Votez PQ, dit Marc Bellemare

En froid avec les libéraux depuis plusieurs années, M. Bellemare a envoyé dimanche une lettre ouverte qui plaide <em>«qu'il faut éviter de remettre les rênes du pouvoir au Parti libéral du Québec qui fait actuellement l'objet de nombreuses enquêtes criminelles»</em>.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir En froid avec les libéraux depuis plusieurs années, M. Bellemare a envoyé dimanche une lettre ouverte qui plaide «qu'il faut éviter de remettre les rênes du pouvoir au Parti libéral du Québec qui fait actuellement l'objet de nombreuses enquêtes criminelles».
L'ancien ministre libéral Marc Bellemare estime qu'un retour au pouvoir des libéraux n'est «pas souhaitable» et que la «prudence est de mise» face aux libéraux tant que la commission Charbonneau n'aura pas fait la lumière sur les pratiques du parti. Dans les circonstances, il invite les électeurs à voter pour le Parti québécois. 

En froid avec les libéraux depuis plusieurs années, M. Bellemare a envoyé dimanche une lettre ouverte qui plaide «qu'il faut éviter de remettre les rênes du pouvoir au Parti libéral du Québec qui fait actuellement l'objet de nombreuses enquêtes criminelles».

Selon lui, «le poing levé de Pierre Karl Péladeau en faveur de l'indépendance du Québec est un geste spectaculaire qui a fait basculer la campagne électorale dans une fausse élection référendaire. Les libéraux en ont profité pour tenter de faire oublier leur bilan désastreux au plan de l’éthique. C’est essentiellement la même équipe que Philippe Couillard propose aujourd’hui pour diriger le Québec.»

Ce débat référendaire a fait oublier le «fond de scène» principal de l'élection actuelle, estime M. Bellemare en parlant du thème de l'intégrité. Il rappelle que le gouvernement Charest a «ignoré pendant deux longues années la demande insistante de plus de 80 % des Québécois de mettre en place la commission Charbonneau». Ce délai fait en sorte que l'élection 2014 se déroule sans que la commission n'ait pu étudier encore la question du financement des partis politiques, «là où logent les pires craintes», dit l'avocat. 

«Entre le manque d'appétit du peuple québécois pour un troisième référendum sur l'avenir constitutionnel du Québec et le risque de redonner le pouvoir aux libéraux sur lesquels reposent les soupçons les plus lourds, il n'y a, à mon avis, aucune hésitation à avoir. Le Québec ne peut d'aucune façon replonger dans le manque d'intégrité, sous peine de voir son économie en souffrir et le cynisme atteindre un niveau inégalé», écrit Marc Bellemare.

Encore le même parti

Celui-ci juge que le parti de M. Couillard est encore trop le même que celui dirigé par Jean Charest. Dans les circonstances, «les libéraux ne méritent pas l'absolution des électeurs. Pas maintenant, du moins.»

M. Bellemare estime que Pauline Marois, «de tous les chefs péquistes qui ont défilé depuis 50 ans, est sûrement la plus raisonnable et le plus pragmatique sur la question nationale. C’est pourquoi je suis convaincu qu’un nouveau gouvernement dirigé par Pauline Marois, même majoritaire, ne tiendra pas de référendum dans un prochain mandat.»

«Les Québécois ne doivent donc pas laisser la proie pour l'ombre, ajoute-t-il. Le prochain gouvernement devra principalement se consacrer à remettre l'État et ses institutions sur le chemin d'une intégrité sans faille. Pour l’heure, en attendant le rapport final de la commission Charbonneau, je suis convaincu que seul le Parti québécois est en mesure de mener à bien cette mission primordiale.»

M. Bellemare avait déjà indiqué en début de campagne qu'il souhaitait l'élection du Parti québécois. En 2012, il avait appuyé le candidat péquiste dans Sherbrooke, Serge Cardin.

Marc Bellemare a été ministre de la Justice pendant la première année du gouvernement Charest. En 2010, les allégations qu'il avait soulevées sur le processus de nomination des juges de la Cour du Québec avait mené à la mise en place de la commission Bastarache. M. Bellemare disait avoir été au centre d'un trafic d'influence de collectes de fonds du PLQ.

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