QS veut sortir le Québec du pétrole

Interrogé à cette occasion sur l'avenir de la filière éolienne, le député Amir Khadir a reproché au gouvernement libéral de l'époque d'avoir engagé le Québec à acheter des surplus de producteurs privés qui ont développé le secteur éolien avec l'argent des contribuables.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Interrogé à cette occasion sur l'avenir de la filière éolienne, le député Amir Khadir a reproché au gouvernement libéral de l'époque d'avoir engagé le Québec à acheter des surplus de producteurs privés qui ont développé le secteur éolien avec l'argent des contribuables.

Québec solidaire (QS) propose un « remède de cheval » pour sortir le Québec du pétrole d’ici à 2030.

 

Dans son plan en trois étapes, les solidaires suggèrent d’abord d’investir 20 milliards de dollars dans les transports collectifs et la rénovation éco-énergétique en vue de créer 160 000 emplois d’ici cinq ans. Avec cet investissement qui représente environ 1,6 % du PIB, QS espère être en mesure de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 % par rapport au niveau de 1990.

 

Est-ce réaliste ? Pierre-Olivier Pineau, professeur de gestion à HEC Montréal et expert de la question énergétique, soutient que c’est la bonne voie à emprunter. Il juge que le plan des solidaires est « crédible » bien qu’il ne tienne pas compte du marché du carbone qui s’ouvrira au secteur des transports en 2015.

 

Moins d’automobiles

 

Pour diminuer les GES de 40 %, M. Pineau explique qu’il faudrait retirer au minimum quatre automobiles sur dix de la circulation.

 

Mais comment faire pour forcer les Québécois à remiser leur voiture ? « Tout le noeud du problème est là », affirme-t-il. « En misant sur le transport collectif et l’autopartage, Québec solidaire reconnaît la nécessité de développer des alternatives au pétrole. Au moins, il ne fait pas l’erreur de présenter l’électrification des transports comme une solution d’ici 2020. »

 

En effet, QS propose avant tout d’améliorer et de développer des infrastructures de transport en commun dans les principaux centres urbains. Sur l’enveloppe de 20 milliards proposés, 5 milliards serviraient à améliorer les services à Montréal et 5 autres milliards à Québec. Le reste de l’argent irait aux villes de Trois-Rivières, de Gatineau, de Sherbrooke, de Saguenay et aux banlieues de la grande région métropolitaine.

 

QS soutient que ces investissements, qui seraient faits à partir d’un emprunt, permettraient de construire de nouvelles stations de métro, des tramways, des lignes d’autobus supplémentaires, des trains de banlieue et des voies réservées. « C’est là où Québec solidaire se leurre », affirme M. Pineau. « D’ici 2020, il peut oublier de nouvelles stations de métro ou de tramway. Dans le meilleur des cas, si on mettait toutes les énergies nécessaires, on pourrait faire une station de plus, mais quand on regarde la cacophonie pour avoir une voie réservée sur le boulevard Pie-IX à Montréal, c’est illusoire de penser qu’on en aura. »

 

En améliorant les transports en commun, QS croit tout de même que les gens délaisseront tranquillement leur automobile d’autant plus que les ménages feraient des économies de 1053 $ par année en diminuant leur consommation d’essence.

 

À partir de 2020, QS affirme d’ailleurs qu’un autre investissement de 12 milliards de dollars serait nécessaire pour développer un réseau de transport interurbain électrique pour desservir les plus petites villes du Québec.

 

Électrification des transports

 

Pour sortir du pétrole, QS compte énormément sur l’électrification des transports qui permettrait, selon ses calculs, au gouvernement du Québec d’avoir des revenus supplémentaires de 920 millions de dollars. Au lieu d’acheter du pétrole de l’étranger, le Québec consommerait plus d’électricité qu’il produit lui-même. Mais par le fait, il faudrait produire davantage d’électricité. Or, QS s’oppose à tout nouveau projet comme celui de la Romaine.

 

Il miserait plutôt sur les nouvelles sources d’énergies renouvelables, comme l’éolien. Mais avant d’en arriver là, QS veut lutter contre le gaspillage d’énergie. Et pour ce faire, il miserait sur la construction et la rénovation des bâtiments énergivores pour éviter de « chauffer le dehors. »

46 commentaires
  • Franck Perrault - Inscrit 18 mars 2014 04 h 52

    Le mérite est là!

