Un médecin de famille pour tous d'ici 2016

Pauline Marois et Réjean Hébert étaient de passage lundi dans la circonscription de Vimont, où tente de se faire élire Jean Poirier.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Pauline Marois et Réjean Hébert étaient de passage lundi dans la circonscription de Vimont, où tente de se faire élire Jean Poirier.
Le ministre Réjean Hébert compte réussir là où ses prédécesseurs ont échoué, c’est-à-dire fournir un médecin de famille à chaque Québécois. Le capitaine de l’équipe santé du PQ se dit sûr d’y arriver d’ici deux ans et demi.

« L’objectif est de fournir à chaque citoyen québécois un médecin de famille […] d’ici 2016. Si on y arrive avant, on y arrivera avant », a déclaré M. Hébert lundi matin aux côtés de la chef du PQ, Pauline Marois, ainsi que de Véronique Hivon, Diane Lamarre, Gyslaine Desrosiers et Gilles Aubé.

Le PQ s’engage notamment à compléter le réseau de 300 Groupes de médecine de famille (GMF) à travers le Québec, en donnant le feu vert à l’ouverture de 44 établissements au cours des 36 prochains mois. « [Ceux-ci] devront atteindre leur cible d’inscriptions dans un délai prédéterminé et ils devront dès le départ avoir les heures d’ouverture [étendues convenues] », a précisé le Dr Hébert.

«Un certain temps»

Au fil des 18 derniers mois, le PQ s’est affairé à « redresser la gestion » des GMF. « Il y avait une dérive importante », a-t-il fait valoir. En effet, un grand nombre de GMF faisaient fi des heures d’ouverture prescrites par le ministère en fermant leurs portes les soirs ou les fins de semaine. D’ailleurs, « une quarantaine » de GMF donneraient toujours du fil à retordre à cet égard, selon M. Hébert.

Jouant de prudence, Mme Marois n’a pas rappelé son engagement électoral de 2012 consistant à donner accès à un omnipraticien à chaque Québécois d’ici la fin 2016. « Nous allons dans la bonne direction. Progressivement, nous arriverons à ce que chaque personne ait accès à un médecin de famille, que les dossiers soient informatisés, qu’ils aient accès à un rendez-vous dans un délai raisonnable. Ça va prendre un certain temps. Nous ne promettons pas des choses que nous ne sommes pas capables de livrer », a-t-elle déclaré.

Plus ou moins 1 million de personnes sont sans médecin de famille au Québec. Parmi elles, 273 000 sont en attente d’un coup de fil de leur centre de santé et de services sociaux après s’être inscrites au Guichet d’accès pour la clientèle sans médecin de famille.

D’autre part, le PQ veillera au déploiement d’un système de prise de rendez-vous régional pour différents soins, ce qui permettrait de tirer vers le bas le temps d’attente des patients. Après l’instauration du Dossier santé Québec (DSQ), il s’agit d’un « élément absolument essentiel à une gestion efficiente du système de santé », a fait valoir M. Hébert.

Promesse «ambitieuse»

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) juge « très ambitieuse » cette promesse. « Il y a beaucoup de facteurs en jeu. Même si on partage cet objectif, on ne croit pas qu’il soit possible de prédire quand il sera atteint », a dit le président de la FMOQ, Louis Godin.

Il devient de plus en plus ardu de former de nouveaux GMF, a-t-il averti. « Ce n’est plus clés en main. Nous en sommes à former des groupes dans des régions où les médecins sont plus dispersés sur le territoire ou travaillent en solo. Ça ralentit le processus. »

Cet automne, la FMOQ a proposé divers moyens pour inciter les médecins à voir leurs patients. Par exemple, des primes pourraient être accordées à ceux qui voient leurs patients en moins de trois jours. Au lendemain du scrutin, M. Godin partagera « les meilleures propositions » avec le nouveau gouvernement.

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La marijuana, une source de revenus envisageable?

Pauline Marois n’a pas voulu s’avancer sur la production à grande échelle de marijuana sur les terres agricoles du Québec supposant la légalisation de la drogue douce par Ottawa. « Ce n’est pas au programme [du PQ] », a-t-elle répondu lors d’un point de presse avant d’esquisser un large sourire. 

À l’instar de l’État du Colorado, le Québec pourrait-il toucher des millions de dollars de revenus de taxes à la suite de la légalisation de la marijuana ? lui avait demandé un journaliste après sa rencontre avec le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau, lundi après-midi. « Nous, on est ouverts à toute autre nouvelle production », a indiqué de son côté M. Groleau. « Si on décidait de la légaliser […] naturellement, les producteurs agricoles du Québec sont capables d’en produire ! »

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