«J’ai rarement été aussi pessimiste»

Jean-François Lisée a accompagné sa chef, Pauline Marois, lors d’une annonce concernant la Charte de la langue française.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Jean-François Lisée a accompagné sa chef, Pauline Marois, lors d’une annonce concernant la Charte de la langue française.

L’inaltérable optimisme qui anime Jean-François Lisée s’est évanoui : le ministre sortant ressent un profond pessimisme quant à la possibilité de tenir un référendum lors d’un prochain mandat majoritaire d’un gouvernement du Parti québécois.

 

« Franchement, moi, j’ai toujours été optimiste [au sujet de] la souveraineté, vous savez. J’ai rarement été aussi pessimiste que maintenant », a livré l’ex-conseiller de Jacques Parizeau, vendredi en matinée, en marge d’une conférence de presse au cours de laquelle la chef péquiste, Pauline Marois, s’est engagée à faire adopter une nouvelle Charte de la langue française.

 

La réaction des Québécois à l’évocation d’un référendum dans cette campagne — réaction dont s’est emparé le Parti libéral du Québec — a surpris Jean-François Lisée. « J’ai été très frappé du signal qui a été envoyé par les Québécois au début de cette campagne. Très frappé. »

 

« Le message était beaucoup plus fort que je ne le pensais. Alors il faut respecter ça. […] Les électeurs ont toujours raison », a ajouté le ministre sortant.

 

À l’écoute

 

« C’est sûr que ça me désole, a-t-il dit. Il y a une grande crainte de l’échec. Et on la partage ; elle est légitime. » Même certains souverainistes « pensent qu’on ne gagnera pas. Ça fait qu’ils ne veulent pas de référendum. Je les comprends. On les écoute. Donc, c’est ça ; l’analyse est aussi simple que ça ».

 

« Un référendum dans le [prochain] mandat, on le voit bien : comme l’a dit Mme Marois, ils n’en veulent pas. S’ils n’en veulent pas, il n’y en aura pas. Alors, on va se concentrer sur autre chose », a poursuivi Jean-François Lisée.

 

Est-il encore « pressé » de faire la souveraineté, comme il le déclarait devant des étudiants de l’Université de Montréal la semaine dernière. « Tous les souverainistes veulent faire la souveraineté avant-hier. C’est sûr. Mais on est réaliste », a-t-il souligné.

 

En revanche, avec un gouvernement péquiste, « l’avenir est ouvert » si les Québécois, « d’ici quatre ans », en viennent à ressentir « un désir » de faire la souveraineté. « Si c’est les libéraux qui sont là, et qu’ils [les Québécois] ont ce désir-là, l’avenir va être fermé », a prévenu Jean-François Lisée.

 

Pour sa part, Pauline Marois a réitéré que l’élection portait sur le choix d’un gouvernement. « Est-ce que l’on constate que les Québécois sont prêts maintenant à tenir un référendum et est-ce que c’est l’objet du débat ? Non », tranche-t-elle. La chef péquiste ne partage toutefois pas le pessimisme de son candidat dans Rosemont. « J’ai une tendance plutôt optimiste, a-t-elle dit. Ça fait un bel équilibre dans notre équipe. »

 

En après-midi, Pierre Karl Péladeau, qui participait à une conférence de presse sur l’économie verte avec Pauline Marois et une brochette de ministres sortants, s’est montré surpris de l’état d’esprit actuel de Jean-François Lisée. « J’ai toujours été optimiste en affaires comme en politique, a-t-il signalé. Ça m’étonne que Jean-François soit pessimiste parce que lui aussi, c’est un optimiste de nature. »

49 commentaires
  • Réjean Dumais, ing. - Inscrit 29 mars 2014 04 h 34

    Faire autre chose...

    Bonjour !

    « Un référendum dans le [prochain] mandat, on le voit bien : comme l’a dit Mme Marois, ils n’en veulent pas. S’ils n’en veulent pas, il n’y en aura pas. Alors, on va se concentrer sur autre chose », a poursuivi Jean-François Lisée.

    Autre chose : Poursuivre la conception du projet de société avec Québec solidaire, et ce, quel que soit le résultat du 7 avril prochain.

    Bonne fin de campagne !

    • Nestor Turcotte - Inscrit 29 mars 2014 10 h 19

      Mais, René Lévesque disait que le Québec ne pouvait pas avoir UN bon gouvernement dans le régime fédéral actuel. Que le régime fédéral était une maisons de fous...

      S'il voit son parti agoniser sur la question fondamentale, il doit se dire qu'il s'est trompé et qu'on n'est pas quelque chose comme un GRAND PEUPLE.

      Et les dirigeants actuels ne se morfondent pas à continuer son oeuvre.C'est pourquoi, je ne voterai pas PQ. C'est le PQ, par son inaction, sa soif du pouvoir qui a tué le PQ de René Lévesque. RIP.

