradis, car l'indépendance n'est pas un privilège réservé à quelques bonzes ou l'idée d'un seul parti, mais le droit inaliénable de tous. Prenons aussi bien garde aux médias. ils ne sont pas toujours les derniers à crier au loup!

      Il faut également relire ces réultats "décevants" à la lumière d'un des articles paru dans ce même journal, hier, lequel, quand il a parlé du mode de scrutin de ces "élections", met en évidence (malgré lui peut-être) un paradoxe intéressant:, à savoir que, considéré sous un angle proportionnel i.e. en pourcentage de votes attribués à chaque parti et non en divisant le pays en pointes de tarte, i.e. par comté, le PQ obtenait quelque chose comme 60% des votes. C'est donc dire que les idées qu'il défendait, à commencer par celle de l'indépendance, étaient loin d'être rejettés en bloc comme on cherche à nous le faire croire depuis. Je persiste à penser, pour ma part, que des élections où l'on comptabilise les votes par comté et au cours desquelles le parti dominant remporte un partie des sièges "à l'arraché" (ex: moins de 100 voix ou des trucs du genre) n'est pas réellement représentatif de la volonté de l'ensemble d'une population.

      De toute façon, que ce soit par le PQ ou un autre parti, si l'indépendance du Québec doit un jour devenir réalité, elle finira par se concrétiser. Elle n'est pas l'appanage d'un parti ou d'un homme, mais d'une collectivité.

    • Jacques Moreau - Inscrit 9 avril 2014 10 h 51

      Ce 40% qui veut l'indépendance; a-t'il considéré le "motif rassembleur" pour se lancer dans cette aventure? Nous, "canadiens-français" de souche Française, avons été "rassemblés" par la religion catholique dans un premier temps, puis, depuis les années 1960, par la langue française. Ajourd'hui, ces 2 motifs, sont plutôt "mou". Nous baignons dans un entourage multi-religieux et multilingue, et, nous avons le bonheur de pouvoir le faire sans se lancer des couteaux (des vrais) pour un oui ou un non. Pouvez-vous me donner une bonne raison pour me lancer dans un projet comme vous me proposer?

    • Bernard Plante - Abonné 9 avril 2014 13 h 59

      Cher M. Moreau,

      Vous voulez UNE raison de vous lancer dans le projet de pays? Laissez-moi vous en donner seulement quelques unes:

      1- Pour devenir économiquement efficaces et performants. Le système fédératif est excessivement lourd (trop de paliers, trop de niveaux de décisions, etc.), ce qui nous ralentit constamment. Et après on se fait dire que nous ne sommes pas assez performants pour avoir notre propre pays! La faible performance est inhérente au système mais on utilise cette raison pour nous empêcher de vouloir en sortir... C'est l'oeuf ou la poule et on tourne en rond;

      2- Pour prendre des décisions qui correspondent aux priorités et aux besoins des Québécois (ex.: soutenir le secteur forestier du Québec plutôt que l'industrie automobile de l'Ontario) et de pouvoir appliquer rapidement les actions sans devoir attendre que le fédéral finisse par embarquer en nous imposant ses conditions (ex.: le pont Champlain);

      3- Pour orienter intelligemment le Québec vers le développement des énergies renouvelables alors que le Canada fait figure de cancre mondial à ce niveau;

      4- Pour arrêter de se faire dénigrer et traiter d'empêcheurs de tourner en rond (lire les médias anglophones pour constater le «Quebec bashing» systématique);

      5- Pour pouvoir dire que nous sommes enfin devenus des adultes, libres de décider par nous-mêmes et pour nous-mêmes sans attendre que le grand frère décide à notre place.

      Bref, des raisons il en existe d'innombrables. Mais aucune ne vaut celle d'être fiers. Fiers de vivre dans une société pacifique, tolérante, inclusive, créative, etc. Une société exemplaire à bien des égards mais que les «dépendantistes» décrivent tellement négativement que certains finissent par y croire alors que c'est totalement faux.

    • Marc Lacroix - Abonné 9 avril 2014 14 h 08

      @ Bernard Plante

      Tout à fait d'accord avec vous, le fédéralisme canadien n'a pas que de bons côtés, il y en a qui sont drôlement moins reluisants !