    Bien sûr on pourra toujours critiquer et dire que ce sera difficile, mais au moins, c'est le seul parti avec les verts à proposer d'investir massivement dans la bonne direction. Il sera toujours temps par la suite de peaufiner et d'adapter les propositions à la réalité du terrain et obstacles, mais la direction est claire et courageuse et ça fait vraiment du bien, comme une bouffée d'oxygène fasse aux pollutions, gaspillage et dépendance au pétrôle..... sale des sables bitumineux!

    • Jacques Moreau - Inscrit 18 mars 2014 10 h 19

      Les gens qui se sont perdus, on commencés par marcher dans la "bonne direction". Le système communiste apparaissait comme "la bonne solution" à la pauvreté et l'injustice sociale. Sur papier c'était beau, mais dans la réalité pratique de tous les jours, ce fût un désastre; seul ceux qui en profitaient (tiens des "profiteurs", toujours), en étaient heureux.

  • Guy Lafond - Inscrit 18 mars 2014 06 h 01

    Louables intententions


    Et un cap fort prometteur pour nos enfants et les enfants de nos enfants.

    Il nous faut aussi maintenant convaincre l'Arabie Saoudite, l'Algérie, les États-Unis,...

    À vos bicyclettes à pédales! À vos bicyclettes électriques! à vos scooters électriques! Allez, hop, cascades!

    Monsieur Khadir: un médecin qui a la graine des champions.

    :-)

    • Danielle - Inscrit 18 mars 2014 06 h 47

      Il faut une transition vers les énergies renouvelables, ça il n'y a aucun doute. Toutefois, ce n'est absolument pas réaliste de penser vivre sans pétrole à ce moment ci. QS est idéaliste au max. mais il ne sait faire dans la réalité, le concret de tous les jours. La vie ne se vit pas dans une bulle imaginaire. Il faut se déplacer en voiture pour certains. Tant qu'il n'y aura pas suffisamment de transports collectifs au Québec nous aurons besoin de nos voitures. Bien sûr à moins de vivre à Montréal. Savez vous que le Québec est habité ailleurs qu'à Montréal?

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 18 mars 2014 08 h 30

      Mme Danielle Houle, selon vous QS dit vouloir vivre du jour au lendemain sans pétrole? Ne déformez pas leurs propos, SVP. Ça n'est pas ce qu'ils disent, ni ce que dit la stratégie qu'ils proposent.

    • Yvan Dutil - Inscrit 18 mars 2014 10 h 01

      Ils disent qu'ils veulent couper de 40 % en six ans. Pour moi, c'est une bonne approximation du jour au landemain.

    • Jean Richard - Abonné 18 mars 2014 10 h 38

      @Mme Houle – Il faut faire une distinction entre le réalisme et le présentisme. Au nom d'un présentisme qu'on confond avec le réalisme, n'avons-nous pas développé une culture de subsistence au jour le jour, sans vision à moyen et encore moins à long terme ? Ce manque de vision nous coûte cher. Il est même ruineux.

      Ce n'est pas parce que demain matin, dans 24 heures, vous aurez besoin de votre voiture que vous devez conclure que vous en aurez encore besoin en 2035. Une telle façon de voir les choses ne va pas de pair avec la rapidité avec laquelle la société a changé au cours des toutes dernières années. Tiens ! Vous rappelez-vous du temps où vous alliez déposer votre rouleau de pellicule de 24 poses chez Jean-Coutu ? Si on vous avait dit en 1989 que 25 ans plus tard, vous pourriez stocker des centaines de photos sur un petit bout de plastique de 2 x 2 cm coûtant moins de 15 $, vous ne l'auriez pas cru.

      Par ailleurs, n'est-il pas malsain, connaissant l'histoire récente, de qualifier d'idéalisme ou de bulle imaginaire toute vision qui dépasse le court terme ? Connaissez-vous par exemple l'histoire du métro de Montréal ? Ne savez-vous pas que bien des politiciens qui y croyaient ont été qualifiés d'idéalistes, de rêveurs ? Ça va faire bientôt 50 ans qu'on roule en métro, mais l'âge réel du métro, depuis le premier rêve jusqu'à aujourd'hui, il est beaucoup plus élevé.