  • Nasser Boumenna - Abonné 29 mars 2014 05 h 00

    Intox

    Tout ça sent l'intox, pour mieux perdre l'électeur. Qu'ils s'entendent pour dire à l'unisson qu'ils ne feront pas de référendum durant le prochain mandat et on saura à quoi s'en tenir. Le hic est que s'ils le disent, ce sera la fin de ce parti.

  • Pierre Vincent - Inscrit 29 mars 2014 06 h 01

    Un gouvernement pour faire quoi, au juste ?

    Un gouvernement pour gouverner, sans doute, qui ne respecte pas ses promesses et renonce avant même l'élection à sa raison d'être, réaliser la souveraineté du Québec ? NON, MERCI...

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 29 mars 2014 11 h 37

      Pourriez-vous m'expliquer comment un gouvernement minoritaire pourrait réaliser l'ensemble de ses promesses, ou même la moitié? En 18 mois en plus.

      Un gouvernement minoritaire n'est à l'avantage de personne sauf des partis d'oposition, et surtout pas du peuple. Et notez que je ne suis même pas péquiste.

      Céline A. Massicotte, indépendantiste de la première heure et électron libre.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 31 mars 2014 23 h 57

      Parole de politicien, tordue comme un Pretzel...Si Marois affirme qu'elle ne tiendra pas de référendum dans le prchain mandat, elle perd sa base de purs et durs (30%)..Si elle affirme qu'elle en tiendra un, elle perd les deux tiers des québécois...

      Alors on laisse la porte ouverte pour accueuillir les voteurs des deux bords en ellaborant une formule ambigue...Seuls les naifs (et on compte toujours qu'il y en a un bon nombre) pensent que madame Marois n'utilisera pas une majorité pour manipuler les masses avec le fameux livre blanc et n'utilisera pas les deniers publiques pour mousser son option.. Sans oublier les chicanes manufacturées avec le fédéral pour prouver que ce régime ne marche pas...

      À quand le budget de l'AN UN??

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 1 avril 2014 00 h 03

      À propos d'électrons, madame Massicotte, quand les sondages donnaient 44% en faveur de l'indépendance, tous les commentateurs dans ce forum s'agitaient bien fort comme les petits électrons d'un liquide en ébullition...

      Aujourd'hui que les sondages ne sont plus en faveur du PQ, les petits électrons ont pas mal ralenti...et ont tous les doutes sur la véracité de ces sondages..

  • Franck Perrault - Inscrit 29 mars 2014 06 h 23

    Il faut donner l'envie!

    A en croire les sondages, le OUI récolterait autour de 40%, à peu près ce qui est la tendance actuelle en Ecosse à 6 mois d'un référendum!!!
    40% sans faire aucune campagne sur le sujet au Québec, sans proposer une vision, donner envie, expliquer ce que serait un Québec indépendant, je trouve que c'est une bonne base. Le PLQ ne fait qu'une campagne de peur sur le thème sans proposer de renouvellement d'une fédération canadienne incapable de prendre en compte les particularités du Québec! Alors, ils crient au loup, et c'est suffisant pour effrayer, et les souverainistes qui ne comptaient pas faire un débat sur la souveraineté tout de suite sont restés pantois, sur la défensive car tel n'est pas le sujet de cette campagne!
    Bien joué le PLQ, le PQ s'est admirablement planté car il a mis la charrue avant les boeufs!!! Tout bon agriculteur sait qu'il faut bien nourrir, élever ses animaux et mettre l'attelage dans le bon ordre!!!!!
    Donc, si je vous ai bien compris, vous êtes en train de me dire "à très bientôt!!!"
    Vivement un vrai Printemps Québécois dans le respect de tous, sans langue de bois, et avec un beau projet pour une société heureuse!

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 1 avril 2014 00 h 08

      Un budget de l'an un!

      Voilà une façon scientifique de persuader de la viabilité d'un QC indépendant...Bien-sûr, un QC indépendant serait viable mais à quel niveau? Combien de décades pour compenser les conséquences d'une instabilité sociale et économique?

  • Marcel Bernier - Inscrit 29 mars 2014 06 h 33

    C'est la fin de l'hiver!

    Ça ira mieux au printemps. C'est vrai, quand même: le fait d'être enfermé plus souvent qu'autrement, le manque de lumière parfois. Ne vous en faites pas, monsieur Lisée, un peu de repos et l'optimisme reviendra au galop.
    C'est que nous sommes d'un peuple bien patient, bien gentil quand même, qui ne ferait pas de mal à une mouche. Alors, oui, parions sur l'affirmation tranquille! Tout arrive à point à qui sait attendre.