    • Fritz von Zipper - Inscrit 10 avril 2014 08 h 33

      Correction: 25% de la population VEUT indépendance. L'autre 15% peut vivre avec l’idée. Mais cette idée doit être planifié comme un projet, avec une gestion exhaustive. On fait un pais avec le cœur quand on commence dans une révolution armée. On fait un pais avec la tête, quand on le fait dans la paix. L' Indépendance est un projet. Pour mener un projet au but, on doit gérer. Malheureusement, le PQ et la gestion des projets, ne vont pas ensemble. Faut l’apprendre.

    • Jacques Moreau - Inscrit 10 avril 2014 10 h 40

      Monsieur Plante, vous avez de bon arguments. J'aimerais qu'on les applique aux fusions et agglomérations municipales forcés. Pourtant les gouvernements de Québec ont insistés (PQ et Libéral) pour créer des grandes villes plutôt que de laisser la "liberté" aux petites municipalités, généralement mieux administrés, parfois séparé par des kilomètres de champs de vaches. J'aimerais que ma ville, agglomérée, retourve sa "souveraineté" de l'an 2000.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 10 avril 2014 12 h 04

      Non, M.Guillaume...Je ne veux pas tourner le couteau dans la plaie, mais c'est en se gargarisant avec des faux chiffres que tous les souverainistes se sont leurres...Le PQ a eu 25.6% d'appuis. Vous avez la le vrai chiffre de souverainistes pus et durs

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 10 avril 2014 12 h 38

      Le PQ n'a jamais pu présenter son projet qu'en des termes vagues, des concepts "etheres"...Des qu'on met de la Chair sur l'os, on voit trop vite les faiblesses du projet.
      Madame Marois, dans les derniers jours de la campagne, en désespoir de cause à affirme:"Votez pour un pays indépendant et vous continuerez à beneficier de tout ce que le Canada vous offre deja. Ceci est appelle du "wishful thinking"...
      Il suffit d'une loi par le Parlement du ROC pour annuler la double nationlite. Le ROC ne laisserait jamais 8 millions de citoyens d'un autre pays bénéficier des avantages sociaux, consulaires, militaires et économiques douaniers et tariffaires sans payer une cent de taxes....C'est bien ce que le PQ proclame: "Rapatrions nos dollars"...Le ROC appelle. Cela: "To eat your cake And have it too".
      Mendier un siège d'observateur à la Banque Centrale du Canada n'est pas très glorieux et ne fait que concrétiser une dépendance économique d'un pays qui ne peut pas gérer sa monnaie ni sa fiscalité.
      Peut être que les gens qui ne tirent pas un enseignement de cette élection restent dans le meme moulin à écureuil...

    • Cyril Dionne - Abonné 10 avril 2014 21 h 33

      Mme Wandelmaier, quel est le vrai chiffre pour nos purs et durs multiculturalistes anglophones et allophones du vote libéral ? 20% ou 20+% ?

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 12 avril 2014 05 h 22

      M. Dionne...À quelques décimales près, il y a 75% de fiers canadiens...Il y a 75% de citoyens qui pensent que le Canada ne les traitent pas si mal..Il y a 75% de gens qui ne veulent pas courir le risque d'envoyer le QC dans le fossé pour des gains minimes..Il y a 75% de gens qui ne croient pas aux crises existantialistes ou identitaires fabriquées par le PQ pour mousser leur option...Il y a 75% de personnes qui veulent des horizons élargis vers l'avenir et non retrécis par des frontières limitantes...Il y a 75% de québécois (dont les jeunes générations) qui accueuillent à bras ouverts la culture américaines et sont conscients que des frontières ne vont pas l'arrêter...

  • Beth Brown - Inscrite 9 avril 2014 01 h 17

    Ils n'en veulent tout simplement pas.


    "Le capital de sympathie dont jouissait le PQ auprès des jeunes pendant le printemps érable s’est évaporé."

    On n'ose même pas parler ici des nouveaux arrivants qui viennent "au Canada". Chez beaucoup d'immigrants, l'idée d'indépendance est apparentée avec l'idée de misère que beaucoup d'entre eux ont connue.

    Jeunes indifférents + immigrants prudents + babyboomers pensionnés + riches financiers = 70 PLQ (sur 125) = la mort d’un rêve.

    Requiem!

    • Cyril Dionne - Abonné 9 avril 2014 07 h 54

      Et maintenant avec ce discours défaitiste d'un certain philosophe pro-multiculturaliste, il ne reste plus que l'assimilation. Ceux qui pensent qu'on peut continuer à brader une langue qu'un certain segment de la société québécoise veut à tout pris écraser sans continuer à se tenir debout, et bien c'est rêver à la Québec solidaire.

