La vétusté des écoles, grande oubliée de la campagne électorale

À Montréal, l'école primaire Saint-Gérard est l'une de celle à avoir reçu du financement pour sa réfection en janvier 2013.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir À Montréal, l'école primaire Saint-Gérard est l'une de celle à avoir reçu du financement pour sa réfection en janvier 2013.

Complètement évacuée de la présente campagne électorale, la question de la vétusté du réseau scolaire montréalais demeure extrêmement préoccupante, affirme la Coalition pour des écoles saines à la Commission scolaire de Montréal (CSDM). Le regroupement de 75 organismes s’inquiète que le dossier de la présence de moisissures dans les écoles n’ait pas été abordé par les principaux partis depuis le déclenchement des élections.

 

Le silence des principales formations politiques à cet égard constitue un « déni de la réalité », selon l’un des porte-parole de la Coalition, Jacques Dionne, du Comité central des parents de la CSDM. La situation est urgente, affirme-t-il.

 

Des investissements de près de 100 millions de dollars par an, pour les dix prochaines années, seraient nécessaires pour enrayer de façon durable les problèmes qui minent la qualité de l’air dans les écoles de Montréal. Or, aucun parti ne propose de plan concret pour financer la rénovation et la reconstruction d’écoles où la présence de moisissures a été détectée.

 

Loin d’être assez

 

« Le Parti québécois nous rappelle que leur gouvernement a déjà investi 43 millions de dollars pour cela à la CSDM. Mais c’est vraiment loin d’être assez », affirme la présidente de l’Alliance des professeurs de Montréal, Catherine Renaud.

 

Sur les huit écoles de la CSDM fermées à cause de moisissures, seules les écoles Saint-Gérard dans Villeray et Baril dans Hochelaga-Maisonneuve ont reçu à ce jour la garantie de financement.

 

Et malgré les 10 millions accordés pour l’école Saint-Gérard en janvier 2013 et les 19 millions consentis pour la démolition et la reconstruction de l’école Baril en octobre 2013, les travaux ne sont toujours pas commencés. Les plans et devis sont prêts, mais les permis de démolition et de construction tardent à êtreaccordés par la Ville de Montréal, ces deux écoles étant considérées comme des édifices patrimoniaux.

 

Les élèves et le personnel sont déplacés « comme des réfugiés dans des installations temporaires d’une école secondaire depuis près de deux ans », dit Mme Renaud. Dans certains cas, les élèves ont à parcourir 25 kilomètres en autobus scolaire chaque matin pour se rendre à l’école, dit-elle.

 

Santé et apprentissage

 

« Il est urgent d’agir pour que les communautés de ces écoles puissent compter sur des conditions d’apprentissage, d’enseignement et de travail facilitant la réussite. Celles et ceux qui aspirent à former le prochain gouvernement ont le devoir de s’engager et de proposer dès maintenant des solutions durables et efficaces pour reconstruire les écoles fermées et rénover celles qui affectent la santé des élèves et du personnel », ajoute la porte-parole.

 

De façon plus générale, au-delà de l’enjeu même des moisissures, le parc immobilier dans son ensemble a besoin d’unréinvestissement important.

 

Des questionnaires ont été envoyés par le regroupement aux chefs des principaux partis politiques et aux différents candidats de circonscriptions de Montréal. Les réponses — lorsqu’il y en a eu — n’ont pas satisfait la Coalition. « Les partis sont frileux, déplore Mme Renaud. Si on a à coeur la santé et la sécurité de nos élèves et du personnel, c’est une priorité, la rénovation d’école. On ne peut passer à côté. »

3 commentaires
  • Roxane Bertrand - Abonnée 28 mars 2014 09 h 21

    Priorité

    Les québécois ont parlé. Ils préfèrent donner de l'argent aux médecins, et ce sans demander plus de productivité, plutôt que d'investir dans la jeunesse. Comme plusieurs le disent :"les jeunes!".

    Investir dans l'avenir de leur enfant et de leur petits enfants, de la richesse à long terme, semble absurde à tant de gens qui n'en voit pas l'intérêt car n'y perçoivent aucun gain personnel immédiat.

    Attention, ce n'est pas tous les québécois qui n'ont pas de vision d'ensemble et d'avenir, mais ceux-là ne semblent pas avoir un gros poids démographie(électoral).

    Il risque d'y avoir plus grand malheur que de la moisissure dans les écoles avant que le Québec réalise que sa premier richesse est sa population, et que plus elle sera instruite, plus le Québec sera riche.

  • André Le Belge - Inscrit 28 mars 2014 10 h 49

    Priorités

    Quelles taient les priorités du gouvernement Charest? Permettre une surfacturation des travaux publics de l'ordre de 30 % ou rénover les écoles?