PLQ: soirée d’allégresse dans Roberval

Le chef du PLQ, Philippe Couillard, prononçant son discours de la victoire à Saint-Félicien, lundi soir
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Le chef du PLQ, Philippe Couillard, prononçant son discours de la victoire à Saint-Félicien, lundi soir

Saint-Félicien — Des applaudissements et des cris de joie à la chaîne, des accolades en souriant, et rebelote dans le bonheur: la grande soirée libérale à Saint-Félicien s’est déroulée lundi dans un long crescendo d’allégresse, les militants célébrant une victoire d’une ampleur inattendue.
 

«Quelle belle victoire!» s’est exclamé un Philippe Couillard de l’Espinay visiblement ému quand il a pris la parole vers 23 h 35. Son discours a duré sept minutes, qu’il a conclues par un «vive les Québécois, vive les Québécoises, et vive le Québec!» Il avait auparavant vanté un «peuple fort, fier et ambitieux».

 

M. Couillard a mis beaucoup d’emphase à s’adresser aux minorités heurtées par le défunt projet de charte des valeurs. «Le temps des blessures est terminé: bienvenue, vous êtes chez vous», a lancé le chef libéral.

 

«Aux quatre coins du Québec, on est tous Québécois. La fierté du Québec, de notre identité, de notre langue et de notre drapeau, elle appartient à tous les Québécois.» Il a évoqué les valeurs fondamentales qu’il attribue au Québec: la «générosité, la compassion, la solidarité et l’égalité entre les hommes et les femmes».


«Je serai le premier ministre de tous les Québécois», a-t-il promis après avoir salué les anglophones et les Premières Nations.

Le chef libéral a dit accepter son mandat avec «sérénité, humilité et confiance, conscient de l’ampleur de la tâche». Il s’est engagé à «diriger un gouvernement responsable, intègre, compétent et transparent».

Selon le premier ministre élu, le Québec «a gagné en se donnant un gouvernement stable» ayant pour priorité la création d’emploi et la prospérité économique.
 

Philippe Couillard a pris le temps de saluer ses trois adversaires. Pauline Marois «a marqué l’histoire en devenant la première femme première ministre», a-t-il rappelé. Il a qualifié de «bonne nouvelle» l’engagement de François Legault à rester en poste pour quatre ans. «L’apport précieux» de Françoise David à la vie publique a aussi été remarqué.
 

Que du bon

 

«La division est terminée: la réconciliation est arrivée», a lancé M. Couillard, acclamé par ses partisans.
 

Ceux-ci étaient réunis dans un hôtel situé à quelques kilomètres du domicile du nouveau premier ministre. Et ils n’ont eu que du bon à célébrer lundi soir — une fois passés les contrôles d’une sécurité renforcée (fouille et détecteur de métal à l’entrée). 
 

Dès la divulgation des premiers résultats, les libéraux ont trouvé à se réjouir. À 20h10, leur formation était donnée gagnante dans une trentaine de circonscriptions, trois fois plus que le Parti québécois. La soirée commençait sur les chapeaux de roues, et le rythme n’a pas ralenti par la suite. Dix minutes plus tard, les principaux réseaux de télévision annonçaient la victoire libérale. Fin du suspense (s’il y en a eu un), et début des festivités.

 

La confirmation de la victoire de Philippe Couillard dans Roberval a ainsi été accueillie par une petite clameur au parterre. «Ce titre de député est celui qui me rend le plus fier, a indiqué M. Couillard plus tard. C’est le début de la marche vers le progrès et la prospérité du Québec, et ça part du Lac-Saint-Jean.»

 

Les acclamations se sont multipliées ensuite pour les autres gains nets des libéraux et globalement, pour la déconfiture péquiste. La défaite personnelle de Pauline Marois a été particulièrement applaudie.

 

Gains partout

 

Les libéraux ont glané des sièges partout au Québec: deux à Laval (Sainte-Rose et Laval-des-Rapides), deux au Saguenay–Lac-Saint-Jean (Roberval et Dubuc), un à Montréal (Crémazie) et sur la Rive-Sud (La Prairie), deux en Mauricie (Champlain et Saint-Maurice), deux en Estrie (Saint-François et Sherbrooke), plusieurs autour de Québec (Charlevoix–Côte-de-Beaupré, Portneuf, Vanier–Les Rivières, Charlesbourg, Montmorency), de même qu'Argenteuil, Abitibi-Est et les Îles-de-la-Madeleine (selon les données disponibles au moment de mettre sous presse).
 

Cela concrétisait le sentiment général régnant dans la caravane libérale depuis plusieurs jours. La victoire ne faisait pas de doute aux yeux des stratèges libéraux. Ne restait qu’à en connaître l’amplitude.

 

Depuis plusieurs jours, M. Couillard martelait dans ses discours qu’il lui fallait un gouvernement majoritaire pour bien mettre en œuvre son programme. Le chef libéral demandait ainsi «un congé d’élections pour quatre ans». Il l’aura.
 

En 2012, les libéraux avaient obtenu 50 sièges et 31,2 % des votes.