      « Savez vous que le Québec est habité ailleurs qu'à Montréal? » – Madame, évitez ce régionalisme stérile. L'intervention efficace, elle se fera d'abord dans la région de Montréal, où vit presque la moitié du Québec et où il y presque urgence, la congestion étant un cancer économique. Elle se fera en second lieu à Québec, où malgré la surabondance d'autoroutes, les problèmes de circulation commencent à prendre de l'ampleur.

      Le PQ prône l'inutile et coûteux saupoudrage en région (en matière de transport). Peut-on blâmer QS de miser d'abord sur le milieu urbain ?

    • Patrick Boulanger - Abonné 18 mars 2014 12 h 10

      @ Mme Houle

      « Toutefois, ce n'est absolument pas réaliste de penser vivre sans pétrole à ce moment ci. (Mme Houle) »?

      Mme houle, l'article débute en soulignant ceci : « Québec solidaire (QS) propose un « remède de cheval » pour sortir le Québec du pétrole d’ici à 2030. »

    • Louise Lefebvre - Inscrite 18 mars 2014 14 h 22

      Qui de vous manque de pétrole actuellement...les vieux partis font peur au monde pour justifier leur ouverture au pétrole..si on enlève tous les véhicules au pétrole inutile de sur les chemins alors on réduit la consommation de plusieurs %...il y a un tel gaspillage!

  • François Ricard - Inscrit 18 mars 2014 06 h 02

    On peut toujours rêver

    "QS croit tout de même que les gens délaisseront tranquillement leur automobile"
    Les jeunes au Québec, au Canada, en Amérique du nord, signent un contrat à vie avec l'automobile. Tout le monde a hâte d'avoir seize pour enfin obtenir son permis de conduire.
    Il faudra plus d'une génération pour changer cette attitude.
    D'autant plus que l'électrification des transports ne se limitent aucunement au seul transport collectif.

    • François Beaulé - Abonné 18 mars 2014 06 h 44

      Steven Guilbault, à TLMP dimanche soir, a contredit votre perception des jeunes nord-américains. Les jeunes achètent moins de voitures que les générations plus âgées.

    • Manon Theriault - Inscrite 18 mars 2014 07 h 38

      En subventionnant davantage l'achat d'automobiles hybrides ou électriques, vous atteignez les deux résultats.

    • Raymond Gauthier - Abonné 18 mars 2014 08 h 50

      Peut-être, monsieur Ricard, pourriez-vous vous laisser un peu aller à rêver dans le sens proposé, plutôt que de vous répéter les mantras du genre « Tout le monde a hâte d'avoir seize pour enfin obtenir son permis de conduire. Il faudra plus d'une génération pour changer cette attitude.» Et pourquoi pas : « On va consommer encore longtemps du pétrole, donc mieux vaut le produire plutôt que l’importer» ?

  • Albert Labranche - Inscrit 18 mars 2014 06 h 20

    Pas de pétrole

    Comment allez vous avoir de la nourriture sur la table?
    C'est retourner a des huttes en terre battues avec une espérance de vie de 20 a 30 ans.
    SVP soyez sérieux. Arrêtez les nuages les yeux me piquent.

    • Marc-Antoine Parent - Abonné 18 mars 2014 07 h 32

      Oui, notre agriculture dépend des hydrocarbures. C'est exactement pourquoi il faut arrêter de gaspiller cette ressource chère et non renouvelable sur le transport individuel.

    • Marie-Élaine Banville - Abonnée 18 mars 2014 07 h 32

      Ce sont les rêveurs qui ont changé le monde positivement et non les conservateurs. Vaut mieux viser 10 000 km et en faire 1000 km, que d'en viser 10 km pour être sur d'y arriver et de se satisfaire de ce résultat en clamant haut et fort que nous avons atteint nos objectifs. Je mise plus haut que le village d'à côté comme destination pour notre société.
      SVP soyez visionnaire M. Labranche. Arrêtez de voir en noir, vous aller entrer dans un mur.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 18 mars 2014 08 h 32

      Ils ont présenté une stratégie pour graduellement réduire notre dépendance au pétrole. Personne ne croit que nous pourrons nous passer de pétrole du jour au lendemain. C'est un bel homme de paille.

    • Yvan Dutil - Inscrit 18 mars 2014 10 h 02

      40 % en six ans, ce n'est pas graduel. Là est tout le problème. Pour 2030, ce serait peut-être jouable, mais pas pour 2020.

