Le libéral Saul Polo a raison de Léo Bureau-Blouin

Léo Bureau-Blouin a encaissé la défaite avec dignité.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Léo Bureau-Blouin a encaissé la défaite avec dignité.

Laval — Léo Bureau-Blouin n’a pu infléchir les tendances historiques dans Laval-des-Rapides. Pour la dixième fois consécutive, les électeurs de cette circonscription baromètre par excellence se sont rangés dans le camp des vainqueurs.

 

Le président du PLQ, Saul Polo, a délogé Léo Bureau-Blouin, le député sortant du PQ, avec une marge de 5025 voix. Avec 44 % des suffrages (16 918 votes), Saul Polo fait son entrée à l’Assemblée nationale.

 

Léo Bureau-Blouin a récolté 31 % des suffrages (11 893 voix). Le candidat de la CAQ, Vincent Bolduc, fermait la marche avec 17 % des appuis (6560 voix).

 

M. Bureau-Blouin a encaissé la défaite avec le fair-play et la rigueur qui ont fait sa réputation à la présidence de la Fédération étudiante collégiale (FECQ) lors du conflit étudiant.

 

« Laval-des-Rapides, c’est une circonscription à l’image du Québec. Il ne faut pas se surprendre qu’elle ait voté aujourd’hui comme le Québec. La démocratie est parfois douce, elle est parfois dure, mais cette démocratie a toujours raison », a-t-il dit devant ses partisans.

 

Selon le candidat perdant, le PQ devra procéder à « une sérieuse remise en question » à la suite de cette cuisante défaite. « Il faut affirmer de manière plus claire quels sont nos objectifs, il faut apporter une vision plus claire à l’électorat », a-t-il dit.

 

M. Bureau-Blouin a formulé une critique prudente de la stratégie du PQ entourant la charte de la laïcité. « Il faut prendre acte et envoyer le message aux minorités que nous souhaitons faire une laïcité, certes, mais une laïcité qui prendra soin de ses minorités », a-t-il avancé.

 

Dure soirée

 

Léo Bureau-Blouin a fait campagne sur des thèmes tels que l’intégrité, le soutien aux familles et aux proches aidants. Le libéral Saul Polo, fondateur de la Chambre de commerce latino-américaine, a beaucoup parlé d’emploi.

 

Le quart des électeurs de Laval-des-Rapides vient des communautés culturelles. C’est le double par rapport à la moyenne québécoise. Le repli identitaire du PQ et les discours alarmistes entourant la charte de la laïcité n’ont certainement pas aidé Léo Bureau-Blouin.

 

Un des bénévoles croisés lors de la soirée du PQ au restaurant La Sirène ne cachait pas sa déception, après avoir visité dans l’après-midi les bureaux de vote dans certains secteurs à forte proportion de membres des communautés culturelles. « Ils avaient tous écrit “ non-Québécois ” dans la face », a-t-il dit.

 

Depuis l’élection de Bernard Landry, en 1981, jusqu’à celle de Léo Bureau-Blouin, en 2012, les électeurs de Laval-des-Rapides ont toujours « voté du bon bord », en se rangeant dans le camp du parti victorieux. L’élection de lundi n’a pas échappé à cette implacable logique.

 

Au début de la campagne, les candidats libéraux de Laval s’étaient donné pour mission de ramener au bercail les deux circonscriptions orphelines (Laval-des-Rapides et Sainte-Rose) qui avaient voté pour le PQ en 2012.

 

Lors des élections de 2003, 2007 et 2008, toutes remportées par Jean Charest, les libéraux avaient obtenu un score parfait de six sur six à Laval. « L’histoire s’est toujours écrite comme ça. On va travailler juste pour ça », avait lancé, prophétique, le député de Chomedey (réélu), Guy Ouellette.

 

De fait, Laval au grand complet a basculé dans le camp libéral.

4 commentaires
  • Guy Desjardins - Inscrit 8 avril 2014 09 h 17

    LBB n'aura pas la chance de voir PKP à l'oeuvre.

    Je prédit que PKP ne restera pas longtemps pour le PQ. Beaucoup de personnes dans ce Parti veulent être Chef et parfois les couteaux volent bas et c'est du déjà vu. Hier soir le discours de PKP n'était pas approprié et non préparé. Il n'a tout simplement pas la tête d'un Chef. Je persiste à dire que PKP a été très mal conseillé ce qui a coûté le poste à Mme Marois. PKP sa place n'est pas dans un parti politique mais dans les affaires. Léo Bureau-Blouin devra retouner aux études et surtout oublier les carrés rouges.

  • Carroll Roy - Inscrit 8 avril 2014 17 h 57

    Merci Léo...

    Quel vent de fraîcheur... Un politicien avant son temps. N'abandonnez jamais.
    Revenez nous en politique. Vous êtes la solution pour faire du Québec, un Québec fier et indépendant.

  • Guy Desjardins - Inscrit 8 avril 2014 19 h 32

    Mme Carroll Roy.

    Hi! Hi! Hi! Je n'ai que rire de votre commentaire.

  • james schauer - Inscrit 9 avril 2014 11 h 34

    Le movement est fini.

    C'est fini.