La CAQ sera l'opposition officielle, et non le PQ, estime Legault

François Legault a mentionné qu'il était prêt à accueillir dans ses rangs tout député péquiste qui en viendrait à la même conclusion que lui, à savoir que l'indépendance n'est pas la priorité au Québec à l'heure actuelle.
Photo: Jacques Nadeau -Le Devoir François Legault a mentionné qu'il était prêt à accueillir dans ses rangs tout député péquiste qui en viendrait à la même conclusion que lui, à savoir que l'indépendance n'est pas la priorité au Québec à l'heure actuelle.
Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, juge que sa formation aura officieusement le statut d'opposition officielle en raison de la désorganisation qui risque de régner au sein du Parti québécois (PQ) après sa dégelée historique.

La course à la direction qui se profile à l'horizon en vue de la succession de Pauline Marois — qui a annoncé lundi soir sa démission — risque d'accaparer la formation politique au cours des prochains mois.

Les députés péquistes pourraient donc être moins mobilisés qu'ils ne devraient l'être par les véritables enjeux, dont l'économie, a suggéré François Legault.

«Je me sens effectivement une responsabilité d'être la quasi-opposition officielle», a fait valoir le chef caquiste en conférence de presse, mardi, à Montréal.

Les péquistes devront par ailleurs se livrer à une sérieuse réflexion sur la pertinence de l'option souverainiste, car cette chimère d'un «pays imaginaire» nuit à la construction du «pays réel», ce qui permet au Parti libéral du Québec (PLQ) d'être porté au pouvoir «presque automatiquement», a analysé M. Legault.

«Je vais être franc: je crois sincèrement que ce n'est pas sain pour notre démocratie et pour le Québec qu'un parti politique puisse presque automatiquement prendre le pouvoir sans vraiment rien proposer», a-t-il laissé tomber sous le regard attentif de son épouse Isabelle Brais, qui l'aura suivi jusqu'aux derniers moments de la campagne électorale.

Recrutement chez les péquistes?

François Legault a d'ailleurs mentionné mardi qu'il était prêt à accueillir dans ses rangs tout député péquiste qui en viendrait à la même conclusion que lui, à savoir que l'indépendance n'est pas la priorité au Québec à l'heure actuelle.

«Tout le monde est bienvenu à la Coalition avenir Québec», a-t-il déclaré.

Il n'a cependant pas voulu préciser s'il avait l'intention d'entreprendre des démarches pour inciter des élus du Parti québécois à défroquer.

«Écoutez, on a du temps devant nous. On a quatre ans devant nous», s'est contenté de déclarer le leader au lendemain d'une soirée électorale enlevante, à l'issue de laquelle la CAQ a ravi de nombreuses circonscriptions au PQ au nord et au sud de Montréal.

Trois nouveaux venus ont d'ailleurs fait mordre la poussière à des ministres péquistes de premier plan, soit Yves-François Blanchet (Environnement), Bertrand St-Arnaud (Justice) et Pierre Duchesne (Enseignement supérieur).

En arrachant un total de 22 circonscriptions, la CAQ obtient le statut de parti officiel à l'Assemblée nationale, ce qui lui permettra d'avoir davantage de temps de glace au Salon bleu et de toucher un budget plus costaud.

«On peut conclure, en regardant les résultats, qu'on n'est pas très loin du Parti québécois en termes de pourcentage de votes, donc j'espère qu'on va être capables de trouver une proposition qui va permettre à la Coalition avenir Québec d'occuper toute la place qui lui revient», a exposé M. Legault.

La CAQ a obtenu 23,1 % des voix, tandis que le Parti québécois a reçu l'appui de 25,4 % des électeurs, selon les données officielles du Directeur général des élections du Québec (DGEQ).

Les députés caquistes se retrouveront toutefois devant 70 élus du PLQ, qui a été reporté au pouvoir après une absence d'environ 18 mois avec 41,5 % des suffrages.

CEIC

Qu'est-ce que la réélection sans équivoque d'un parti éclaboussé à plusieurs reprises devant la Commission Charbonneau dit sur l'électorat québécois? Le chef a esquivé la question.

«M. Couillard — et il faut le féliciter pour ça — a réussi à faire de cette élection une élection quasi-référendaire, a commenté M. Legault. Les gens ont surtout voté pour ne pas avoir de référendum et ils pensaient que c'étaient les libéraux qui étaient les mieux placés pour ne pas avoir de référendum. C'est très difficile de sa battre contre ça.»

De toute façon, François Legault a de nouveau prévenu qu'il surveillerait de très près le chef libéral Philippe Couillard et ses troupes.

Il s'est par ailleurs dit «triste» de la tournure des événements pour son ancienne collègue péquiste Pauline Marois, «une femme qui a donné pas mal toute sa vie au Québec» et «qui était là parce qu'elle croyait vraiment à la cause du Québec».

En vertu de la loi sur les élections à date fixe adoptée sous le gouvernement Marois, les prochaines élections provinciales devraient avoir lieu le 1er octobre 2018.
20 commentaires
  • michel lebel - Inscrit 8 avril 2014 14 h 02

    Ambigüité!

