​Marois connait bien les quotas de financement, dénonce Legault

«[Au PQ], moi à chaque année, j’avais à amasser à peu près 80 000 dollars parce que j’étais senior», a déclaré François Legault, taxant d’hypocrisie son adversaire péquiste.
Photo: - Archives Le Devoir «[Au PQ], moi à chaque année, j’avais à amasser à peu près 80 000 dollars parce que j’étais senior», a déclaré François Legault, taxant d’hypocrisie son adversaire péquiste.
Les élus du Parti québécois subissaient aussi une «pression» afin d’atteindre des quotas de financement, a révélé le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, mercredi avant-midi.

«Ce n’était pas différent au PQ de ce que c’était au Parti libéral», a lâché l’ancien ministre péquiste sur les ondes du 98,5 FM, ne supportant plus de voir Pauline Marois dénoncer les quotas de financement imposés aux ministres libéraux.

«[Au PQ], moi à chaque année, j’avais à amasser à peu près 80 000 dollars parce que j’étais senior», a déclaré M. Legault, taxant d’hypocrisie son ancienne collègue. 

La chef du PQ, Pauline Marois, rappelle périodiquement la consigne donnée à chacun des ministres libéraux de recueillir la rondelette somme de 100 000 $ annuellement afin de garnir les coffres de la formation politique.

«[Le PLQ] a posé des gestes dans le passé qui sont inquiétants. […] Ce n'est pas moi qui ai inventé que chaque ministre devait amasser 100 000$ pour financer le Parti libéral», a-t-elle déclaré en début de semaine.

Lorsque le PQ était au pouvoir, de 1994 à 2003, les élus péquistes devaient aussi participer au financement du parti politique. Ils se voyaient confier la récolte d’un montant entre 10 000 et 80 000 $, a fait valoir M. Legault lors d’un point de presse au quartier général de la CAQ dans le sud-ouest de Montréal. 

Pour déterminer le montant à amasser par chacun des élus, «il y avait une formule compliquée» tenant compte, entre autres, de leur expérience et de leur circonscription, a-t-il expliqué.

«Regarder un petit peu de travers»

L’état-major du PQ — ainsi que d’autres élus — exerçaient une «pression» sur ceux et celles peinant à atteindre leurs cibles de financement, a indiqué M. Legault. «[Au caucus,] on amenait la liste [montrant] qui a atteint quel pourcentage de son objectif. Évidemment, on essayait de faire honte à ceux qui étaient en bas de la liste. […] Celui qui était à 20 % se faisait regarder un petit peu de travers par tous ses collègues parce que personne n’aime ça faire du financement», a indiqué M. Legault, qui a été ministre dans les cabinets Bouchard et Landry.

«On peut penser que quelqu’un qui n’atteignait pas à répétition ses objectifs pouvait être mal vu par le ou la chef et pouvait éventuellement ne pas avoir les nominations qu’il ou elle souhaitait.»

Document à l’appui, le PQ a nié avoir fixé des cibles aussi élevées que 80 000 $ à François Legault. L’«objectif de financement populaire» le plus élevé confié au député de Rousseau a été de 74 000 $, et ce, à l’occasion de l’année électorale de 2003. Il a toutefois amassé 116 289 $, soit 1,5 fois l’objectif fixé par le parti.

«Chacun des comtés a un objectif
[établi chaque année lors d’un Conseil national]. Cet objectif s’appuie essentiellement sur le nombre de militants que l’on a au parti et parfois on regarde aussi la richesse d’un comté», a expliqué Mme Marois lors d’un point de presse à Montréal.

Les ministres n’ont donc pas nécessairement d’objectifs de financement plus ambitieux que les autres élus. «Des comtés qui n’ont jamais eu de ministres, jamais eu de députés, peuvent avoir des objectifs plus élevés que ceux qui ont des ministres», a fait remarquer la chef péquiste.

Avec Robert Dutrisac

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