      L'idée de l'indépendance est liée à celui de l'aménagement linguistique francophone dans ce coin d'Amérique. Et c'est cela qui a été rejetée dans cette élection.

      Que voulez-vous, la stratégie de ne pas enseigner l'histoire aux jeunes et de valoriser la langue de l'Autre sont tributaires de l'indifférence des jeunes. Et avec le projet fédéraliste et trudeauisme des dernières décades, celui-ci a assimilé culturellement les générations X et Y dans la langue de Don Cherry. Ils sont de plus en plus, des anglophones qui parlent français. En plus, cette démarche consistait à ouvrir les portes toutes grandes pour l'immigration de masse sachant fort bien qu'un petit état comme le Québec ne pouvait intégrer tous les nouveaux arrivants. Aussi, avec la loi sur le bilinguisme, le Canada instituait une pratique qui ne tenait pas la route concrètement puisqu'il était idyllique de penser que deux identités culturellement opposées pouvaient s'émanciper également dans une mer anglo-américaine. Les francophones hors Québec en ont payé le prix; tous ont été assimilés par cette pratique voilée de concurrence déloyale.

      Et il ne faudrait jamais oublier que l'anglais est une langue facile à apprendre et donc celle-ci devient populaire auprès de ceux qui favorisent la loi du moindre effort. Ceci résume d’une certaine façon le paradoxe du rasoir d’Ockham. Ce paradoxe stipule que si on a à choisir entre deux langues rivales, toutes choses étant égales et donc si, et seulement si, celles-ci ont la même portée explicative, et si l’on ignore celle qui dérive de notre héritage culturelle, on choisira toujours la langue qui est la moins exigeante cognitivement.

    • André Dumont - Abonné 9 avril 2014 08 h 14

      J'aimerais bien que vous me fassiez l'équation de qui est composé le 40 % de votant du PLQ et n'oubliez pas comme maintenant au départ le bonus dont bénéficie depuis toujours le parti libéral et qui tourne autour de plus de 10%.
      Mais ce sont tous de véritables québécois et nous devons tenir compte de cette réalité québecoise et arriver à faire un pays avec tous ces éléments.
      L'idée d'indépendance peut venir d'un seul parti mais sa réalisation dans ce contexte doit le dépasser.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 9 avril 2014 08 h 50

      Monsieur Dionne. « La langue de Don Cherry » ? Vraiment. Vous avez raison. Une fois amorcée cette fatale déchéance de la RACE, qui pourra empêcher sa descendance toute prochaine de ne plus s'exprimer qu'en hurlant bras en l'air comme une bande de chimpazés ? Vraiment...

    • Jean Richard - Abonné 9 avril 2014 08 h 56

      @Beth Brown – Votre équation est assez exacte, mais incomplète. Il y manque le désabusement, celui qui n'a pas d'âge. Il y manque aussi le discours de la peur. Quand on vit dans le grand confort, un rien nous fait peur.

      @M. Dionne – Qu'est-ce qui vient en premier ? L'assimilation linguistique ou culturelle ? Au Québec, celle qui est la plus avancée est l'assimilation culturelle, et contrairement à une certaine croyance, ce n'est pas le multiculturalisme (notion vague) qui est en cause mais plutôt l'inverse : les Québécois francophones, les plus jeunes en particulier, ont adhéré à une monoculture nord-américaine qui fait du français une langue Google traduite de l'anglais. La façon de vivre et les aspirations des jeunes Québécois francophones sont-elles différentes de celles d'un jeune Américain blanc et anglophone ? À l'adolescence, on partage la même musique, les mêmes idoles, les mêmes slogans en guise de pensée, la même tenue vestimentaire, la même bouffe, les mêmes modes de communication, le même cinéma... Devenu adulte, il ne reste plus à cet ex-adolescent que quelques mots de français, langue au fond inutile, mais qu'on traîne par habitude.

      L'importance de la diversité culturelle et linguistique ne figure pas vraiment sur la liste des valeurs québécoises, y compris chez les gens plus âgés. On a inventé cette notion vide et fourre-tout de multiculturalisme, on l'a ensuite démonisée. Il en résulte que la culture francoquébécoise est maintenant associée à un repli sur des valeurs du passé, sur un vieux nationalisme de droite frileuse, ce vieux nationalisme dans lequel le PQ voulait faire le plein de votes avec sa charte et qui s'est retourné contre lui.

