Le PLQ veut la fin du tarif spécial pour les Français

Le chef libéral Philippe Couillard
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Le chef libéral Philippe Couillard

Asbestos — Plus cher pour les Français, mais moins cher pour les autres étudiants étrangers de la francophonie. Pour accroître l’attraction des universités québécoises, les libéraux de Philippe Couillard entendent revoir la grille de droits de scolarité appliquée aux étudiants francophones qui ne sont pas Canadiens.

 

Les libéraux souhaitent que les étudiants issus de la francophonie internationale paient le même tarif que les étudiants canadiens — au lieu de payer le tarif international. Par contre, ils aboliraient l’accord-cadre franco-québécois qui fait en sorte que les étudiants français paient le tarif québécois.

 

À l’heure actuelle, un étudiant québécois débourse environ 2300 $ par année dans un programme de premier cycle (coût de base qui varie ensuite selon les frais afférents imposés par les universités). Un étudiant canadien non-résident du Québec inscrit à temps plein paie pour sa part environ 6300 $. L’étudiant étranger doit quant à lui débourser entre 14 000 et 15 000 $ — sauf les Français.

 

Les libéraux ne pouvaient préciser mardi quel serait l’impact financier des modifications suggérées. Le parti fait le pari que ces modifications augmenteront le pouvoir d’attraction des universités et que les étudiants désireront ensuite s’établir au Québec — et ainsi contribuer à l’économie.

 

« On est sur une patinoire mondiale où chaque pays et chaque université veut se démarquer pour dire aux jeunes : “Venez étudier chez nous, on a des atouts que d’autres n’ont pas, et si vous venez chez nous, on va vous offrir rapidement un certificat de sélection pour que vous puissiez rester”», a expliqué Philippe Couillard.

 

La stratégie libérale semble à l’opposé de celle privilégiée par le gouvernement Marois. Dans le dernier budget Marceau, il est écrit que Québec débourse 318 millions pour financer la formation des étudiants étrangers — à cause des diverses exemptions accordées. En 2011-2012, 20 % des étudiants canadiens non-résidents et 49 % des étudiants étrangers bénéficiaient d’exemptions.

 

Québec notait que « les tarifs et les exemptions n’ont qu’un effet limité sur la rétention des diplômés » et annonçait qu’ils seraient revus (à la hausse).

 

Sous-financement

 

Par ailleurs, Philippe Couillard a indiqué mardi qu’il reconnaît le problème de sous-financement des universités, mais pas nécessairement le chiffre de 850 millions avancé par les recteurs. « C’est un enjeu de négociation, a-t-il dit. Chacun présente les choses pour favoriser son point de vue. Je reconnais un sous-financement, je reconnais qu’il faut donner de nouvelles sources de financement, et je reconnais que la voie de l’augmentation des frais de scolarité au-delà de l’indexation est difficile à emprunter. »

 

Peu détaillé, le plan libéral présenté mardi parle de « favoriser une augmentation des revenus autonomes des universités en développant la commercialisation des brevets universitaires et en favorisant la culture philanthropique ».

 

Les libéraux proposent aussi différentes mesures pour améliorer l’attrait de la formation professionnelle et technique.


Avec Lisa-Marie Gervais

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À la défense du pouvoir de nomination

Trois-Rivières — Philippe Couillard a défendu mardi le pouvoir qui permet au Conseil des ministres de nommer dans la haute fonction publique des gens issus de la filière politique.

Le chef libéral a affirmé qu’il était « correct », pour un gouvernement, de vouloir s’entourer de gens qui partagent ses objectifs, à la condition qu’ils soient compétents. Il a accusé le PQ de s’être livré à une purge envers les personnes nommées par le précédent gouvernement libéral. M. Couillard s’est indigné du traitement que les péquistes ont réservé à ces cadres au sommet de l’administration de l’État.

Un rapport publié en décembre dans la foulée de la nomination controversée d’André Boisclair comme délégué à New York soulignait que des règles plus précises devraient encadrer ces nominations lorsque les candidats proviennent de l’extérieur de la fonction publique. M. Couillard ne s’est pas avancé sur les recommandations du rapport qu’il pourrait mettre en place s’il prend le pouvoir.


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