Legault s’en prend à l’intégrité libérale

À l’instar des autres chefs de parti, François Legault a fait un saut dans une cabane à sucre — à Saint-Nicolas en l’occurence — dimanche.
Photo: La Presse canadienne (photo) Clément Allard À l’instar des autres chefs de parti, François Legault a fait un saut dans une cabane à sucre — à Saint-Nicolas en l’occurence — dimanche.

Saint-Nicolas — Jugeant le Parti québécois hors d’état de nuire, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, provoque en duel son homologue libéral Philippe Couillard sur le terrain de l’intégrité.

 

« Il a encore des réponses à nous donner [sur ses liens d’affaires] avec M. Porter », a-t-il indiqué dimanche après-midi à l’occasion d’un impromptu de presse à l’Érablière du Cap à Saint-Nicolas.

 

M. Legault a mis en garde les électeurs quant à un Parti libéral du Québec miné par des candidats entachés de soupçons de financement politique illégal. « C’est des gens qui étaient là autour de Jean Charest. Il y en a eu, du financement politique fait par le Parti libéral qui n’était pas fait selon les règles », a-t-il affirmé.

 

Commission Charbonneau

 

Les anciens ministres des Transports Sam Hamad et Pierre Moreau ont eu la « visite » d’enquêteurs de la commission Charbonneau, tandis que le chef du PLQ, Philippe Couillard, a eu celle de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), a-t-il rappelé.

 

D’ailleurs, la CAQ remet en question la décision de la commission Charbonneau d’amorcer en catimini l’examen du financement des partis politiques québécois. Selon M. Legault, les Québécois bénéficieraient d’avoir une idée plus claire des moeurs politiques du PLQ et du PQ avant le jour du scrutin.

 

Mais chose certaine, les Québécois « n’auront pas de mauvaises surprises » de voir la CAQ éclaboussée par des révélations-chocs à la commission Charbonneau, a fait valoir le chef caquiste. « Moi, je n’ai pas de squelette dans mon placard. J’ai toujours été prudent », a dit l’ancien dirigeant de Transat. « [Indépendant de fortune], je n’ai pas besoin de petits “deals” à gauche, à droite. »

 

« Éthique un peu élastique »

 

En plus d’être entouré de candidats ayant l’« éthique un peu élastique », M. Couillard n’a pas les compétences en gestion nécessaires afin de « redresser » le Québec, selon M. Legault. « Il n’a jamais créé d’emplois », a fait valoir l’« entrepreneur-gestionnaire » au cours du week-end. Il a tourné en ridicule le curriculum vitae du chef libéral, en résumant ses activités professionnelles en matière de gestion à la mise sur pied de la firme Porter, Couillard et associés inc. avec le directeur général du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), Arthur Porter. « Ça a été son seul séjour dans l’entreprise privée », a-t-il lancé.

 

D’ailleurs, M. Legault n’excluait pas dimanche de mettre M. Couillard sur le grill jeudi soir lors du face à face télévisé, en l’interrogeant sur ses liens d’affaires avec M. Porter. « On ne sait toujours pas quel était l’objectif de cette entreprise-là. »

 

« De plus en plus inexistant »

 

M. Legault a tiré à boulets rouges sur le Parti libéral du Québec, jugeant le Parti québécois « de plus en plus inexistant » dans la région de la Capitale-Nationale, où il a espoir de ravir la totalité des huit circonscriptions. À l’heure actuelle, la CAQ en détient cinq. « Moi, je m’attends à voir toute une chute du Parti québécois, pas juste à Québec, [mais] à la grandeur du Québec », a-t-il soutenu, disant se fier à des sondages internes.

 

Selon lui, « la grande majorité des Québécois sont débarqués du PQ » dans la foulée de l’entrée en scène de Pierre Karl Péladeau.

