Presque toutes rouges

Québec — Pas de mystère à Québec : tout — ou presque — y est devenu rouge lundi, y compris la circonscription de Pauline Marois, Charlevoix, emportée par Caroline Simard, une entrepreneure. Le Parti libéral a au surplus récupéré l’ensemble des circonscriptions qu’il avait perdues en 2012 et y a effectué plusieurs gains. Alors que la CAQ y avait fait des percées importantes il y a 18 mois, lundi elle a pratiquement été balayée de la carte, conservant seulement ses fiefs adéquistes de Chauveau et de La Peltrie, représentés respectivement par Gérard Deltell et Éric Caire. En début de campagne, le Parti québécois rêvait d’y faire des percées. Mais lundi, il s’est retrouvé dans la plupart des cas en troisième place. Seule Agnès Maltais, dans Taschereau, a su résister à la déferlante rouge, par une mince marge de quelque 450 voix.

 

À Québec, plusieurs libéraux effectuent un retour : Raymond Bernier, dans Montmorency, en avait été chassé en 2012 par la caquiste Mycheline St-Laurent, battue lundi par plus de 2500 voix. Dans Vanier-Les-Rivières, c’est l’ancien député libéral Patrick Huot qui a délogé celui qui l’avait envoyé à la maison en 2012, le caquiste Sylvain Lévesque.

 

Autre retour libéral, celui de Michel Matte dans Portneuf, qui a repris le siège du caquiste Jacques Marcotte, qui le lui avait enlevé en 2012. Tous les libéraux qui avaient su conserver leur siège en 2012, les Yves Bolduc (Jean-Talon), Sam Hamad (Louis-Hébert), André Drolet (Jean-Lesage), ont aisément réussi à les conserver, souvent en augmentant leur majorité. Yves Bolduc s’est dit surpris de l’ampleur de la victoire libérale.

 

Les rouges de la capitale comptent de nouveaux visages : dans Charlesbourg, l’ex-doyen de la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval, François Blais, a enlevé un siège à la CAQ. C’est un retour au rouge pour cette circonscription, qui a été représentée de 2003 à 2012 par l’ancien recteur de l’Université Laval, Michel Pigeon. Le passage à l’Assemblée nationale de l’ancienne conseillère municipale de l’Équipe Labeaume, Denise Trudel, de la CAQ, aura été de courte durée. Elle est arrivée deuxième devant l’ancienne journaliste Dominique Payette, professeure à l’Université Laval et ex-mairesse de Lac-Delage.

 

Sur la Rive-Sud, le comptable caquiste Christian Dubé, qui s’était imposé comme le véritable numéro 2 de la Coalition avenir Québec,est réélu.

 

Cinq rouges sur cinq en Mauricie

 

La Mauricie a aussi tourné au rouge écarlate. Le PQ y a perdu ses uniques représentants : Luc Trudel dans Saint-Maurice et Noëlla Champagne dans Champlain. Élue dans Champlain en 2003, Mme Champagne en avait été chassée en 2007 par la vague adéquiste. Mais en 2008, elle avait regagné son siège aux dépens de Pierre-Michel Auger, qui était passé de l’ADQ au PLQ. C’est justement ce dernier qui a récupéré son siège lundi pour le PLQ. Dans Saint-Maurice, c’est le libéral Pierre Giguère qui a battu le péquiste Luc Trudel.

 

Dans Trois-Rivières, l’ancien journaliste et candidat vedette du PQ Alexis Deschênes a perdu son pari, lui, un Gaspésien, de se faire élire en Mauricie. En élisant le libéral Jean-Denis Girard, Trois-Rivières honore donc sa tradition de « circonscription baromètre » puisque depuis 1966 (à l’exception de 2007 et 2012) ses électeurs ont toujours élu le candidat du parti qui a formé le gouvernement. En 2012, la libérale Danielle Saint-Amand, qui ne s’est pas représentée lors de ce scrutin pour des raisons de santé, l’avait emporté avec 1001 voix d’avance contre Djemila Benhabib. Dans Laviolette, l’ancienne ministre libérale Julie Boulet a plus que doublé sa majorité.

1 commentaire
  • François Dandurand - Inscrit 9 avril 2014 23 h 08

    Une réponse claire

    Il n'y a que ça à dire. Ici on ne peut pas parler de votes ethiniques ou anglos. Le message péquiste ne passe pas. Une débandante historique qui nécessite une réflexion historique de ce parti s'il ne veut pas finir comme l'Union Nationale. Il faut dire que depuis la création de Québec Solidaire et d'Option Nationale, le PQ ressemble de plus en plus a feu l'Union Nationale.