    • Bruno Lagacé - Inscrit 9 avril 2014 09 h 01

      De voir jusqu'à quel point les vieux clichés résistent à la réalité est franchement désolant. " Les francophones hors Québec en ont payé le prix; tous ont été assimilés par cette pratique voilée de concurrence déloyale." Ce genre de commentaire relève d'une ignorance totale de ce qui se passe au delà des frontières du Québec.

      Radio-Canada en est le premier responsable. La soi-disant "Société Radio-Canada" n'a de Canada que le nom et ne présente rien de ce qui se passe au Canada français. D'où le commentaire stupide cité plus haut. Le Québécois qui l'a formulé est un exemple typique du Québécois séparatiste refermé sur lui-même et de sa communauté indépendantiste névrosée et ignorante. Il y a plus d'un million de Canadiens français à l'extérieur des frontières du Québec qui vivent en français et qui peuvent se mesurer à n'importe lequel Québécois concernant la langue et la culture Canadienne française. J'en suis un et fier de l'être. 'en suis un et fier de l'ëtre. J'en ai marre d'entendre ce genre de bêtise.

    • Jean Richard - Abonné 9 avril 2014 09 h 20

      « l'anglais est une langue facile à apprendre et donc celle-ci devient populaire auprès de ceux qui favorisent la loi du moindre effort »

      @M. Dionne – Oh ! La ! La ! Il y a là une affirmation facile, trop facile. Saviez-vous que pendant un certain temps, on a cru que la dyslexie était hériditaire et que sur le continent européen, les jeunes Anglais en étaient plus souvent atteints ? Puis on s'est mis à regarder les choses de plus près pour constater qu'en plus, parmi les principaux groupes linguistiques présents en Europe occidentale, les jeunes Anglais se classaient parmi les derniers dans l'apprentissage de leur langue. Il faut plus de temps à un jeune Anglais pour apprendre à lire qu'à un jeune Allemand ou un jeune Italien. Or, ce n'est pas dans les gènes qu'on a trouvé la réponse, mais dans l'incohérence phonétique de la langue, un même graphème générant plusieurs phonèmes avec nécessité de tenir compte du contexte.

      De penser que les jeunes Francoquébécois passent à l'anglais par la loi du moindre effort, c'est assez loin de la réalité. L'anglais et le français partagent beaucoup de vocabulaire (différencié par la prononciation et parfois l'orthographe). La syntaxe est toutefois très différente. Celle du français pourrait se définir comme étant plus cartésienne.

      Je connais bien des francophones qui passent volontiers à l'espagnol, au portugais ou même à l'allemand avec aisance, mais qui n'arrivent pas à maîtriser l'anglais.

      Enfin, l'anglais n'est pas cognétivement moins exigeant que le français, à moins que vous ne connaissiez de cette langue que le globish, cette langue de secours de 500 mots de vocabulaire, et qui sert souvent (mais pas toujours, contrairement à la croyance ancrée) de langue commune entre deux interlocuteurs n'ayant pas de connaissance réciproque de leur langue maternelle.

    • Raymonde Verreault - Inscrite 9 avril 2014 09 h 57

      « Or, ce n'est pas dans les gènes qu'on a trouvé la réponse, mais dans l'incohérence phonétique de la langue » (anglaise).

      Tout à fait d'accord avec Jean Richard dans sa réponse à Beth Brown.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 9 avril 2014 10 h 55

      @Jean Richard. «Devenu adulte, il ne reste plus à cet ex-adolescent que quelques mots de français, langue au fond inutile, mais qu'on traîne par habitude.»

      j'espère bien que vous ayez tort. Il me semble que les nouvelles générations font la même chose que la mienne et la vôtre. Un double mouvement...

      On cherche d'abord à se fondre dans de larges groupes d'appartenance avec signes distinctifs... d'indistinction : les mêmes groupes, les mêmes modes et oui: la même langue ou plus précisément la même manière de parler.

      Ensuite, c'est précisément à partir de ce matériau indéterminé qu'on donne forme à son identité. Cela ne se passe pas toujours à un niveau très intellectuel, mais plus au fur et à mesure qu'on conçoit les projets de la vie concrète. Le travail, les loisirs, les bébés, les amis. C'est la nécessité qui force chacun à assumer et à cultiver sa différence tout en tissant des liens moins exclusivement symboliques avec les autres.

