Marois évoque deux mandats sans référendum

La chef du Parti québécois Pauline Marois était de passage dans la région de Montréal mercredi.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La chef du Parti québécois Pauline Marois était de passage dans la région de Montréal mercredi.

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a reconnu qu’il existe une possibilité qu’un référendum sur la souveraineté ne se tienne pas au cours des huit prochaines années, soit la durée de deux mandats d’un gouvernement péquiste.

 

« C’est possible. C’est des choses qui peuvent s’envisager », a déclaré Pauline Marois, mercredi matin, quand l’animateur Paul Arcand du 98,5 FM lui a demandé si cela se pouvait qu’il n’y ait pas de référendum ni dans un prochain mandat de son gouvernement, ni dans celui qui pourrait suivre.

 

Pour s’extirper de l’étau de l’élection référendaire resserré par les libéraux, Pauline Marois a pris l’engagement, au deuxième débat des chefs, qu’« il n’y aura pas référendum tant que les Québécois ne seront pas prêts ».

 

Or, les Québécois pourraient ne jamais être prêts. « Je voudrais tellement que ce ne soit pas le cas », a-t-elle dit à l’animateur. « À partir du moment où c’est l’engagement que je prends, il peut arriver qu’ils ne soient pas prêts et qu’on ne réussisse pas, par notre force de conviction, par la force de la démonstration, de les convaincre qu’on serait mieux servis par nous-mêmes, si c’étaient nous, les Québécois, qui prenions nos décisions plutôt que M. Harper ou que M. Trudeau éventuellement ou peu importe. »

 

Plus tard dans un point de presse en après-midi, la chef péquiste a rejeté l’idée qu’elle puisse mener les Québécois, si elle est élue, à un cul-de-sac quant à la question nationale. « Évidemment, nous sommes un parti souverainiste. Mais tant que nous n’arriverons pas à réaliser cet objectif, on va se tenir debout, on va défendre les intérêts du Québec ».

 

« Chaque fois que le Québec s’est tenu debout, nous avons gagné. Alors, dans cette perspective, nous avons un rapport de force avec Ottawa que n’a pas Philippe Couillard qui, lui, a d’ores et déjà dit qu’il était prêt à signer la Constitution », a fait valoir Pauline Marois.

 

Elle a cité l’exemple des valeurs mobilières et celui de la main-d’oeuvre, deux différends où le Québec a eu gain de cause.

 

Pauline Marois croit même pouvoir faire de nouvelles « avancées » dans le cadre canadien. Elle a évoqué l’assurance-emploi. « C’est un exemple où nous pourrions faire avancer le Québec : proposer d’assumer les pleins pouvoirs. »

 

Loi 101 et entreprises à charte fédérale

 

Pauline Marois a promis, mercredi, de soumettre les entreprises à charte fédérale, comme les banques, aux exigences de la loi 101, au même titre que les sociétés constituées sous la compétence québécoise. « M. Couillard ne réalise pas que sur le territoire québécois, il y a un régime de droit à deux vitesses », a affirmé la chef péquiste.

 

La chef péquiste est prête à légiférer en ce sens, si nécessaire. Elle a souligné que déjà 60 % des entreprises à charte fédérale établies au Québec se conforment volontairement à la Charte de la langue française en faisant en sorte que la langue de travail soit le français.

 

À Québec, Philippe Couillard s’est opposé catégoriquement à cette extension de la loi 101. « On ne touchera pas aux entreprises à juridiction fédérale, je veux être très clair », a tranché le chef libéral.

13 commentaires
  • Marc-Antoine Daneau - Inscrit 3 avril 2014 02 h 08

    PKP comme chef du PQ

    Avec cette affirmation et aussi en disant à Paul Arcand au 98.5FM que peut-être, les Québécois ne seraient jamais prêts, Mme Marois vient officieusement de démissionner de son poste de chef du Parti Québécois.

