Livre blanc: des modalités à définir

Pauline Marois a visité la circonscription de Verdun, à Montréal, où se présente sa candidate Lorraine Pintal (à gauche).
Photo: - Le Devoir Pauline Marois a visité la circonscription de Verdun, à Montréal, où se présente sa candidate Lorraine Pintal (à gauche).

Repentigny — La chef du Parti québécois, Pauline Marois, démêlera les modalités de son livre blanc sur l’avenir du Québec d’ici à la fin de la campagne électorale.

 

« Il y a des choses qu’on pourra préciser en cours de route pendant cette campagne électorale. Rassurez-vous », a-t-elle affirmé lors de son passage à Repentigny vendredi après-midi. « Mais, je ne peux pas m’enfermer à ce moment-ci dans un modèle trop rigide. »

 

Mais chose certaine, l’exercice sera non contraignant, a-t-elle indiqué. Le gouvernement pourrait ainsi ignorer les conclusions de la vaste consultation — où tous les avis seront bienvenus, y compris ceux du gouvernement fédéral.

 

Détails à venir

 

Les Québécois connaîtront tous les détails de la consultation au lendemain d’une éventuelle élection d’un gouvernement péquiste majoritaire. « Il y a des gens qui y travaillent dans mon équipe. Cependant, lorsque nous aurons adopté le tout — nous croyons dès le début du mandat —, il sera possible de préciser les modalités de la consultation », a expliqué Mme Marois, en marge d’une visite de l’entreprise d’économie sociale Formétal.

 

Elle a promis un plan d’action visant à donner un nouveau souffle aux 7000 entreprises d’économie sociale au Québec.

 

La chef du PQ a été rattrapée dans les circonscriptions de Saint-Henri–Saint-Anne, Verdun et Repentigny par des questions sur l’avenir du Québec. Le gouvernement du Québec préparera un « état de la situation », puis le soumettra à « la discussion » et à « la consultation » en fonction de son « agenda », a-t-elle expliqué vendredi.

 

Le PQ pressera-t-il le pas afin de compléter l’exercice avant la prochaine élection fédérale, à l’automne 2015 ? Non, assure-t-on dans le camp de la première ministre. L’équipe du PQ fera « les choses dans l’ordre » contrairement à celle du Parti libéral du Québec.

 

Le chef libéral, Philippe Couillard, compte se lancer dans une nouvelle ronde de négociations avec le reste du Canada afin de reconnaître le « caractère spécifique » du Québec dans la Constitution, a dénoncé Mme Marois. « A-t-il parlé à M. Harper ? » a-t-elle lancé, jugeant son principal adversaire « un peu difficile à suivre » ces jours-ci. Elle soupçonne M. Couillard de ne pas avoir l’intention de consulter la population avant de « verrouiller le statut du Québec » en signant la Constitution du Canada.

 

D’autre part, le gouvernement péquiste ne s’isolera pas sur l’échiquier politique canadien au cours des prochaines années, et ce, même s’il mène une consultation sur l’avenir du Québec, a souligné la leader du mouvement indépendantiste. « Nous continuerons d’entretenir de très bonnes relations avec le reste du Canada même si nous sommes souverainistes. »

 

Brandissant « un plan responsable » pour les quatre prochaines années, le PQ a cherché encore vendredi à se distancier d’une campagne électorale ayant l’allure d’une campagne référendaire. « [Nous avons] une vision, une perspective, au plan économique, social, culturel, du développement régional… Et sur la question de l’avenir du Québec », a répété Mme Marois.

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La Pinière: Pauline Marois souhaite la réélection de Fatima Houda-Pepin

En raison de sa « contribution importante » dans le débat sur les valeurs québécoises, l’ex-députée libérale Fatima Houda-Pepin mérite d’être réélue, est d’avis la chef péquiste, Pauline Marois.

À la demande de militants, le Parti québécois ne présentera pas de candidat dans La Pinière. « Nous ne sommes pas d’accord sur tout, mais sa position est certainement mieux que le statu quo de Philippe Couillard », a affirmé Mme Marois lors d’un point de presse vendredi après-midi. Mme Houda-Pepin — « une femme qui a été capable de se tenir debout », selon Mme Marois — a été exclue du caucus libéral le 20 janvier dernier en raison d’un désaccord profond avec le chef Philippe Couillard sur la neutralité religieuse de l’État. Une situation « dommage », a dit Mme Marois. « La charte de la laïcité est importante pour le futur du Québec et nous voulons travailler avec ceux et celles qui veulent faire avancer les choses », a-t-elle souligné.

La chef du PQ s’est toutefois gardée de lancer un mot d’ordre aux militants péquistes du fief libéral en vue du scrutin, ou de les appeler à prêter main-forte à Mme Houda-Pepin. « S’il y a des membres du parti qui souhaitent donner un coup de pouce à Mme Houda-Pepin, ce sera libre à eux d’agir en fonction de leurs convictions. »

Plusieurs voient dans la décision inusitée du Parti québécois un pied de nez au candidat vedette du Parti libéral du Québec, le docteur Gaétan Barrette, y compris le principal intéressé. « Dans la catégorie manipulation, ça mérite un Oscar », a-t-il lancé sur les ondes de Radio-Canada.

 

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