Nouveaux électeurs: Marois, inquiète, fait appel au DGE

Rivière-du-Loup — La circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques n’est pas la seule à être prise d’assaut par un flot anormal d’anglophones et d’allophones qui tentent depuis une semaine d’obtenir le droit de vote aux élections du 7 avril. 

Le phénomène est observable dans au moins six autres circonscriptions. Deux d’entre elles sont représentées par des députés péquistes, soit Sherbrooke et Saint-François, et deux autres sont des fiefs libéraux, soit Saint-Henri-Sainte-Anne et Westmount-Saint-Louis. Les deux dernières circonscriptions sont pour l’une caquiste, pour l’autre libérale, mais le Parti québécois y fait concourir des candidates connues: Martine Desjardins, dans Groulx, et Djemila Benhabib.

Pauline Marois inquiète

La direction générale du Parti québécois a communiqué, samedi, avec le Directeur général des élections (DGE) du Québec pour l’informer de la situation et s’assurer que des non-Québécois ne puissent voter aux prochaines élections. 

La chef péquiste, Pauline Marois, s’inquiète du phénomène. «Ça soulève des questions très sérieuses alors je demande au directeur général des élections de se pencher là-dessus», a-t-elle indiqué dans un point de presse.

Dans son édition de samedi, Le Devoir révélait que des directeurs de scrutin de la région de Montréal étaient préoccupés par le flot « inquiétant » et « anormal » de personnes qui ne sont pas sur la liste électorale et qui cherchent à s’y faire inscrire pour obtenir le droit de vote aux élections du 7 avril.

Mathieu Vandal, le président de la Commission de révision de Sainte-Marie-Saint-Jacques, a démissionné de son poste, vendredi, ne pouvant plus attester la conformité du processus d’enregistrement de nouveaux électeurs. Ces commissions sont chargées de réviser les inscriptions à la liste électorale en ajoutant, radiant ou corrigeant les noms qui figurent sur la liste d’électeurs du Québec.

Dates d’arrivée au Québec invérifiables, «preuves» de résidence dont on ne peut attester la véracité: plutôt que de continuer à octroyer aveuglément le droit de vote à des électeurs, M. Vandal a préféré démissionner.

Universités anglophones

Selon le PQ, le phénomène origine surtout des universités anglophones qui incitent des étudiants en provenance d’autres provinces de s’inscrire sur la liste électorale, souvent pour désavantager le parti souverainiste. Dans le passé, Laurier-Dorion est une circonscription où s’est ajouté un nombre important de nouveaux électeurs qui n’étaient pas inscrits sur la liste électorale.

Samedi, le député sortant de Laurier-Dorion, Gerry Sklavounos, s’est exprimé sur Twitter. «Faut surtout éviter du profilage ethnique et linguistique. Obama a été salué pour avoir augmenté la participation aux É.-U.»

Le porte-parole du DGE, Denis Dion, a souligné qu’il ne s’agissait pas, selon l’organisme, d’un stratagème d’inscription d’électeurs inéligibles. «On ne pense pas qu’il y  d’organisation», a-t-il affirmé au Devoir. Il s'agirait plutôt de personnes — souvent des étudiants anglophones — qui se découvrent un intérêt soudain pour la politique québécoise. La crainte de voir se briser leur pays, le Canada, ou leur aversion pour la Charte de la laïcité pourrait y être pour quelque chose.

Des résidants d’autres provinces canadiennes et de nouveaux arrivants composent l’essentiel de ces nouveaux inscrits. Dans bien des cas, on n’a pu attester hors de tout doute le lieu de domicile.

Le DGE a émis un communiqué, samedi, pour préciser que la commission de révision a le pouvoir d’exiger tout renseignement qu’elle juge pertinent pour juger du lieu de résidence d’une personne, notamment une preuve de compte bancaire dans une institution située au Québec, et même une déclaration de revenus.