    Désormais, la course est ouverte.

    • Carroll Roy - Inscrit 3 avril 2014 17 h 02

      Simpliste comme conclusion.

  • Christian Montmarquette - Inscrit 3 avril 2014 02 h 54

    Pourquoi pas 50 ans?

    Le PQ est vraiment au fond du baril pour multiplier ainsi ses sorties antisouverainistes.

    Et après ça, les péquistes oseront encore dire que Québec solidaire qui divise le vote souverainiste! Alors que Québec Solidaire, est désormais le seul parti crédible qui tient fort de l’indépendance, avec un déhanchement automatique du processus de l'indépendance dans les 6 mois d'une prise du pouvoir.

    Avec ses deux mandat sans référendum, le PQ n'est désormais pas plus souverainiste que la CAQ.

    Ces élections auront au moins eues ça de bon, que de mettre un terme à toute crédibilité du PQ sur le sujet.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 3 avril 2014 09 h 33

      Correction.

      Une coquille s'est glissée dans mon commentaire ci dessus.
      Veullez plutôt lire :

      « Québec Solidaire est désormais le seul parti crédible qui tient fort de l’indépendance, avec un «déclanchement» automatique du processus de l'indépendance dans les 6 mois d'une prise du pouvoir.»

      Et pour ceux et celles qui en douteraient encore, voici le texte officiel de Québec solidaire :

      Un pays démocratique et pluriel :

      http://www.quebecsolidaire.net/wp-content/uploads/

    • Sylvain Auclair - Abonné 3 avril 2014 11 h 55

      QS ne propose aucun mécanisme vers la souveraineté. Il propose une assemblée constituante qui pourra, si elle le désire, proposer un référendum pour la souveraineté, mais ce n'est pas sûr.

      Tiré de la plateforme de QS:

      «Afin de permettre au peuple québécois d'exercer cette souveraineté populaire, notamment sur le contenu du débat et la conclusion de la question nationale, Québec solidaire s'engage à enclencher, dès son arrivée au pouvoir, une démarche d'Assemblée constituante.»

      «Après l’élection de l’Assemblée constituante, celle-ci aura la responsabilité et les moyens de mener un vaste processus de démocratie participative visant à consulter la population du Québec sur son avenir politique et constitutionnel, de même que sur les valeurs et les institutions politiques qui y sont rattachées. En fonction des résultats de la démarche --qui devront être connus de la population et dont l’Assemblée constituante aura l’obligation de tenir compte-- cette dernière élaborera un projet de constitution.

      Les propositions issues de l’Assemblée constituante, y compris celle sur le statut politique du Québec, seront soumises au choix de la population par référendum, ce qui marquera la fin du processus.»

    • Charles Lebrun - Abonné 3 avril 2014 18 h 51

      Madame Salette, j'ai une question pour vous. Si je suis un pollueur impénitent (je déteste les transports en commun), un antisyndicaliste, et plutôt de centre droite... mais tout de même indépendantiste. Dans quel parti ai-je ma place? Certainement auprès de QS. Ce qui prouve que QS est d'abord et avant tout un parti de gauche et accessoirement indépendantiste! Pour du clientélisme! Car, vous n'êtes pas sans savoir, que le PQ possède un lot de membre déçu de "virage" au centre des dernières années. Le message ambigu de M. Kadir à CTV prouve bien que votre parti est d'abord et avant tout un parti de gauche!

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 3 avril 2014 22 h 53

      M. Auclair, je vais reprendre votre argumentaire:

      «Le PQ ne propose aucun mécanisme vers la souveraineté. Il propose de tenir un référendum où les électeurs pourront, si ils le désirent, opter pour la souveraineté, mais ce n'est pas sûr.»

      QS propose d'impliquer les citoyens en amont du processus référendaire. Après DEUX échecs référendaires péquistes, cette proposition devrait pourtant sembler des plus sensées. À moins que vous ne préfériez mieux vous frapper la tête dans un mur à répétition dans l'espoir d'avancer.