      Quand les jeunes parents crient après leurs petits dans les arénas pour les encourager, la langue qu'ils parlent, avec tous les emprunts qu'ils font à la « langue de Don Cherry » ils la parlent pourtant par coeur, pour faire monde. Que cette langue soit française, tant mieux, qu'elle soit celle de Miron ou de Giguère, tant plus mieux encore... mais l'important, c'est qu'elle soit vivante, comme la leur.

      Ce dont risque de mourir notre pays, ce n'est pas de la disparition de la langue ni de l'assimilitation aux autres cultures, ni de la présence d'autres communautés religieuses... mais de l'absence de projets collectifs où les aspirations des jeunes gens trouvent comme leur prolongement naturel. Hélàs, ces temps-ci, on leur donne trop souvent à entendre que le seul projet collectif auquel il soit permis de tendre, c'est celui de leurs parents ou même de leurs grands parents.

      Il est correct, ce projet, mais s'ils n'y adhèrent plus à partir d'eux-mêmes...

    • Beth Brown - Inscrite 9 avril 2014 11 h 38

      Monsieur Richard,

      L'anglais est la langue du raccourci (short cut). On a beaucoup moins souvent recours à plusieurs mots pour exprimer une idée. Vous n'avez qu'à comparer la longueur des explications devant les monuments historiques par exemple. On peut dire qu'en moyenne le texte anglais est 40% plus court.

      La grammaire anglaise est d'une simplicité incomparable. On n'a pas à se demander où placer l'adjectif. La conjugaison des verbes ne tolère que très peu d'écarts à la règle qui se maîtrise en quelques semaines. Le genre des noms est inexistant, ect...

      L'anglais se parle partout et ce n'est pas pour rien:
      C'est la langue des affaires, mais c'est aussi la langue des rencontres. Si je vais aux Philippines, je ne parle pas Tagalog avec cette amie qui m'est présentée. Elle ne parle pas français non plus, donc...

      C'est une langue pas si romantique, pas si "sexy" que notre belle langue française mais elle est extrêmement efficace (right to the point). Et c'est ce que les jeunes veulent: il suffit de lire la forme de leurs textos pour s'en convaincre.

      Pour ceux qui ont de la difficulté avec l'anglais, c'est tout simplement qu'ils se sont vus pris pour s'accrocher à de mauvais enseignants, sans motivation. Le jour où une certaine survie en dépends (i.e.: travail nécessitant l'usage de l'internet) et si on a du temps devant soi, à petites doses d'abord, l'apprentissage se fait comme un charme.

      En ce sens où l'anglais demande moins d'effort, je suis d'accord avec le propos de monsieur Dionne.

    • Sylvain Auclair - Abonné 9 avril 2014 14 h 14

      Madame Brown, vous écrivez que la grammaire anglaise est d'une simplicité incomparable et qu'on n'a pas à se demander où placer l'adjectif.
      Vraiment? Voyons une grammaire anglaise (simplifiée):

      «Lorsque plus d’un adjectif qualifie un nom, un certain ordre doit être respecté. On peut dire que l’on va du plus subjectif au plus objectif ou du plus général au plus spécifique.
      On place généralement les adjectifs dans l’ordre suivant :
      • taille (forme, dimensions)
      • âge
      • couleur
      • origine (= nationalité, religion, origine géographique ou politique)
      • matière

      L’adjectif exprimant un jugement subjectif (nice, good, bad, stupid, rich, …) se place en tête.

      Remarque: deux adjectifs qui expriment la même idée se séparent par un virgule et c’est souvent le plus court qui passe en premier.»

    • Cyril Dionne - Abonné 9 avril 2014 18 h 32

      @ Bruno Lagacé

      Désolé, mais vous parlez à un Franco-Ontarien de 3e génération, donc de souche, qui est né et a vécu toute sa vie en Ontario. Je vis cet environnement d'assimilation tous les jours. Et je parle, écris et lis aussi bien le français que l'anglais (j'ai appris la langue de l'Autre non pas à l'école, mais en côtoyant les gens socialement). Et j'ai vu, des petites villes complètement francophones en Ontario, se faire assimiler en une génération justement à cause de cette naïveté vis-à-vis le bilinguisme étatique. Plusieurs francophones ont voulu apprendre la langue de l'autre pour avoir les mêmes opportunités professionnelles que leurs concitoyens de langue anglaise. Et bien, ils l'ont tellement bien apprise qu'aujourd'hui, ils ne parlent plus français. Il en reste encore quelques-uns qui parlent le français, mais seulement le dimanche lorsque les grands-parents viennent les visiter.

