Malgré le recul, ON entend continuer son combat

Si certains partis se sont battus pour le pouvoir, d’autres ont lutté pour leur survie lors du scrutin de lundi soir. C’est le cas d’Option nationale (ON), qui avait obtenu 1,89 % des votes en 2012, et qui visait un score similaire. Les militants d’ON ont regardé le score du parti monter, l’espoir dans les yeux. Le parti n'a toutefois pas réussi à atteindre son objectif, ayant récolté 0,73 % des voix.

 

Le chef d’ON, Sol Zanetti, a obtenu 2,5 % des voix dans la circonscription de Jean-Lesage, située à Québec. Peu importe le résultat, ce dernier était convaincu que le parti devait rester en place. Dans un communiqué intitulé « Nous, on continue à construire », publié la veille du scrutin, il indiquait : « quelque soit le résultat du scrutin de demain [lundi], Option nationale continuera de chercher à nous projeter dans le monde ».

 

Déçu, mais serein

 

Une fois les résultats dévoilés, Sol Zanetti, déçu mais serein, a affirmé au Devoir vouloir continuer la promotion de l’indépendance du Québec. « On s’était engagés [dans la campagne électorale] parce qu’on n’avait pas peur de perdre. […] On a joué notre rôle de réveiller l’audace. On a fait la pédagogie de l’indépendance dans les tranchées, et on va continuer à le faire. »

 

Le chef d’ON est conscient que son parti n’aura pas les mêmes moyens financiers qu’avant pour répandre ses idées, mais il compte sur la mobilisation de ses militants. « On va continuer de faire ce qu’on fait », a répété M. Zanetti.

 

Autres partis

 

Le Parti conservateur du Québec (PCQ), qui visait à se faire connaître davantage, a obtenu 0,39 % des voix. Cette fois-ci, le Parti avait décidé de miser sur l’image du chef. Le PCQ avait changé son nom sur les bulletins de vote pour « Équipe Adrien Pouliot — Parti conservateur du Québec ». M. Pouliot a obtenu environ 2,4 % des votes dans la circonscription de Montmorency. Le chef n’écarte pas la possibilité de rejoindre les rangs de la Coalition avenir Québec (CAQ) si ce parti poursuit son virage à droite. « Durant les trois dernières semaines de campagne, la CAQ a fait ressortir les idées adéquistes. [...] Reste à voir si c’était purement électoraliste, ou c’est un vrai virage que le parti a décidé de faire, a indiqué au Devoir Adrien Pouliot. Si la CAQ décide d’aller plus à droite, ça ferait notre bonheur. »

 

Le Parti vert du Québec a quant à lui présenté 44 candidats, soit 22 de moins qu’aux élections de 2012. Le nouveau chef, Alex Tyrrell, a obtenu 4,5 % des votes dans la circonscription de Notre-Dame-de-Grâce, et le parti, 0,55 %. « On va continuer à construire le parti et se réorienter. Nous voulons nous afficher davantage comme des écolo-socialistes, améliorer notre représentation », a expliqué M. Tyrell au Devoir, sur un ton optimiste.

 

Le Parti nul, qui présentait 24 candidats, a quant à lui obtenu 0,18 % des voix. Ce parti a invité les électeurs à voter pour lui dans le but de remettre en cause le système électoral, les institutions politiques et les partis actuels, au lieu de s’abstenir ou d’annuler son vote.

 

Une forte présence des petits partis a été observée encore une fois lors du scrutin du 7 avril. Tout comme en 2012, 20 partis étaient en lice, soit plus du double des années précédentes. Sur 814 candidats aux élections, 308 étaient issus des petites formations politiques.

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Repli du taux de participation

Le taux de participation aux élections de lundi était en voie d’atteindre un niveau légèrement inférieur à ce qu’il était en 2012, selon les données disponibles au moment de mettre sous presse. Le taux de participation aux élections québécoises se situait à 70,69 % en fin de soirée, selon les dernières données publiées par le Directeur général des élections. La croissance depuis le début de la journée semblait indiquer que le taux allait atteindre un niveau plus bas que celui connu lors du scrutin du 4 septembre 2012. Lors de cette élection, le taux avait atteint 74,6 %.

Si cela signifie un recul par rapport aux dernières élections, il s’agit néanmoins d’un taux plus élevé que celui du scrutin de 2008. Cette année-là, le Québec avait atteint un plancher historique, avec un taux de 57,4 %. Malgré des hausses, notamment de 1994 à 1998, la participation électorale des Québécois est en baisse constante depuis le milieu des années 1980.