Marois et Parizeau divisés sur la nature du débat électoral

«Le vrai débat, c’est l’élection d’un gouvernement pour diriger le Québec», a déclaré Mme Marois, samedi avant-midi, lors d’un point de presse à Montréal.
Photo: Annik MH de Carufel - Archives Le Devoir «Le vrai débat, c’est l’élection d’un gouvernement pour diriger le Québec», a déclaré Mme Marois, samedi avant-midi, lors d’un point de presse à Montréal.

Pauline Marois et Jacques Parizeau ne s’entendent pas sur la nature du « vrai débat » de la campagne électorale. «Le vrai débat, c’est l’élection d’un gouvernement pour diriger le Québec», a déclaré Mme Marois, samedi avant-midi, lors d’un point de presse dans l’arrondissement Ville-Marie.

« Nous sommes un parti souverainiste. Nous continuons d’en faire la promotion. Cela va de soit. Encore une fois, nous pensons que l’élection qui arrive maintenant est une élection qui porte sur le choix d’un gouvernement, et pas d’une option constitutionnelle », a-t-elle ajouté, se distanciant du coup de l’ancien premier ministre Jacques Parizeau. 

 

Le chroniqueur invité au Journal de Montréal s’est dit « simplement heureux » de constater « enfin » le « retour [de la souveraineté du Québec] au centre des débats » à la suite de l’entrée en scène de Pierre Karl Péladeau dans l’arène politique. Selon lui, le magnat des médias a contribué à recentrer la campagne électorale sur le « vrai débat ». « Il était temps », a-t-il écrit. 

 

Cependant, la souveraineté du Québec constitue l’enjeu le moins important dans cette campagne électorale selon un sondage Léger Marketing-Le Devoir dévoilé samedi. En effet, 69 % des répondants souhaitent en entendre parler le moins possible. 

 

Mme Marois n’a pas voulu commenter le transfert des appuis de la Coalition avenir Québec vers le Parti libéral du Québec opéré dans la foulée de l’annonce de la candidature de M. Péladeau — un indépendantiste sans complexe — dans la circonscription de Saint-Jérôme. « Je n’avais pas sous-estimé l’effet que l’arrivée de Pierre Karl Péladeau aurait dans la campagne électorale », a-t-elle mentionné. 

 

La chef péquiste a dit se « réjoui[r] tous les jours » du saut en politique de M. Péladeau. Il s’agit d’« un personnage immense, […] quelqu’un qui va apporter une contribution considérable à [son] équipe ». « Déjà, il en fait la démonstration depuis quelques jours », a-t-elle souligné. 

 

«Je n’ai pas rêvé à ça!» 

 

Pauline Marois montre du doigt le chef du PLQ, Philippe Couillard, pour avoir remis le statut constitutionnel du Québec au coeur de la campagne électorale. « M. Couillard a mis de l’avant le fait qu’il voulait s’engager dans une ronde constitutionnelle. Je n’ai pas rêvé ça! Je l’ai entendu! » a-t-elle lancé, tournant en ridicule la tournée à travers le Canada proposée par son adversaire afin de faire reconnaître le caractère spécifique du Québec dans la Constitution. « [Celle-ci] nous a été imposée en 1982! » a-t-elle pris soin de rappeler.« Je retourne encore une fois la balle du côté de M. Couillard. C’est M. Couillard actuellement qui veut faire un débat constitutionnel. Or, on ne sait pas ce qu’il veut proposer et on ne sait s’il veut consulter les Québécois. » 

 

Philippe Couillard, rebaptisé « M. Capitaine Canada » par Mme Marois, échouerait à coup sûr à réformer le fédéralisme canadien. « Les preuves jusqu’à maintenant n’ont pas démontré qu’il était possible de réformer en profondeur le fédéralisme », a-t-elle indiqué. 

 

De son côté, le PQ propose la tenue d’une « discussion » ou d’une « consultation » après le dépôt d’un Livre blanc sur l’avenir du Québec, mais refuse de promettre la tenue ou la non-tenue d’un référendum au cours d’un prochain mandat. « Jamais nous ne changerions le statut du Québec sans consulter la population québécoise. C’est un engagement ferme et clair », a insisté Mme Marois. 

À voir en vidéo