Le numérique s’invite dans les élections

Bien que le numérique occupe une fonction importante dans notre environnement social et physique, les partis politiques y accordent peu de place dans la présente campagne électorale.
Photo: Olivier Zuida - Le Devoir Bien que le numérique occupe une fonction importante dans notre environnement social et physique, les partis politiques y accordent peu de place dans la présente campagne électorale.

Pérennité du patrimoine numérique, surveillance des citoyens dans les nouveaux espaces de socialisation qu’ils fréquentent, fossé numérique entre riches et pauvres, construction d’une démocratie 2.0…

 

Au milieu de la campagne électorale en cours, plusieurs groupes de citoyens s’étonnent du manque d’intérêt des politiciens pour les grands enjeux numériques qui, ici comme ailleurs, sont en train de redessiner les contours de l’économie, de la culture, de la politique… Un vide qu’ils cherchent du coup à combler avec le lancement cette semaine d’un manifeste que les électeurs et les aspirants députés sont invités à signer pour mieux débattre ensuite de l’avenir numérique du Québec, disent-ils.

 

« Le numérique touche à l’ensemble des activités humaines », peut-on lire dans le manifeste Pour un Québec numérique libre et ouvert. Communautique, l’Association pour l’appropriation collective de l’informatique libre (FACIL) ou encore l’Institut de la gouvernance numérique sont entre autres à l’origine de ce projet. « Le numérique fait partie de notre environnement social et de notre environnement physique, mais on l’ignore, et ce, à nos risques et périls. »


Situation « critique »

 

Le groupe déplore que les enjeux liés au fait numérique « ne semblent pas intéresser notre classe politique » et souligne au passage que la province « n’a toujours pas de vision, de stratégie ou de plan d’action global pour construire son avenir numérique ». Dans ce contexte, les transformations « nous arrivent de l’extérieur plus souvent que de l’intérieur », insistent-ils, sans évoquer toutefois les noms de Google, Apple, Facebook, Twitter ou Microsoft, ces multinationales américaines qui façonnent désormais notre rapport au monde. « Et nos intérêts sont loin d’être pris en compte. »

 

« Les engagements des partis dans la course en matière de numérique sont plus que limités, a indiqué jeudi Fabián Rodriguez, le président de FACIL. Cela s’explique en partie par leur ignorance de ces questions, mais aussi parleur peur de déranger des entreprises créatrices d’emploi ».

 

L’homme rappelle d’ailleurs que depuis 2002, plusieurs groupes ont appelé Québec à adopter un plan numérique québécois pour construire les mutations au lieu de les subir. « C’était urgent en 2002, en 2010, en 2012, dit-il. En mars 2014, c’est désormais critique. »

 

En fin de journée mercredi, près de 130 personnes, dont quelques candidats à l’élection, avaient apposé leur griffe numérique au bas de ce manifeste.

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Le numérique dans les plateformes électorales

Parti québécois : Veut « faire en sorte que le milieu culturel prennent le virage numérique » et souhaite « optimiser les ressources et les investissements en technologie de l’information » dans l’appareil gouvernemental.

Parti libéral du Québec : Aucun engagement à saveur numérique dévoilé sur son site Web.

Coalition avenir Québec : Entend « soutenir de façon appuyée l’exportation des produits culturels du Québec à l’étranger et dans l’univers numérique » et « faire émerger […] une Vallée de l’innovation [baptisée la Silicon Valley du nord] qui engloberait la métropole et couvrirait l’ensemble de la vallée du Saint-Laurent ».

Québec solidaire : S’engage à soutenir « la recherche et l’expérimentation sur Internet de modèles basés sur le partage et la création collective, en particulier là où des licences libres seront utilisées » et veut diversifier « les logiciels utilisés dans l’enseignement, en donnant la plus grande place au logiciel libre ».

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