    • Jean Richard - Abonné 18 mars 2014 10 h 54

      M. Labranche, comment allons-nous avoir de la nourriture sur la table si nous continuons à remplacer les terres agricoles par des autoroutes, des autoroutes, des immenses champs d'asphalte et, du vert gazon fort peu nutritif ?

      Car voilà, M. Labranche, cette économie auto-pétrole, qui implique entre autres avenues pour se développer, l'étalement urbain exponentiel, elle démontre jour après jour ses limites et la nécessité de passer à autre chose.

      Pire M. Labranche, le modèle économique auto-pétrole qu'on veut perpétuer malgré les signaux contraire, ce modèle s'est permis d'empiéter sur l'agriculture non seulement par l'étalement urbain, mais par le détournement des terres agricoles vers la production de céréales exploitées pour les convertir en carburant automobile. Allez faire un tour dans la vallée du Saint-Laurent et vous verrez ce qu'on y cultive : du maïs, du maïs, du maïs dont une partie va au bétail et l'autre aux usines d'éthanol. Nous ne consommons que très peu de pain de maïs...

      Si un nuage vous pique les yeux, c'est qu'il s'agit d'un nuage de smog...

  • Simon Chamberland - Inscrit 18 mars 2014 06 h 30

    Et l'aménagement urbain ?

    Tout plan est voué à l'échec sans révision de l'aménagement urbain.

    C'est pourquoi il faut casser le rêve de Sylvain Gauldreault, soit de faire une grosse autoroute de plus, nommément la 19, dans la région de Montréal. Le ministre des transports actuel, farouche partisan de l'étalement urbain, a décidé de faire plaisir aux constructeurs de routes et aux promotteurs immobiliers de la couronne nord au détriment des Montréalais.

    Tant que ce genre de bêtise se poursuivra, tout plan d'électrification et de collectivisation des transports foncera dans un mur.

    J'espère que QS aura aussi le courage de faire réduire la vitesse sur les routes par l'ajout massif de radar-photo. Ça permettrait d'économiser facilement un litre d'essence sur 5.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 18 mars 2014 08 h 38

      Extrait du programme de QS:

      «Pour limiter notre empreinte écologique et protéger les terres agricoles, les forêts et les milieux humides, cet aménagement :

      -a. favorisera l’utilisation maximum et la densification des territoires déjà bâtis;

      -c. autorisera les nouveaux développements ou la revitalisation à condition que des transports efficaces et accessibles y soient offerts;

      -e. favorisera l’agriculture urbaine et de proximité.

      http://www.quebecsolidaire.net/wp-content/uploads/

    • Marc Bergeron - Inscrit 18 mars 2014 13 h 15

      Vous avez dont raison. Besoin d'un sérieux ménage en environnement qui a laisser place à toutes les versions même de son contraire selon l’organsme. Quand laisserons nous parler des scientifiques avant de s'orienter vers des solutions plus acceptables tant pour la santé que pour la planète? Malheureusement la place du lobbys souvent sans trop de compétence ou par idéologie, on le dessus du pavé ce qui nous entraînent vers des choix irréalistes et dommageables pour la santé.. Je le répète encore, à vous de vérifier, le Québec est le plus polluer en particules fines 2.5 par la combustion de biomasse, granules et bois de tout le Canada et l'ouest en gaz à effet de serre. L’environnement devenu un fourre-tout éparpiller de n’importe, une raison de nous taxer davantage, sans préparation pour des changements intelligents, scientifiques et réalistes. Actuellement de l'argent dépenser dans les régions pour réduire l'automobile sans service ou densité de population? La vitesse sur les routes ne coûte rien seulement du gros bon sens mais pas payant pour les gouvernements. On assiste à une nouvelle façon de taxer la classe moyenne sous prétexte de l'environnement et de faire du n'importe quoi. L'environnement le fourre-tout de l'incompétence et du n'importe quoi. Tout comme de militer sur les paradis fiscaux quand on sait tous que les pays doivent s'unir et que le Québec n'a aucun pouvoir de changer quoi que ce soit à part de mettre de la pression sur le gouvernement du Canada. Appelons un chat un chat! Québec solidaire en faveur de biomasse pour des enpois pour des Mexicains tout comme l'agriculture.