 

M. Legault insiste dans cette « lutte à deux » — réelle ou fictive — sur la volonté de sa formation politique de « redresser » les finances publiques, puis de redonner « 1000 piastres » aux familles québécoises. « Les gens ont le choix : il y a une travailleuse sociale, un médecin, puis un entrepreneur-gestionnaire », a-t-il souligné.

15 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 24 mars 2014 01 h 38

    Tout l'un ou tout l'autre, avec Legault.

    Le PQ n'est pas nécessairement hors de nuire. Mais c'est du côté PLQ que la CAQ doit aller chercher des votes si elle veut rester en vie. On commence enfin sur le bon pied.

  • Josette Allard - Inscrite 24 mars 2014 07 h 44

    Intégrité libérale

    Deux mots qui ne vont pas bien ensemble. L'UPAC l'a compris de même que la Commission Charbonneau qui ne cessent de rencontrer les dirigeants du PLQ et même d'anciens ministres sous Jean Charest, qui sont encore candidats à la présente élection.

    • Raymond Saint-Arnaud - Inscrit 24 mars 2014 14 h 06

      Attendons de voir les révélations de la Commission Charbonneau concernant le Ministère des Transports du Québec. L'ancien ministre Hamad a quitté ce ministère d’une façon assez précipitée. On peut se poser des questions.

  • Claude Champagne - Inscrit 24 mars 2014 09 h 40

    peu pas posséder quelques...PPP

    Qu'elle intégrité? Ils n'en n'ont jamais eue, ils ne peuvent pas en manquer.

  • - Inscrit 24 mars 2014 09 h 57

    Une entente Legault-Couillard ?

    Il y a tout lieu de croire que les caquistes ont fait le deuil de l'élection et que tout ce que déclare Legault vise d'abord à discréditer le PQ, en faisant mine de débattre avec Couillard.

    Je ne serais pas étonné que si le gouvernement est minoritaire (d'un bord ou de l'autre) les caquistes se joignent aux libéraux dans une coalition de centre-droite et fédéraliste, en échange de la dissolution de la CAQ.

    Je ne serais pas étonné du tout. On n'a qu'a décoder le discours de Legault lors du premier débat et les propos qu'il tient maintenant sur la supposée chute du PQ.

  • Normand Murray - Inscrit 24 mars 2014 10 h 28

    On change de tactique.

    Bon les grands penseurs "caquistes" donné l'ordre de laché le PQ maintenant pour les apparences tape sur les libéraux.P.S:Je me demande si Legault n'est pas en train de délibérément de détruire sa campagne pour permettre au libéraux déçus de revenir a leur base initiale vu la possibilité d'une majorité du PQ.Mon jugement est il crédible qui sait.

    • Gérard Pitre - Inscrit 24 mars 2014 19 h 12

      À Normand Murray. C'est un scénario auquel je n'avais pas pensé. Ce que vous dîtes est tout à fait plausible, si ça peut réveiller ceux et celles qui seraient tentés de voter libéral les yeux fermés, et revenir à la CAQ ça permettrait au P.Q de gagner sa majorité, ce que je nous souhaite de tout coeur. Je veux une charte de la laïcité, je veux un État laïc et je veux que l'intégrité et la tranparence aient la priorité dans l'action gouvernementale et ce n'est pas avec les libéraux que nous allons l'avoir. Leur pseudo virginité politique nous donne des arrière goûts et ça nous n'en voulons pas. Non merci. Gérard pitre

    • Claude Champagne - Inscrit 25 mars 2014 04 h 52

      Messieurs ce que vous dites, est très possible Legault ne lâche pas couillard d'un pouce. Pas de problème disons la Caq comme première opposition et les libéraux troisièmes. Ils ne méritent que ça. dans le fond du salon bleu, dans le coin reculé où les file araignée se forment, si on ne peut pas les rayer, mieux vaut les oublier. Ils sont arrogants, même le mot n'est pas trop fort et acceptable, ils sont baveux. Comme si le pouvoir leur appartient et ils ont le monopole de la vérité