Coderre et Marois parlent de tout... sauf de charte

Le maire de Montréal, Denis Coderre, et la chef péquiste, Pauline Marois, se sont rencontrés dimanche à Montréal.
Photo: - Le Devoir Le maire de Montréal, Denis Coderre, et la chef péquiste, Pauline Marois, se sont rencontrés dimanche à Montréal.

Même si elle aura un « impact significatif » à Montréal, Pauline Marois et Denis Coderre ont complètement évacué dimanche la question de la charte de la laïcité de leur tête-à-tête. Chacun est resté campé sur ses positions.

 

« La première ministre connaît ma position sur la charte. Alors, on n’a pas eu besoin d’en discuter », a expliqué le maire de Montréal, lors d’un point de presse en compagnie de la chef du Parti québécois, Pauline Marois.

 

Au fil des derniers mois, M. Coderre a critiqué durement le projet de loi 60, qui prévoit notamment l’interdiction du port des signes religieux ostensibles chez les employés de l’État. Avant même d’être élu à la mairie, il promettait de le contester devant les tribunaux. « Nous sommes en campagne électorale, et les Québécois et les Montréalais vont juger et prendront position », a-t-il dit.

 

Pourtant, la charte de la laïcité aura « assurément » un « impact significatif » dans la métropole québécoise où la vaste majorité des nouveaux arrivants s’installent, a fait remarquer Mme Marois. « Ça va aider Montréal parce que ça va éviter des conflits inutiles. Ça va permettre le respect des uns et des autres. »

 

La chef du PQ a appelé M. Coderre — et tous ceux qui comptent contester la législation devant les tribunaux au lendemain de son adoption — à prendre connaissance de l’ultime version de la charte avant de bomber le torse.

 

La liberté d’expression religieuse sera « plus que respectée » dans les sphères privée et publique, a-t-elle aussi réitéré, rappelant que la charte vise à renforcer la laïcité de l’État et l’égalité entre les hommes et les femmes.

 

Statut particulier

 

En terrain ami, Mme Marois s’est dite disposée à « reconnaître » un statut particulier à Montréal, ce qui a plu à M. Coderre. La Ville réclame une plus grande autonomie, notamment en matière de transport, d’immigration, mais aussi de fiscalité — en se voyant confier de nouvelles sources de financement.

 

D’autre part, « la porte [du PQ est] complètement ouverte » au projet de recouvrement d’un tronçon de 125 mètres de l’autoroute Ville-Marie, c’est-à-dire entre les rues Hôtel-de-Ville et Sanguinet. « Faisons l’évaluation [des coûts du projet], mais j’accueille très favorablement le fait qu’on puisse sectionner le projet », a-t-elle précisé.

 

Le PQ nourrit l’ambition de doubler le nombre d’élus péquistes sur l’île de Montréal, en le faisant passer de 6 à 12.

 

Pauline Marois tente de convaincre les Québécois de voter PQ en leur rappelant le « vrai débat » du scrutin du 7 avril, soit l’« élection d’un gouvernement responsable pour diriger le Québec ».

 

D’ailleurs, le saut dans l’arène politique de Pierre Karl Péladeau doit résonner comme un « message très fort » de l’importance de l’économie au sein d’un éventuel gouvernement péquiste majoritaire, selon elle. « L’arrivée de Pierre Karl Péladeau, c’est pour moi un élément majeur dans cette campagne, parce qu’il illustre parfaitement l’importance de l’économie au sein de mon équipe », a-t-elle répété.

 

La chef du PQ dit avoir mesuré correctement les secousses occasionnées par l’arrivée de l’ex-grand patron de Québecor dans la campagne, et ce, avant même le dévoilement de son candidat vedette. « Je n’avais pas sous-estimé l’effet que l’arrivée de Pierre Karl Péladeau aurait dans la campagne électorale », a-t-elle indiqué, disant se « réjouirtous les jours » du saut en politique de l’actionnaire de contrôle de Québecor.

 

Pourtant, un sondage Léger Marketing, montre un transfert des appuis de la Coalition avenir Québec vers le Parti libéral du Québec après l’entrée en scène de M. Péladeau. En effet, le poing levé de l’indépendantiste a incité plus d’un caquiste à se tourner vers le PLQ, jugé en meilleure posture pour barrer la route au PQ.

 

Au jour 11, Mme Marois est persuadée de ne pas avoir fait le plein d’intentions de vote. « Encore une fois, la campagne commence ! Il reste trois semaines », a-t-elle dit. « On va remonter ! » avait-elle lancé la veille à des militants inquiets attablés dans un Tim Hortons de Boucherville.

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