Environnement : pas une priorité pour le PLQ

Philippe Couillard a promis de nommer un ministre délégué aux Petites et moyennes entreprises (PME) s’il est porté au pouvoir lundi prochain. Ce ministre aura pour mission « la défense et la promotion » des PME, qui à elles seules génèrent 80 % des nouveaux emplois au Québec.
Photo: La Presse canadienne (photo) Ryan Remiorz Philippe Couillard a promis de nommer un ministre délégué aux Petites et moyennes entreprises (PME) s’il est porté au pouvoir lundi prochain. Ce ministre aura pour mission « la défense et la promotion » des PME, qui à elles seules génèrent 80 % des nouveaux emplois au Québec.
Sherbrooke – Au même titre que la culture, l’environnement n’est pas une priorité du Parti libéral du Québec (PLQ), a indiqué Philippe Couillard jeudi. Mais le chef libéral entend tout de même essayer de suspendre les forages exploratoires à Anticosti s’il prend le pouvoir.

« Le message qu’on envoie, c’est qu’on va avoir un gouvernement qui va se concentrer, pas totalement, mais très majoritairement, à l’économie et l’emploi », a lancé M. Couillard jeudi matin. « Ça ne veut pas dire qu’on ne s’intéressera pas » au reste, a-t-il ajouté. Mais ça ne fait pas partie des « vraies affaires » au sens où M. Couillard l’entend.

Trop vite

Interrogé sur ses intentions en matière d’environnement (la plateforme libérale étant muette à ce sujet, comme pour celui de la culture), Philippe Couillard a tout de même mis de l’avant certaines idées jeudi. La première étant de suspendre les forages à Anticosti, le temps de mener une étude environnementale stratégique complète sur le pétrole au Québec.

« C’est ce que je souhaite [suspendre], a indiqué M. Couillard. Mais l’entente signée par l’État est peut-être liante. On va la regarder de façon très attentive. » La méthode libérale est à l’envers de celle du gouvernement Marois, pour qui les forages doivent précéder les études environnementales — les premiers fournissant des informations aux secondes.

Dans le dossier Anticosti, où le gouvernement a signé une entente de 115 millions pour prendre part dans deux sociétés qui exploreront le pétrole de schiste, Philippe Couillard estime que le Parti québécois est allé trop vite. « On a brûlé des étapes, malheureusement. »

« Il est possible qu’il y ait du pétrole exploitable à Anticosti, mais personne ne l’a démontré. […] Ça coûte très cher à exploiter, il faudrait faire du forage horizontal dans une zone sans infrastructure… On est passé par-dessus bien des questions essentielles pour faire un coup électoral. »

Le PLQ plaide pour étudier l’ensemble du secteur pétrolier au Québec avant d’entamer l’exploration ou l’exploitation. « Il y a trois endroits au Québec où on peut exploiter le pétrole : la péninsule gaspésienne, Anticosti et Old Harry. Ce ne serait pas très long de faire le tour de ça, de voir le rendement économique possible. » Sans quoi « on risque de faire manquer au Québec ses débuts » pétroliers, pense-t-il.

Quoi d’autre en environnement ? Au-delà du pétrole, M. Couillard fait valoir que sa stratégie maritime « comporte un important volet de développement durable ». « Dans “ développement durable ”, il y a le mot “ développement ” », a tenu à préciser M. Couillard. Il a rappelé que les libéraux veulent eux aussi l’électrification des transports.

Concernant le gaz de schiste, Philippe Couillard se montre prudent. « Actuellement, je ne crois pas que ça vaille la peine, compte tenu du bas prix de la ressource. »
M. Couillard entamait jeudi un sprint final de 30 circonscriptions qu’il visitera d’ici dimanche.

Réagissant aux propos du chef libéral, Pétrolia a tenu à rappeler qu’elle a déjà signé une entente d’affaires pour l’exploration à venir sur Anticosti. « Nous souhaitons avoir la possibilité de démontrer que ces ententes sont bonnes pour le Québec et que nous sommes en mesure, à Gaspé comme sur Anticosti, de faire un travail sécuritaire et respectueux de la population et de l’environnement », a fait valoir le directeur affaires publiques de Pétrolia, Jean-François Belleau.

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PME

Le chef libéral a annoncé jeudi qu'il entend nommer un ministre délégué aux PME s'il est élu. Celui-ci relèverait du ministre du Développement économique. 

Soulignant que ces entreprises représentent 50 % des emplois au Québec — et qu'elles créaient 80 % des nouveaux emplois —, Philippe Couillard a dévoilé un plan d'accompagnement des PME en cinq points. L'an dernier, les libéraux s'étaient opposés à la création de la Banque de développement économique, le projet péquiste d'aide aux PME.  

Pour stimuler la création d'entreprises, le PLQ faciliterait l'accès au capital patient par le biais d'un nouveau programme, Démarrage-Québec. Celui-ci offrirait une exemption d'impôt pour les investissements dans les entreprises en démarrage liées aux nouvelles technologies. 

Les libéraux aimeraient adopter le dossier et le guichet uniques des entreprises pour faciliter les formalités administratives. 

Leur plan-PME prévoit aussi un crédit d'impôt de 50 % sur les coûts de services de transport des PME (une mesure que certains estiment contraire aux règles de l'Organisation mondiale du commerce). On évoque la création d'un programme — Créativité Québec — qui fournira de l'aide pour la réalisation de certains projets d'innovation. 

Dernier point : la possibilité pour le fondateur d'une entreprise d'avoir une exemption d'impôt de 750 000 $ sur le gain en capital s'il vend à sa famille ou à ses employés.


Avec Alexandre Shields

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