​Intentions de vote: avec PKP, «on va remonter», dit Marois

La chef du PQ est persuadée de ne pas avoir fait le plein d’intentions de vote. «On va remonter!» a-t-elle lancé samedi à des militants inquiets du dernier coup de sonde auprès des électeurs.
Photo: Annik MH de Carufel - Archives Le Devoir La chef du PQ est persuadée de ne pas avoir fait le plein d’intentions de vote. «On va remonter!» a-t-elle lancé samedi à des militants inquiets du dernier coup de sonde auprès des électeurs.
La chef du Parti québécois, Pauline Marois, se défend de ne pas avoir mesuré correctement l’impact de l’arrivée de Pierre Karl Péladeau dans la campagne électorale avant même d’attirer les projecteurs sur lui. 

«Je n’avais pas sous-estimé l’effet que l’arrivée de Pierre Karl Péladeau aurait dans la campagne électorale», a-t-elle indiqué, samedi avant-midi, lors d’un point de presse dans l’arrondissement Ville-Marie.   

Pourtant, un sondage Léger Marketing-Le Devoir-The Globe and Mail montre un transfert des appuis de la Coalition avenir Québec vers le Parti libéral du Québec dans la foulée de l’entrée en scène de M. Péladeau dans la circonscription de Saint-Jérôme. 

Le poing levé de l’indépendantiste a incité plus d’un caquiste à se tourner vers le PLQ, jugé en meilleure posture pour barrer la route au PQ. Les formations politiques de Pauline Marois et de Philippe Couillard se voient toutes deux créditées de l’appui de 37 % des intentions de vote, tandis que celle de François Legault récolte 14 % des intentions de vote. 

Mme Marois a dit se «réjoui[r] tous les jours» du saut en politique de l’actionnaire de contrôle de Québecor. Il s’agit d’«un personnage immense […] qui va apporter une contribution considérable à [l’]équipe» du PQ. «Déjà, il en fait la démonstration depuis quelques jours», a-t-elle souligné à la presse. 

D'ailleurs, la candidature du magnat des médias a été accueillie favorablement dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, a fait remarquer le député Daniel Breton. «À date, la majorité des gens m’ont dit qu’ils étaient heureux de l’arrivée de M. Péladeau au sein de la famille souverainiste», a-t-il dit en marge d’une annonce du parti au café L’Itinéraire. 

Vrai débat 

La chef du PQ est persuadée de ne pas avoir fait le plein d’intentions de vote. «On va remonter!» a-t-elle lancé à des militants inquiets du dernier coup de sonde attablés dans un Tim Hortons de Boucherville.

Elle se propose d’y arriver en rappelant le «vrai débat» du scrutin du 7 avril, soit l’«élection d’un gouvernement responsable pour diriger le Québec» et non l’indépendance du Québec. «Nous sommes un parti souverainiste. Nous continuons d’en faire la promotion. Cela va de soi. Encore une fois, nous pensons que l’élection qui arrive maintenant est une élection qui porte sur le choix d’un gouvernement et pas sur une option constitutionnelle», a-t-elle affirmé, se distanciant du coup de l’ancien premier ministre Jacques Parizeau. 

Le chroniqueur invité au Journal de Montréal se dit «simplement heureux» de constater, «enfin», le «retour [de la souveraineté du Québec] au centre des débats». Selon lui, l’arrivée de Pierre Karl Péladeau a contribué à recentrer la campagne électorale sur ce «vrai débat». «Il était temps», écrit M. Parizeau, dans un texte paru au 11e jour de la campagne électorale. 

Cependant, la souveraineté du Québec constitue un enjeu de moindre importance aux yeux des électeurs: 69 % d’entre eux souhaitent en entendre parler le moins possible, selon le sondage Léger Marketing. 

«Je n’ai pas rêvé à ça!» 

Mme Marois a accusé samedi M. Couillard d’avoir remis le statut constitutionnel du Québec à l’ordre du jour. «M. Couillard a mis de l’avant le fait qu’il voulait s’engager dans une ronde constitutionnelle. Je n’ai pas rêvé ça! Je l’ai entendu!» a-t-elle lancé, tournant en ridicule la tournée à travers le Canada proposée par son adversaire afin de faire reconnaître le caractère spécifique du Québec dans la Constitution. «[Celle-ci] nous a été imposée en 1982!» a-t-elle pris soin de rappeler.  

Mme Marois a une nouvelle fois demandé à M. Couillard de «garantir» l’organisation d’un référendum avant de pousser le Québec dans la Constitution canadienne. S’il s'y refuse, le chef libéral serait à l’origine d’une «rupture dans notre histoire». «C’est une question grave.» 

«Je retourne encore une fois la balle du côté de M. Couillard. C’est M. Couillard, actuellement, qui veut faire un débat constitutionnel. Or, on ne sait pas ce qu’il veut proposer et on ne sait s’il veut consulter les Québécois.» 

Philippe Couillard, rebaptisé «M. Capitaine Canada» par Mme Marois, échouerait à coup sûr à réformer le fédéralisme canadien. «Les preuves jusqu’à maintenant n’ont pas démontré qu’il était possible de réformer en profondeur le fédéralisme», a-t-elle indiqué. 

De son côté, le PQ propose la tenue d’une «discussion» ou d’une «consultation» après le dépôt d’un Livre blanc sur l’avenir du Québec, mais refuse de promettre la tenue ou la non-tenue d’un référendum sur le «pays du Québec» au cours d’un prochain mandat. «Jamais nous ne changerions le statut du Québec sans consulter la population québécoise. C’est un engagement ferme et clair», a précisé Mme Marois. 

Mme Marois promet de batailler ferme afin de se voir confier les rênes d’un gouvernement majoritaire dans un peu plus de trois semaines. «Je vais travailler jusqu’au dernier jour, jusqu’à la dernière heure, jusqu’à la dernière minute pour que nous allions chercher la confiance des Québécoises et des Québécois parce que nous pourrons travailler plus librement, honnêtement, comme gouvernement majoritaire», a-t-elle dit, ne digérant pas encore la «pure partisanerie» aveuglant les élus libéraux avant la relâche parlementaire.

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