Couillard veut réévaluer certaines nominations aux postes clés de l'État

Québec — Il est impossible de dire combien de têtes vont rouler, à la suite du changement de gouvernement, lundi, mais il risque d'y en avoir quelques-unes.

Chose certaine, dès qu'il entrera officiellement en fonctions, le futur premier ministre Philippe Couillard prévoit réévaluer certaines nominations aux postes-clés de l'appareil de l'État, notamment celle du directeur de la Sûreté du Québec.

Faut-il conclure que son gouvernement procédera à une purge? «C'est pas notre style», a nuancé M. Couillard en conférence de presse, mardi, en disant vouloir miser d'abord sur la compétence des gens aux commandes de l'État.

Il promet aussi de faire preuve de la plus grande prudence, quand il formera son conseil des ministres, pour s'assurer de l'intégrité de son équipe.

Le chef libéral s'est présenté devant les membres de la tribune de la presse, mardi, au pied du grand escalier situé au coeur du parlement, au lendemain de son éclatante victoire au scrutin du 7 avril, afin de dire comment se passera le transfert des pouvoirs et à quoi ressemblera son style de leadership à la tête du gouvernement du Québec.

Imprimer sa marque

M. Couillard entend agir rapidement, sur plusieurs fronts, afin d'imprimer sa marque, dès les prochains mois, donc avant même les beaux jours d'été.

D'ici là, l'Assemblée nationale sera convoquée pour une session-éclair, des projets de loi seront déposés, notamment sur les soins de fin de vie, de même qu'un budget accompagné de crédits gouvernementaux.

Il veut également, le plus tôt possible, faire certains gestes susceptibles de relancer l'économie, par exemple en investissant dans la mise à jour des infrastructures ou en offrant des crédits d'impôt à la rénovation domiciliaire.

Une de ses premières décisions de premier ministre sera de commander un examen complet et indépendant de la situation réelle des finances publiques.

Assermentation et caucus

Dans les jours qui viennent, la directrice de cabinet de la première ministre sortante Pauline Marois, Nicole Stafford, et son directeur de cabinet, Jean-Louis Dufresne, devraient se rencontrer pour fixer la date de l'assermentation du nouveau gouvernement.

Mercredi, il tiendra un premier caucus des 70 députés libéraux élus ou réélus lundi soir.

Il va en parallèle s'affairer à constituer son conseil des ministres et s'engage à faire preuve de grande prudence.

«On va faire des vérifications profondes avant de faire ces nominations-là», a-t-il dit, cherchant à projeter une image d'intégrité.

Les nominations passées aux postes-clés seront elles aussi passées au peigne fin. Celle du directeur de la Sûreté du Québec, en particulier, «va être réévaluée, c'est clair», mais d'autres aussi.

Départ du premier fonctionnaire

M. Couillard a déjà planifié un premier changement: le premier fonctionnaire de l'État, Jean Saint-Gelais, devra quitter ses fonctions et sera remplacé par Roberto Iglesias, un homme de confiance du futur chef du gouvernement.

Il dit surtout vouloir revoir le mode de sélection de certains postes au sommet de l'État, pour le rendre plus impartial, par exemple en songeant à mettre en place des comités de sélection indépendants qui présenteraient au gouvernement une liste brève de quelques candidats potentiels.

Un gouvernement Couillard s'engage également à traiter la question controversée de la charte de la laïcité de l'État, «très tôt» dans son mandat. Un projet de loi réunira «les éléments qui font consensus» dans la population, comme les balises aux demandes d'accommodement et l'obligation d'offrir et recevoir les services de l'État à visage découvert. Quant à l'interdiction de porter des signes religieux, la pomme de discorde au coeur du projet péquiste, elle va sauter.

À propos des milliards de dollars d'engagements pris par Mme Marois au cours des derniers mois, M. Couillard a dit que son gouvernement allait «tout vérifier», avant de voir s'il allait y donner suite.

Il a dit vouloir par ailleurs que le Québec assume un certain leadership au sein de la fédération canadienne, affirmant que son caractère spécifique faisait partie de «la fibre canadienne».
41 commentaires
  • - Inscrit 8 avril 2014 15 h 22

    Sa conférence de presse

    J'ai entendu sa conférence de presse, et je crois que M. Couillard est un politique très habile.
    Il fera surement une bon premier ministre s'il respecte l'ouverture dont il fait preuve verbalement. Le problème c'est que toute son action résultera à nous enfoncer encore plus dans la soumission canadienne.

    Le PQ devra relever les manches et faire sérieusement ses devoirs et son argumentaire car il a maintenant devant lui un politicien très talentueux.

    • Raymond Chalifoux - Inscrit 8 avril 2014 17 h 05

      Le PARTI! Il a beau avoir les meilleures intentions du monde, il a un sapristi de Parti à tenir en laisse...

    • Louka Paradis - Inscrit 8 avril 2014 18 h 31

      Ce n'est guère rassurant d'entendre M. Couillard déclarer qu'il congédiera le directeur de la Sûreté du Québec : cela laisse supposer une éventuelle ingérence du politique dans cet organisme. Lorsqu'on se rappelle l'histoire de la filature de Brandone qui avait subitement cessé après l'intervention plus que probable de M. Charest, c'est loin d'être rassurant pour la poursuite du ménage qui reste à faire au Québec, ni pour la suite des travaux de la Commission Charbonneau. C'est ce que plusieurs craignaient dans l'éventualité d'une majorité du PLQ : nos craintes sont aujourd'hui décuplées par cette annonce moins de 24 heures après l'élection.