      Et la situation au Nouveau-Brunswick n'est guère reluisante. Si ce n'était pas des subsides du gouvernement fédéral qui va pour l'aménagement linguistique français de cette province, elle serait anglicisée depuis longtemps. Et si ce n'était du fait que le gouvernement fédéral contribue à plus de la moitié du budget provincial de cette province, je doute très fort que nos anglophones du Nouveau-Brunswick auraient accepté que celle-ci devienne officiellement bilingue. Et comme en Ontario, pourquoi a-t-on l'impression que les seuls qui travaillent dans leur langue maternelle (français) au Nouveau-Brunswick, le font dans des milieux éducationnels, donc payés pour parler français ?

      Et monsieur Lagacé, c'est à cause justement de "ces Québécois séparatistes refermés sur eux-mêmes et de leur communauté indépendantiste névrosée et ignorante" que je parle encore français en Ontario. Peut-être que c'est probablement la même situation pour vous.

    • Cyril Dionne - Abonné 9 avril 2014 18 h 33

      @ Jean Richard

      Oui, la langue anglaise est facile à apprendre. En Ontario, on l'attrape tout simplement comme un virus. Et justement à cause de la simplicité de cette langue, elle devient vite populaire auprès des jeunes qui sont déjà immiscés dans les médias technologiques. Et tous les signes avant-coureurs de l'assimilation abondent au Québec pour ceux qui prennent la peine de regarder et de comprendre. Montréal est plus qu'une ville bilingue, elle est en voie d'assimilation totale. Et avec un gouvernement libéral sous la tutelle de Philippe Couillard, vous pouvez être sûr que la langue française va régresser et s'amoindrir jusqu'à presque disparaître dans certaines régions du Québec.

      Je connais bien la dialectique de l'assimilation, des mariages exogames au bilinguisme étatique en passant par les médias de masse qui sont disponibles seulement dans la langue de Shakespeare. Mais il en existe d'autre comme les écoles passerelles qui sont directement liées à une décision politique qui dénature l'aménagement linguistique francophone au Québec. On pourrait continuer par l'invasion de masse des médias anglophones qui touche surtout les plus jeunes générations.

      En même temps, je ne comprendrai jamais ceux qui sont réactionnaires aux Québécois qui se battent et se tiennent debout tous les jours pour garder leur identité culturelle. C'est indirectement grâce à eux que je parle encore français. Mais lorsque ces gens en auront assez d'essayer de convaincre les autres, vous pouvez être sûr qu'il ne restera bientôt aucune trace du fait français en Amérique.

    • Cyril Dionne - Abonné 9 avril 2014 18 h 45

      @ Sylvain Auclair

      Croyez-moi, la langue française est bien plus difficile à écrire que la langue anglaise. Et ce que vous notez est bien vrai, mais croyez-moi, on s'y met à la tâche très vite. J'ai toujours fréquenté des écoles françaises mais j'ai fait mon baccalauréat dans une université anglaise. Ensuite, j'ai fait une maîtrise dans une institution québécoise francophone et c'était beaucoup plus difficile au niveau langagier.

    • Cyril Dionne - Abonné 9 avril 2014 19 h 04

      @ Jean Richard

      Et monsieur Richard, je pense que j'ai une très bonne idée de la difficulté de l'apprentissage de la lecture anglaise en milieu majoritaire comme celle de la langue française en milieu minoritaire. Je suis enseignant et j'ai enseigné dans les écoles françaises et maintenant, j'enseigne dans les écoles anglaises. Et il n'y a pas de comparaison possible entre les deux langues; la langue de Molière par ces nombreux accents et avec souvent une envolée syntaxique virtuose, dépasse de loin le niveau de difficulté de celle de la langue de Don Cherry. Il faut être immiscé dans la réalité quotidienne de l'apprenant pour comprendre ce concept.

    • Beth Brown - Inscrite 10 avril 2014 05 h 44

      En résumant le propos, il est dit ici que: "L'idée de l'indépendance est liée à celui de l'aménagement linguistique francophone dans ce coin d'Amérique." (commentaire de monsieur Dionne).