  • Paolo Mitriou - Inscrit 3 avril 2014 07 h 51

    Nous serons prêts avant que le fruit soit mûr

    Qu'est-ce que vous avez envie d'entendre? Une Pauline Marois qui dit qu'il n'y aura pas de référendum tant que les québécois ne seront pas prêts ou un Philippe Couillard qui vous dira, à répétition, mois après mois, année après année, qu'il n'y aura pas de nouvelle ronde de négociations constitutionnelles pour ramener le Québec à la place qui lui reviendrait dans le Canada parce que "le fruit n'est pas mûr" ou parce que "la terre n'est pas fertile"? Pendant près d'une décennie Jean Charest nous a répété ces formules farfelues, complètement vides de sens pour anesthésier les représentants des médias et la nation québécoise au complet. Franchement, j'aime mieux savoir qu'on pourra nous proposer la souveraineté du Québec quand nous seront prêts pour cette option quand on nous la proposera plutôt de d'attendre un fruit qui ne sera jamais mûr et qui ne poussera jamais parce que la terre n'est pas fertile. Dans les faits nous avons le choix entre la souveraineté et le statu quo et cela ne changera jamais, n'en déplaise aux fédéralistes qui attendent toujours un fruit mûr alors que ce fruit n'est qu'un concept abstrait qui, s'il avait déjà existé est depuis longtemps desséché, tombé de l'arbre, moisi, pourri et transformé en compost sur une terre infertile. Pourquoi les libéraux n'ont pas le courage de dire que leur position constitutionnelle c'est le statu quo et rien d'autre et que cela ne changera jamais?

  • Guy Desjardins - Inscrit 3 avril 2014 10 h 26

    Deux mandats sans référendum?

    Ça sent à plein nez la panique. L'article premier du PQ est un référendum suivi de la séparation du Québec, c'est écrit noir sur blanc. Après deux, ça va être trois, quatre etc... Mme Marois, M. Legault vous l'a dit très bien lors du débat des chefs, que vous étiez déconnectée de la réalité et je crois que vos suporteurs aussi et ils devront se choisir une autre avenue. Si vous ne voulez faire de référendum pour la séparation du Québec d'avec le Canada, alors votre Parti devient caduc via votre article principal de votre programme. Si j'ai tort faites le- moi savoir. Pour la bonne raison que plus de 68% ne gens ne veulent pas de séparation et 32% pour, alors? GD.

  • Caroline Laurin - Abonnée 3 avril 2014 10 h 31

    Lâchez-moi la nostagie et désertez ce parti débilitant

    C'est maintenant rendu 2 mandats sans référendum... franchement les souverainistes, quel intérêt peut-il bien y avoir à voter pour le parti Québécois, un parti qui ne fait absolument rien pour nous rendre plus souverain chez-nous.

    Ce parti applaudis et n'entend pas remettre en question les ententes de libre-échanges négociées et signées secrètement par Ottawa, ententes qui abdiquent notre souveraineté politique au nom d'un libre-échangisme malsain qui distord notre économie, nivelle vers le bas nos conditions de travail, nos exigences environnementales et notre capacité à maintenir une fiscalité juste.

    Le libre-échange dans sa forme actuelle, c'est à terme la disparition du politique, au profit de l'économique, des pays gouvernés par les détenteurs d'actifs, placés au dessus des lois. À quoi pourrait bien rimer un Québec Inc. Souverain ? Votre nostalgie du "maîtres chez nous" vous aveugle et vous empêche de reconnaître tous les tors qu'on causé au Québec les passages successifs de Lucien Bouchard, Bernard Landry et Pauline Marois au pouvoir.

    Un projet pour le Québec de demain, ce n'est pas pour moi seulement identitaire ou linguistique, ce doit être un projet social, un vivre-ensemble que l'on se choisi.