    • Louka Paradis - Inscrit 8 avril 2014 21 h 51

      Il parle des nouvelles nominations partisanes : je croyais que ses priorités, c'était l'économie et l'emploi ? Ça ne me dit rien qui vaille....

  • Paul-André Boisclair - Abonné 8 avril 2014 15 h 47

    Donnons la chance au coureur

    Après le lamentable échec stratégique du Parti Québécois lors des élections du 7 avril et le disgracieux spectacle des trois ténors du PQ en fin de soirée, précédant le discours de Mme Marois, force est de reconnaître que ce parti a perdu une large part de sa sensibilité d'antan et qu'il semble fortement déconnecté de la réalité québécoise. Deux ans après que le Bloc se soit fait évincer de la carte électorale, une sérieuse remise en question s'impose au PQ, réflexion et remise en question que la pensée magique des purs et durs ne saurait remplacer.

    Nous voilà maintenant avec un gouvernement libéral qui a réussi à nous faire oublier les affres de l'ère Charest. Son chef et ses promesses de transparence y sont pour beaucoup.

    Souhaitons que M. Couillard ne refasse pas les mêmes erreurs que son prédécesseur grisé par sa victoire en 2003 s'imaginant que tout lui était permis. Souhaitons aussi que la pression interne, inévitable, et l'électoralisme primaire, si facile, ne le fassent pas changer de cap.

    Nous aspirons tous à une période de répit social et politique au Québec.

    Voyons s’il peut nous apporter cela tout en ne bradant pas nos acquis. Donnons la chance au coureur.

    • Claude Champagne - Inscrit 8 avril 2014 16 h 41

      C'est la même carrosserie, seulement le chauffeur a changer de main sur le volant. Comme disent mes ex-caanadian "Why fix it, if it's not broken", ils sont très habile à cacher, manipulé, a déformer la vérité, il va réussir le docteur anesthésient.

    • François Dugal - Inscrit 8 avril 2014 19 h 00

      Proverbe américain:
      If it ain´t broke, don´t fix it.

  • Jacques Gagnon - Inscrit 8 avril 2014 15 h 52

    Construction

    «notamment en accélérant les investissements dans les infrastructures et en créant un crédit d'impôt pour la rénovation domiciliaire, et ce, avant même le dépôt d'un budget.»

    Vraiment décourageant, on s'endettera encore pour leurs amis. Il appelle ça relancer l'économie. Pour eux, il n'y a pas d'autres idées.

  • Jacques Beaudry - Inscrit 8 avril 2014 15 h 59

    de l'enfumage

    Couillard et n'importe lequel autre des politicailleux au québec n'a les outils pour amorcer une relance économique. La conjoncture mondiale fait que toute croissance économique est accro à de la dette. Il y a belle lurette qu'il n'y a plus de croissance mondiale. La seule croissance concerne le capital. L'industrie, la production de biens est à la merci de la compétivité. La rémunération est en berne et dépitée. L'économie fleurie quand la consommation se prote bien. L'économie grandie quand la consommation augnmente. Or il n'y a que par la dette que le rythme de consommation peut s'accentuer. Comme les citoyens sont de plus en plus près de leur marge d'endettement ils ne consomment pas à une échelle qui permettrait une croissance économique. À moins que Couillard demande à Harper de faire tourner les imprimantes du dollar canadien, de lui envoyer le fric et que Couillard nous fasse parvenir un chèque généreux à dépenser au Canada seulement.

    • Claude Champagne - Inscrit 8 avril 2014 16 h 42

      Oui mais ils connaissent ça les affaires, les vraies affaires.

  • Claude Champagne - Inscrit 8 avril 2014 16 h 07

    Ah oui! go de réponses

    Commence si c'est vrai avec la transparence, dis-nous c'est quoi ton association avec Porter? et qui sont la dizaine de députés dans ton gouvernements iligitime, qui est visé par l'UPAC et la commission? svp une réponse avant que tu y mettes fin abruptement à cette commission que je ne crois plus, pour ne pas détruire le peut, le petit peu de crédibilité de ce partie libérale-scandale.

    • François Dandurand - Inscrit 8 avril 2014 17 h 25

      La campagne de boue est terminée monsieur Champagne. Pourriez-vous participer à l'avancement du QUébec ou allez-vous ruminer votre défaite pendant quatre années? On survit toujours à une défaite électorale.

    • Sylvain Auclair - Abonné 8 avril 2014 19 h 15

      Monsieur Dandurand,
      Pendant 18 mois, le PLQ a-t-il collaboré? Non.

    • François Dandurand - Inscrit 9 avril 2014 10 h 08

      Le PQ ne cherchait-il pas que la confrontation pour gagner un gouvernement majoritaire à la première occasion?

    • Claude Champagne - Inscrit 9 avril 2014 12 h 59

      M. Dandurand, bravo pour votre implication mais je ne m'attends pas à ce que nous avons toujours un débat suite à mes commentaires. Je les fais et tant pis si les gens ne sont pas d'accord. C'est vice-versa vous comprenez.