      Il est avancé aussi que les jeunes iront de plus en plus apprendre l'anglais pour éviter ou limiter leurs efforts et être efficaces plus rapidement.

      D'autres, dont vous êtes, ont avancé que l'anglais était tout aussi difficile que le français.

      Alors, en regard de votre exemple qui ne prouve pas votre point, dites-moi quel jeune adulte en apprentissage de l'anglais ira se taper une énumération d'adjectifs?

      Le français est au moins 3 fois plus difficile à maîtriser que la langue anglaise. J'en sais quelque chose puisque j'ai appris les deux langues simultanément. La langue de ma mère et celle de mon père.

    • Dorothy Hum - Inscrite 10 avril 2014 15 h 14

      À Sylvain Auclair,
      La façon que vous le décrivez, ça a l'air tellement compliqué! Peut-être vous avez raison qu'il y a des règlements à suivre, mais ce n'est pas enseigné dans les écoles anglaises! En analysant un peu, je remarque que c'est vrai que la description d'âge vient souvent en premier et celle de couleur vient en dernier. Mais, pas sûre que, entre deux adjectifs qui expriment la même idée, c'est le plus court qui passe en premier. Je dirais "great, big gorilla" et non pas "big, great gorilla". Et je dis "shiny, new car" et non pas "new, shiny car".

      Le placement des adjectifs en français est difficile. Il faut savoir quand les placer avant le nom, et quand après. Comme "belle fleur rose"! En anglais, c'est tout en avant! Comme "pretty, pink flower"!

  • Bel Angélus - Inscrit 9 avril 2014 02 h 06

    Matraquage convenu

    À chaque défaite, on répète les mêmes foutaises, comme si on voulait "nous" les faire croire. Et voilà que les vieux péquistes s'y mettent, croyant avoir le monopole de leur rêve déçu.
    On arrive, en aditionnant les % souverainistes, à 33,75%, sans compter la partie molle de la CAQ. Le 40% semble se maintenir tant bien que mal.
    Or, il ne s'agit pas de l'échec de la souveraineté mais de celui d'un parti qui n'osa en parler en vingt ans; qui, si l'occasion préméditée se présente le poing levé, ne sait pas la défendre:il suffit que les libéraux ressortent la "trappe à souris" pour qu'il perde toute contenance. C'est l'échec d'un parti n'en ayant pas, alors qu'il était au pouvoir, promu l'idée (sinon de biais, en de vaines recherches destinées à prouver la viabilité de sa raison d'être), et qui semble même en avoir peur et lui préférer le pouvoir. Il fallait voir Marois affirmer à la toute fin qu'elle pourrait ne pas tenir de référendum deux mandats durant.
    Ce qui a coûté les élections au PQ c'est davantage son électoralisme, sa performance au-dessous de toute critique, son inflexibilité à propos de la charte ("souple sur les moyens et ferme sur les objectifs"), et le fait que hormis l'éternisation du dossier de la charte et sa défense cette fois très houleuse de l'identité nationale, il ressemble fort aux libéraux.
    L'enjeu de cette élection fut davantage de sanctionner -- de croire y arriver en reportant au pouvoir son frère d'alternance -- un gouvernement qui n'a accompli quasiment aucune de ses promesses et qui jouant à la gauche aux élections de 2012 s'est positionné de plus en plus à droite, jusqu'à accueillir Péladeau en son sein " pourtant toujours social-démocrate", et à maintenant le pressentir, foi de Landry, comme futur chef.
    "La "gauche" élue craint-elle les agences de notation? Au contraire, elle les bénit. Sitôt apparues (apparition récente), celles-ci ont constitué la transcendantalité à la quelle aspirait le capitalisme depuis 1989." (Michel Surya)

    • François Ricard - Inscrit 9 avril 2014 06 h 28

      En ce qui a trait à l'électoralisme, c'est un aspect qui fut souvent relevé ici, dans le Centre du Québec.
      Quand, pour s'amadouer l'électorat de la capitale provinciale Québec, Mme Marois a endossé la construction d'un nouveau colisée, la population en général et même plusieurs péquistes s'opposaient à ce projet alors ques les finances étatiques étaient à leur plus bas.
      De même, à cette élection-ci, quand la CAQ a décidé de ne pas poursuivre les rêves du maire Labeaume, on pouvait entendre un cri d'approbation.
      La capitale provinciale est fédéraliste et la multiplication de promesses et la construction de nouvelles structures ne changera nullement l'opinion des gens.
      Pour que Québec veuille enfin devenir une capitale vraiment nationale, il faut lui présenter, à elle et à toute la province, un projet de pays bien articulé politiquement, économiquement et culturellement.

