Vif intérêt pour le Parti nul

Avec 41 candidats enregistrés auprès du Directeur général des élections en date de dimanche, plus du tiers des circonscriptions québécoises auront leur candidat « nul » le 7 avril, se félicite le fondateur du parti, « l’anti-chef » Renaud Blais.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Avec 41 candidats enregistrés auprès du Directeur général des élections en date de dimanche, plus du tiers des circonscriptions québécoises auront leur candidat « nul » le 7 avril, se félicite le fondateur du parti, « l’anti-chef » Renaud Blais.

Nul peut-être, mais pas du tout chétif : le Parti nul a le vent dans les voiles, si bien que la formation pourrait présenter tout près d’une cinquantaine de candidats aux élections du 7 avril prochain. Un certain panda pourrait bien y être pour quelque chose…

 

Avec 41 candidats enregistrés auprès du Directeur général des élections en date de dimanche, plus du tiers des circonscriptions québécoises auront leur candidat « nul » le 7 avril, se félicite le fondateur du parti, « l’anti-chef » Renaud Blais. La date limite pour le dépôt d’une candidature est le 22 mars, et quelques autres aspirants « nuls » pourraient récolter les 100 signatures requises pour représenter la formation, dit-il. À défaut de pouvoir annuler leur vote et de le voir comptabilisé comme tel, bon nombre de Québécois pourront opter pour cette méthode de contestation.

 

« En 2012, nous avions une dizaine de candidats. Nous avons au moins triplé le nombre de régions couvertes en 2014. On peut espérer un volume encore plus grand aux prochaines élections », explique M. Blais, dont le parti a comme seul élément de plateforme le fait de permettre aux électeurs d’annuler leur vote.

 

Sans budget, ni équipe

 

L’entrée en politique de l’Anarchopanda, comme le révélait Le Devoir la semaine dernière, y est pour quelque chose, croit M. Blais. Figure bien connue du conflit étudiant de 2012, la mascotte, ou plutôt celui qui lui donne vie, le professeur de philosophie Julien Villeneuve, sera candidat dans la circonscription montréalaise d’Hochelaga-Maisonneuve. Ce qui donne une visibilité accrue à la formation crée en 2009, qui conteste cette année ses deuxièmes élections générales.

 

Plusieurs ne se retrouvent pas dans le monde politique actuel, dit-il. S’ils ne vont pas voter, on les taxe d’apathiques. « S’ils biffent leur bulletin de vote, c’est vu comme un vote spolié. On ne fait pas de distinction entre les erreurs et ceux qui ont décidé de s’exprimer en annulant leur vote. Le PN, ce n’est pas l’idéal. L’idéal serait d’avoir une case “Aucune de ces réponses” et que ça compte dans le décompte final », explique Julien Villeneuve, qui se décrit comme anarchiste.

 

Sans budget, ni équipe, le Parti nul n’a pas les moyens de faire campagne, à part, peut-être, en diffusant des vidéos sur le Web. La complexité des processus politiques a étonné M. Villeneuve, qui se dit plus convaincu que jamais de la nécessité de « son » option politique. « On se rend compte que sans machine, c’est vachement compliqué, faire de la politique. Ça prend du temps, des gens, une équipe derrière qui force sans cesse. Ça démontre à quel point [participer à] la démocratie, ce n’est pas aussi facile qu’on le pense. »

4 commentaires
  • Yvette Lapierre - Inscrite 17 mars 2014 10 h 55

    Compliqué, exigeant, incontournable!

    Eh! oui, la démocratie demande une implication sans relâche, quasi une dévotion et du travail, beaucoup de travail, pas seulement de déambuler dans les rues en tapant sur des casseroles!

    Ça mange quoi en hiver un pays ou règne l'anarchie?

    • David Thibault - Inscrit 17 mars 2014 19 h 05

      Ça mange quoi en hiver? Vous pourriez faire un petit effort et lire un livre. La littérature concernant l'anarchisme est relativement abondante.

  • Nephtali Hakizimana - Inscrit 17 mars 2014 11 h 07

    Si le Parti nul gagnait...

    Quel serait son programme de développement? De l'anarchie partout ou...Et après?
    Je veux bien qu'on veuille annuler son vote, mais il faut aussi proposer quelque chose pour faire avancer la société dans laquelle on vit.
    J'aimerais bien qu'ils nous proposent quelque chose d'autre!
    Mais s'opposer pour s'opposer...

    • Émile Essent - Inscrit 17 mars 2014 19 h 23

      Ne vous inquiètez pas, c'est pas demain que le parti nul va gagner. En tout cas je vais voter pour eux. Et non, je ne vais pas me fatiguer à proposer autre chose, ce serait radical et je sais bien que mes concitoyens ne voteraient pas pour.