Les hauts et les bas de Legault

Malgré les sondages, dans lesquels il récolte 20% des intentions de vote, François Legault reste optimiste.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Malgré les sondages, dans lesquels il récolte 20% des intentions de vote, François Legault reste optimiste.

Le chef de la CAQ, François Legault, s’affaire ces jours-ci à des exercices de visualisation dans lesquels l’« entrepreneur-gestionnaire » vogue vers la victoire.

 

Tout cela malgré 20 % des intentions de vote dans les sondages d’opinion ? « Un athlète qui ne vise pas la médaille d’or ne gagnera jamais la médaille d’or », rétorque le comptable agréé.

 

À 48 heures du scrutin, M. Legault refuse obstinément de conjecturer sur le sort de la CAQ advenant l’élection d’un gouvernement libéral ou péquiste. En revanche, il détaille avec plaisir le programme des 100 premiers jours d’un gouvernement caquiste ou la composition de son éventuel conseil des ministres. « Après l’hiver libéral et péquiste, [M. Legault] promet le printemps caquiste. »

 

L’autobus de la CAQ s’arrêtera lundi soir dans la circonscription de L’Assomption, après une campagne difficile — souvent dans l’ombre de celles du PQ et du PLQ. Impuissant, M. Legault a vu ses électeurs passer vers les camps du PQ, puis du PLQ. L’amateur de tennis et de hockey — mais moins de bowling — a dû mener une campagne sportive afin d’attirer l’attention des électeurs sur sa promesse d’alléger le fardeau fiscal des familles québécoises. « Ça fait quarante ans qu’on a des vieilles chicanes sur la Constitution. Pendant ce temps, on n’a pas modernisé notre État », a souvent répété M. Legault, mais en vain.

 

Livrant la « bataille de sa vie », l’homme politique de 56 ans n’était pas prêt à baisser les bras. À mi-parcours, il a plutôt jeté les gants face à ses adversaires, ne manquant pas une occasion de rappeler le « deal » entre le couple Marois-Blanchet et la FTQ, ou encore les liens d’affaires noués entre Philippe Couillard et Arthur Porter. Il a aussi haussé le ton devant la montée du chef libéral, accusant ce dernier de ne pas « [avoir] de couilles », et de faire sien le « bilan de merde » de son prédécesseur Jean Charest.

 

Contrairement aux « deux vieux partis », la CAQ montre patte blanche, mais surtout a le « courage » de dire non, notamment au très populaire maire de Québec, Régis Labeaume. Pour le meilleur et pour le pire. « On n’a personne à protéger. Je ne dois rien à personne », a fait valoir M. Legault entre deux arrêts dans une Cage aux Sports.

 

La performance livrée par François Legault au Face-à-Face de TVA a offert un nouveau souffle à la campagne de la CAQ, lui permettant de donner le ton à différents moments. La polarisation des voix entre les familles fédéraliste et souverainiste s’est estompée, et la CAQ a retrouvé vie.

 

Avec sa baisse de taxes de « 1000 piastres », l’auteur du Projet Saint-Laurent a forcé Pauline Marois et Philippe Couillard à promettre à leur tour de resserrer les dépenses publiques et d’alléger le fardeau fiscal des Québécois.

 

Jusqu’au bout, François Legault soutient être le seul apte à administrer le « remède de cheval » nécessaire afin de relever le Québec.

 

Grand champion d’un « pool » de hockey auquel pas moins de 20 000 personnes avaient participé, le chef de la CAQ a été appelé vendredi à prédire l’issue de l’affrontement en cours. « Ç’a été difficile en première. On avait un « goon » [Philippe Couillard] qui faisait peur au monde en première période. En deuxième période, il y a quelqu’un [Pauline Marois] qui a essayé de ramener un vieux joueur [Janette Bertrand] pour parler d’une charte, mais ça n’a pas fonctionné. En troisième période, on a vu notre équipe prendre le contrôle, parler des vrais sujets, compter plusieurs buts. Je pense qu’on va gagner le match lundi. »

1 commentaire
  • Carroll Roy - Inscrit 5 avril 2014 15 h 11

    La CAQ fait reculer le Québec...

    En 2012, il misait sur l'opportunisme (le désenchantement des québécois envers charest),
    En 2014, la CAQ est le parti d'un seul homme, une femme à ses côtés. lego tient mordicus plus au titre de premier ministre pour son cv. C'est le messie, celui qui pose des questions sans fournir de réponse crédibles. Plusieurs voteurs sont tombés dans le panneau... ils voteront à la Rob Ford...

    Une petite statuette, m. lego avec ça?