Ces épouses et époux qui font campagne

Isabelle Brais est présente au côté de son conjoint François Legault depuis le tout premier jour de la campagne électorale.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Isabelle Brais est présente au côté de son conjoint François Legault depuis le tout premier jour de la campagne électorale.

Le quidam pourrait croire qu’Isabelle Brais est une candidate vedette de la CAQ. En arrière-plan du chef sur chaque photo, présente à tous les événements depuis le jour 1, la femme de François Legault distribue sourires et poignées de main à des gens qui, pour la plupart, n’ont aucune idée de qui elle est. Un rôle inattendu pour une femme d’affaires peu habituée à jouer les « plantes vertes ».

 

Dans cette campagne électorale, l’épouse de François Legault détonne. Là où les conjoints de Pauline Marois, de Philippe Couillard et de Françoise David se font discrets, Mme Brais est partout, ne quittant pas son mari d’une semelle. Une fidèle pour un chef de parti qui tire de la patte dans les sondages.

 

Une conférence de presse de 45 minutes ? Elle est là, debout, souriante. Des mains à serrer dans un restaurant aux menus vaguement graisseux ? Isabelle Brais s’acquitte de la tâche. Une entreprise à visiter ? Pas de problème. Une rencontre de cuisine chez une famille ? Présente.

 

Ainsi aligne-t-elle les longues journées du quotidien d’une campagne avec une assiduité plutôt inhabituelle. Et pourquoi ? « Parce que j’y crois et que je veux soutenir François du plus profond de moi-même, dit-elle. C’est ma volonté d’être là. Je suis sa femme, une citoyenne et la mère de ses enfants. Je le soutiens à 300 %. »

 

Elle avait fait la même chose en 2012, mais seulement pour les trois dernières semaines de campagne. On avait alors associé son arrivée à une volonté de la CAQ de courtiser l’électorat féminin.

 

Jouer le jeu

 

Cela dit, derrière le sourire, Isabelle Brais remplit son rôle avec un mélange d’enthousiasme et de réticence. « Je ne suis pas une personne qui aime beaucoup l’aspect public » rattaché au métier de politicien — et au fait d’être l’épouse d’un chef de parti, exprime Mme Brais. « Mais je suis là sans condition. »

 

Les journalistes qui suivent la caravane de la CAQ s’étonnent parfois de l’entendre lancer un « franchement ! » quand une question ne lui plaît pas. Elle ne cache pas sa difficulté à composer avec la présence des médias, à qui elle parle volontiers « off the record »… mais en s’arrêtant continuellement, de peur de parler trop franchement. « Je suis quelqu’un de spontanée », dit-elle.

 

Isabelle Brais, qui vient de fermer la boutique de vêtements de designers québécois qu’elle avait dans la rue Laurier, dit n’avoir « aucun problème » à remplir un rôle qui est essentiellement visuel. « C’est comme quand je sers à souper à des amis : je ne me sens pas servile du tout. C’est sûr que certains vont voir le côté pot de fleurs. Tant pis. Moi, je sais que c’est important d’être là. Et je sais que François l’apprécie. »

 

Ainsi, peut-être, les roses qu’il lui a offertes devant les caméras le jour de leur 22e anniversaire… moment qu’aurait pu gâcher M. Legault, qui a immédiatement avoué que c’était une de ses conseillères qui s’était occupé de tout. Mais là comme ailleurs, Isabelle Brais a joué le jeu et souri.

 

Autres caravanes

 

François Legault est le seul à pouvoir compter sur son épouse au quotidien pendant la campagne. Dans les trois autres partis, le rôle des conjoints est beaucoup plus effacé.

 

Chez les libéraux, la femme de Philippe Couillard — Suzanne Pilote — ne participe à des activités que dans la circonscription de Roberval, où se présente le chef libéral.

 

À Québec solidaire, Françoise David reçoit un coup de main discret de son conjoint, François Larose, professeur semi-retraité. « C’est mon meilleur allié et soutien, dit-elle. Il s’occupe de l’intendance pendant 33 jours. Grâce à lui, je mange comme du monde. À l’occasion, il m’accompagne dans certaines activités, il joue les chauffeurs. Bref, dans la mesure de ses moyens et de ses disponibilités, il est très présent. »

 

Quant à Pauline Marois, elle effectue sa tournée du Québec en solo. Son mari, Claude Blanchet, est médiatiquement invisible depuis le début de la campagne. « Il participe avec l’exécutif de mon comté. Il est un membre parmi les autres membres de cette […] équipe qui travaille dans Charlevoix », a affirmé Mme Marois plus tôt en campagne.

 

M. Blanchet fait profil bas depuis la diffusion d’écoutes électroniques à la commission Charbonneau évoquant un « deal » qu’il aurait eu avec le Fonds de solidarité FTQ à l’époque où ce dernier a investi dans sa société Capital BLF.

 

Au fédéral

 

Au fédéral, la présence des conjointes est plus fréquente. L’épouse de Stephen Harper, Laureen Harper, s’invite par exemple régulièrement dans les communiqués de presse du premier ministre.

 

Le mois dernier, la stratégie électorale de 2015 du Parti conservateur a fait l’objet d’une fuite, et on y apprenait que, pour palier le manque de glamour du chef, le parti mettrait en avant Laureen, notamment avec des vidéos.

 

Il faut dire que Mme Harper est une personne chaleureuse et facile d’approche, appréciée notamment pour son travail auprès… des animaux errants.

 

Sophie Grégoire, la conjointe du chef du Parti libéral du Canada Justin Trudeau, et Catherine Pinhas Mulcair, épouse du chef du Nouveau Parti démocratique, sont aussi présentes lors de certains événements et communiqués de presse.


Avec Hélène Buzzetti, Marie Vastel, Mélanie Loisel ainsi que Marco Bélair-Cirino

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