Les syndicats feront front commun devant Québec

Jacques Létourneau, président de la CSN (sur la photo), Lucie Martineau, porte-parole du SISP, et Daniel Boyer, président de la FTQ, ont insisté dimanche sur l'importance de bien financer les services publics, pour en assurer la qualité.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir Jacques Létourneau, président de la CSN (sur la photo), Lucie Martineau, porte-parole du SISP, et Daniel Boyer, président de la FTQ, ont insisté dimanche sur l'importance de bien financer les services publics, pour en assurer la qualité.
Le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) ont annoncé dimanche qu’ils uniront leurs forces pour négocier le renouvellement de leurs conventions collectives, en 2015.

Les syndicats des secteurs public et parapublic ont signé un protocole de fonctionnement de ce front commun, qui prévoit notamment l’établissement d’une plate-forme de revendications communes aux trois groupes. Une table centrale négociera principalement la rémunération, les disparités régionales et le régime de retraite.
 
Déplorant les « nombreuses vagues de compressions » dans les dernières années, Lucie Martineau, porte-parole du SISP, Daniel Boyer, président de la FTQ, et Jacques Létourneau, président de la CSN, ont insisté sur l’importance de bien financer les services publics, pour en assurer la qualité et pour retenir et attirer le personnel.

Mise en garde

M. Boyer avait d’ailleurs une « sérieuse mise en garde à faire au prochain gouvernement » : « ne pas trouver de sous pour rémunérer correctement les employés de l’État entraîne un problème d’attraction et de rétention, donc de qualité de personnel », a-t-il affirmé, rejoint par ses collègues qui ont souligné la pénurie de main-d’oeuvre et d’expertise et les risques de la perte de qualité des services.
 
Selon l’Institut de la statistique du Québec, les salariés du secteur public accusent un retard salarial de 8 % par rapport au secteur privé, a argumenté M. Boyer. Dans certaines catégories d’emploi, dont les ouvriers spécialisés, l’écart passe à environ 30 %.
 
« Il y a des choix de société à faire et financer la pérennité des services publics, donner des conditions de travail et salariales de qualité, ça fait partie du rôle de l’État », a commenté M. Létourneau. Le « problème » avec les budgets politiques, selon lui, réside dans le fait de ne pas remettre en question « cette idée que toutes les nouvelles entrées d’argent vont au remboursement de la dette et au fonds des générations ».
 
Dans les prochaines semaines, les syndicats entreront en période de consultation des quelque 400 000 membres qu’ils représentent afin de cerner les priorités de la prochaine négociation. La plate-forme de revendications communes devra être déposée vers la fin du mois d’octobre. Les conventions collectives arriveront à échéance le 31 mars 2015.
 
Alors que la campagne électorale bat son plein, les trois représentants ont insisté sur leur neutralité.
 
« L’objectif de la conférence de presse aujourd’hui [dimanche] n’est pas d’en faire un enjeu des élections », a affirmé M. Létourneau. Le moment choisi pour faire cette annonce coïncide simplement avec les dates de négociation dans le secteur public prévues dans le Code du travail, a fait valoir M. Boyer.
 
La CSN, la FTQ et le SISP représentent des employés de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la fonction publique du Québec.


Par Anne Laguë

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1 commentaire
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 17 mars 2014 06 h 39

    Eh bien !

    Le prochain gouvernement aura du pain sur la planche !

    Saura-t'il faire comprendre à tous ces quémandeurs, sûr de leur droits inaliénables, que si on tue la vache, on aura plus de lait ?

    Comme je l'ai déjà écrit «La réussite est porteuse de sa propre défaite !»

    Et si ces syndicats réussissent; ils représenteront un très grand nombre «d'ex-employés». Et ces ex-employés pourront comparer leur dernière slip de paye entre eux pour savoir qui ont eu la meilleure augmentation de salaire... en ligne devant le bureau d'assurance-chômage.

    Pendant que d'autres, possédant une convention collective à l'épreuve des balles dans le privé, s'entre-coupent les prix entre eux, en catimini, juste pour survivre.

    Je dis ça de même.

    Et le chef de cette coalition se faisait demander hier s'il appuyait un parti ou un autre à la télé. Mais il s'en fout totalement ! Que la vache soir brune, noire, blanche ou chamoirée ne lui fait pas un plie sur la différence.

    Afin de ne pas passer pour un anti-syndicaliste, je vais admettre que j'ai fait parti de la FTQ-C toute ma vie. Mais ça, c'est un autre problème.

    Bonne journée.

    PL