Au tour du d.g. du PQ d’être interrogé par l’Unité anticorruption

Blainville — Après la directrice générale du Parti libéral du Québec, Marie-Ève Ringuette, c’est au tour du directeur général du Parti québécois, Sylvain Tanguay, d’être interrogé par des enquêteurs de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

 

Dans un communiqué diffusé mardi soir, le PQ a révélé que deux sergents-enquêteurs de l’escouade Marteau avaient rencontré « de façon informelle » en février Sylvain Tanguay et le directeur des finances et de l’administration du parti, Pierre Séguin, afin d’obtenir des renseignements sur les méthodes de financement de la formation politique et sa structure.

 

Le PQ a indiqué que l’UPAC a demandé à ce que cette rencontre demeure confidentielle. Mais puisqu’un média était au parfum — une journaliste de La Presse a posé une question à ce sujet mardi —, le parti a choisi « de rendre publique toute l’information à ce sujet afin de ne pas entretenir de confusion entre la situation du Parti libéral, qui a été perquisitionné, et celle du Parti québécois, à qui on a demandé d’expliquer sa structure et ses méthodes de financement », peut-on lire dans le communiqué.

 

Financement

 

Cherchant à prendre ses distances du PLQ, le PQ indique que ses objectifs de financement « sont établis en fonction du nombre de membres dans chaque circonscription, et non sur la base du fait que celle-ci est représentée par un député ou un ministre ».

 

Le PQ mentionne que l’UPAC a manifesté le souhait de rencontrer tous les partis politiques, mais à la Coalition avenir Québec, son porte-parole, Guillaume Simard-Leduc, a affirmé qu’une telle rencontre n’avait pas été demandée à ce jour par les enquêteurs.

 

En septembre dernier, Philippe Couillard avait révélé sans attendre que des enquêteurs de l’UPAC avaient interrogé la d.g. du parti, Marie-Ève Ringuette.

 

Une semaine auparavant en septembre, deux enquêteurs s’étaient pointés à la résidence de Québec de Philippe Couillard pour un interrogatoire de « nature administrative ». Le chef libéral avait aussi confirmé, trois mois après les faits, que l’UPAC avait effectué une perquisition en juillet dans les locaux du PLQ.

 

Plainte au DGE

 

Plus tôt mardi, le ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, a annoncé que le PQ déposait une plainte auprès du Directeur général des élections du Québec (DGE) pour qu’il fasse enquête sur de présumées activités de financement illégal au PLQ impliquant l’ancien grand argentier libéral Marc Bibeau.

 

Des perquisitions visaient une somme de 428 000 $ dont le DGE ne trouve pas trace. « Pourquoi ne pas avoir déclaré cette somme ? D’où provient cet argent, M. Couillard ? Est-ce que cet argent est utilisé dans la présente campagne électorale ? » a martelé Pierre Duchesne.

 

« Est-ce que les Québécois veulent revivre le cauchemar des dernières années ? Des allégations de corruption, de collusion toutes les semaines, tous les mois ? »

 

En soirée, après un rassemblement à Asbestos, Philippe Couillard a répliqué. « Je pense qu’on est au comble de l’hypocrisie », s’est-il insurgé. Le chef libéral a reconnu la différence entre une rencontre d’information et une perquisition, mais il a relevé la « réalité derrière les discours et la fausse vertu » du PQ.


Avec Guillaume Bourgault-Côté et La Presse canadienne

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