Sondage Léger-Le Devoir: Legault demeure «serein»

La Coalition avenir Québec (CAQ) a une «côte à remonter», mais son chef promet de continuer à se battre même s’il est marginalisé par le débat référendaire.
Photo: - Archives Le Devoir La Coalition avenir Québec (CAQ) a une «côte à remonter», mais son chef promet de continuer à se battre même s’il est marginalisé par le débat référendaire.
«Je ne déchirerai pas ma chemise en disant: c’est pas juste.» Largué dans le sondage Léger-Le Devoir publié samedi, François Legault maintient qu’il ne «baissera pas les bras» et qu’on ne «le verra pas de mauvaise humeur» d’ici la fin de la campagne, malgré «le vent de face»

Là où les chefs politiques ont souvent l’habitude de ne pas commenter les sondages, M. Legault s’est lancé de lui-même dans l’exercice samedi matin.

«J’ai vu les sondages, a-t-il dit. On est dans une situation de côte à remonter, mais je reste serein, je n’oublie pas que j’ai été choyé par la vie. Je ne viendrai pas me plaindre ce matin. Mais je vais continuer à me battre pour dire que ce n’est pas vrai qu’on est condamnés à être moins riches et plus taxés au Québec. On a un plan et c’est possible d’y arriver», a-t-il dit.

Mais ce plan — économie de dépenses et projet Saint-Laurent pour créer des emplois de qualité  — n’a visiblement pas beaucoup de résonnance, montre le sondage. François Legault pense que ça peut changer.

Dans une journée toute hockey à la CAQ — match amical dans un aréna de Mascouche, et écoute publique de la partie du Canadien ce samedi soir —, M. Legault a fait allusion au fait qu’il y «a une période de jouée, il en reste deux. Je reste confiant que les Québécois ne vont pas se sentir condamnés à faire ce qu’ils font depuis 40 ans, soit voter souverainiste ou fédéraliste.»

Dans ce débat polarisant, François Legault ne trouve pas son compte, reconnaît-il. Et les libéraux récoltent les votes de transferts. «C’est à cause de l’histoire, des vieilles habitudes, pense M. Legault. Depuis 40 ans, les gens votent d’abord selon l’allégeance fédéraliste ou souverainiste. […] On est obligés de se rendre compte qu’on est effectivement dans une espèce de campagne qui ressemble aux 40 dernières années au Québec.»

Mais il dit qu’il «ne faut surtout pas changer de plan de match. Il faut garder le cap. Notre défi, c’est de dire que les gens ne sont pas obligés de choisir entre un référendum et pas de référendum. À la CAQ, on offre un deux pour un. Pas de référendum, et aussi un plan pour recommencer à avancer.»

Question référendaire

François Legault se dit convaincu «qu’on ne va pas parler de référendum pendant trois semaines». Il impute à l’arrivée de Pierre Karl Péladeau le regain d’intérêt autour de la question référendaire — ce qui n’empêche pas le thème de la souveraineté d’être au dernier rang des enjeux dont les Québécois veulent entendre parler, selon le sondage Léger-Le Devoir.

Celui-ci place la CAQ troisième avec 14 % des intentions de vote, loin derrière libéraux et péquistes (37 % chacun) et quelques points devant Québec solidaire (9 %). Chez les francophones, la CAQ  est à 15 %.

La CAQ présentait ce samedi matin son rapport Cap sur nos familles, la stratégie détaillée du parti en matière économique. C’est le député sortant de Lévis, Christian Dubé, qui a mené l’exercice, qui s’étale sur près de 60 pages. Les grandes conclusions avaient été dévoilées dès le deuxième jour de campagne, par le cadre financier.

D’autres détails suivront.

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