  • Anthony Valois - Inscrit 9 avril 2014 02 h 26

    Quelqu'un est-il vraiment surpris?

    "[...]l’ampleur de la sanction populaire signifie la mort d’un rêve, porté par une génération qui a échoué à transmettre aux plus jeunes son projet de pays."
    C'est l'évidence même. Je crois que la cause profonde est à chercher dans l'éducation (à l'école, mais aussi et surtout à l'intérieur de la famille même). Les générations élevées par les Baby Boomers ainsi que les suivantes l'ont été selon le même modèle utilisé en premier en Amérique puis en Europe à partir des années 50, soit le modèle anti-autoritaire. Puisque les parents n'exercent plus l'autorité autant qu'avant, quelqu'un doit bien le faire et c'est l'enfant même le premier candidat au poste, devenant ainsi le fameux enfant-roi. Personne n'a instinctivement l'envie d'être enchaîné et on ne peut pas blâmer un enfant-roi de ne pas adopter ni les traditions ni les idées de ses esclaves. L'Etat peut ensuite finir le boulot en dispensant une éducation cosmopolite et en apprenant aux enfants à être de bons "citoyens de monde" qui s'agenouilleront devant l'autel des Droits de l'Homme et verront leurs spécificités culturelles au pire comme des entraves à l'harmonie égalitaire universelle, au mieux comme un simple produit de consommation comme les autres.

    Je vais maintenant aller me saouler pour m'éviter de penser au suicide de l'Occident pendant au moins quelques heures.

  • Joseph Martin - Inscrit 9 avril 2014 02 h 48

    Mais laissez-nous enfin.

    Une chose me vient à l'esprit en lisant cet article et en écoutant Duceppe, Beaudoin Landry et autres belles-mères...

    «Merci messieurs/mesdames, prenez congé. Laissez-nous nous occuper de la suite et, surtout, ne venez plus gâcher le projet avec vos déclarations tragiques à l'emporte pièce. Le mouvement ne mourra pas avec vous. Acceptez-le.»

    • Danielle Blouin - Inscrite 9 avril 2014 07 h 45

      Je viens de prendre ma carte du parti québécois. Mettons l'épaule à la roue et ne nous laissons pas abattre. Nous avons par contre à nous questionner et enfin présenter un projet de pays sans cachoterie, clair et net.

    • Pierre Villeneuve - Abonné 9 avril 2014 08 h 14

      Bonjour M. Martin,
      «Si vieillesse pouvait et si jeunesse savait». Comment faire le lien entre les générations? Un rêve qui se réalise en une seule génération était-il vraiment un rêve? Un projet de société et un projet de pays ça se réalise à long terme et pas en une seule génération. À toujours recommencer, sans tenir compte du passé et sans se donner une vision pour l'avenir, les générations s'épuisent les unes après les autres. Il faut aussi se rappeler que la vision que nous avons aujourd'hui concernant notre projet se précisera au fur et à mesure que nous avancerons dans sa réalisation. Le résultat final pourrait se rapprocher de ce que l'on croyait qu'il serait, sans toutefois en être complètement identique. Est-ce ce qu'on appelle «l'évolution»?
      Notre projet national continuera à évoluer après le départ des générations précédentes et avec l'arrivée des générations à venir. Nous le savons tous, mais, les parents vont toujours s'inquiéter pour l'avenir de leurs enfants, quel que soit leur âge. N'est-ce pas là une caractéristique de l'être humain?

      Merci de vous engager à faire évoluer ce projet.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 9 avril 2014 12 h 02

      Moi aussi je n'abandonne pas notre projet de pays...
      Merci m. j. martin de le dire si simplement ! Merci aussi à m. c. dionne (commentaire ci-haut)
      À 70 ans, je ne me considère pas être un "dynosaure" sans idées .
      Levons la tête ...et comme le disait l'historien Éric Bédard: "...on annonce un peu vite le décès du mouvement nationaliste....etc"
      Que certains souffrent du syndrome de la grenouille...je m'y attendais.