    Le PQ était ambigu au sujet de la tenue d'un référendum. Legault semble lui aussi ambigu au sujet de son option constitutionnelle de base: est-il fédéraliste ou souverainiste? L'homme répond toujors: on verra!! Bien étrange cette propension de plusieurs Québécois pour l'ambigüité! Enfin, ainsi nous sommes!


    Michel Lebel

    • Jacques Beaudry - Inscrit 8 avril 2014 15 h 05

      C'est tout faux. L'ambiguité siège dans votre propos. Le PQ n'a jamais eu l'intention d'un référendum pour les 4 prochaines années. La campagne électorale est terminée vous pouvez changer de disque et arrêter de nous enfumer avec cette légende urbaine.

    • michel lebel - Inscrit 8 avril 2014 16 h 40

      @ Jacques Beaudry

      Nous n'écoutons sans doute pas les mêmes nouvelles! Enfin, chacun sa lecture des situations et chacun tire ses conclusions!

      M.L.

    • Dann Lapierre - Inscrit 8 avril 2014 19 h 19

      Fédéraliste ou souverainiste? Ni un, ni l'autre! Je le qualifierais plutôt comme arriviste!...

    • Carroll Roy - Inscrit 9 avril 2014 09 h 33

      Pensiez vous vraiment que le PQ allait faire un référendum?
      Vous êtes tombé dans le piège en croyant que c'était une élection référendaire.

  • Louka Paradis - Inscrit 8 avril 2014 14 h 28

    Pensée positive SVP

    M. Legault, c'est l'heure de l'apaisement. La campagne électorale est finie ; au lieu de vous acharner sur un parti qui vient de subir une amère défaite, vous gagneriez à démontrer plus de dignité et d'humanité. La population en asssez des combats de coq et du picossage. Collaboration, SVP. La hargne est mauvaise conseillère.

    • Guy Desjardins - Inscrit 8 avril 2014 15 h 05

      Je crois que vous M. Paradis, devrait penser positivement. Je constate que la hargne est du mauvais côté. Par malheur vous en avez pour 4 ans. Je vous suggère de prendre ça "cool".

    • michel lebel - Inscrit 8 avril 2014 15 h 14

      Oui! Il y a un côté "petit bum" chez Legault qui ne m'impressionne guère! Changera-t-il avec le temps? Et dire que cet homme fut jadis ministre de l'Éducation! Enfin!

      Michel Lebel

  • Pierre Labelle - Inscrit 8 avril 2014 14 h 29

    "Je me voyais déjà"....

    Legault a certainement fredonner cette chanson d'Aznavour, mais de là à ce qu'elle de vienne réalité il y a une marge. Se voir en haut de la piste est une chose, y être, en est une autre. Un pas à la fois François, aujourd'hui tu pavoise mais il n'y a pas si longtemps tu tenais un tout autre langage.

  • Guy Desjardins - Inscrit 8 avril 2014 14 h 47

    M. Legault à le vent dans les voiles.

    Sûrement que certains Péquistes changeront de parti et c'est de bon augure. Ce parti n'a plus la vocation de penser à une séparation du Québec. C'est à oublier. Le Parti Québécois n'a plus de Chef et je ne vois pas un des trois sur la tribune hier se rafraîchir aux dépends de Mme Marois devenir le sauveur de la nation. Pourquoi pas aussi des Libéraux déçus de ce que l'Enquête Charbonneau et l'UPAC va sortir sur l'intégrité de Libéraux élus(es) et l'organisation et va à l'encontre de leur principe d'honnêteté. M. Legault sent l'honnêteté et le courage et a une force non égalable. C'est très rare de nos jours. Bonne chance M. Legault. G.D.

  • François Dandurand - Inscrit 8 avril 2014 14 h 57

    La vraie opposition officielle

    Dans son discours, monsieur Legault a offert sa collaboration et assurer de sa vigilance le nouveau gouvernement. Voilà un discours d'un chef de l'opposition responsable. Au PQ nous avons eu droit à un discours partisan, bien sûr il fallait encourager les militants effondrés, à la limite du respect de l'électorat. Encore une fois, malgré les assurances données durant la campagne, les ténors du parti ont repris le discours indépendantistes. Aucun signe de collaboration aux grands enjeux auxquels le QUébec doit faire face. Ne parlons pas de QS où madame David a sorti sa liste de reproches et sa hargne à l'égard des libéraux. Comme les Péquistes en ont plus plusieurs mois à règler leurs comptes et à retourner à leur sport préféré, la chicane, je ne vois que la CAQ pour faire un vrai travail d'opposition officielle

    • Daniel Tourigny - Abonné 8 avril 2014 16 h 43

      La vraie opposition c'est de la rue qu'elle viendra. Tant qu'il y aura des gouvernements dictatoriaux et pourris comme les libéraux s'apprêtent à former élus par une minorité de pleutres et de privilégiés (71% x 41%. =29% de la population), il n'y a pas d'autres façons de faire triompher la vraie démocratie.
      Vive le Québec libre de corruption !

    • François Dandurand - Inscrit 8 avril 2014 22 h 02

      Monsieur Tourigny, vous vous trompez c'est l'anarchie qui nous vient de la rue. La démocratie s'est exprimée dans les urnes, ne vous en déplaise. Votre jugement sur les électeurs en dit long sur votre amour des Québécois et nous devrions faire un pays avec des gens comme vous?