Les appuis de Larose et Laviolette font des vagues à la CSN

L’appui bien senti de deux ex-leaders de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) à l’ex-magnat des médias Pierre Karl Péladeau crée un malaise au sein de la centrale syndicale. Réunis en conseil confédéral dans la métropole ces derniers jours, de nombreux délégués ont longuement pourfendu Gérald Larose et Marc Laviolette. Le tout alors que ce dernier se trouvait dans la salle.

 

« On s’attendait à ce que ça réagisse fort à la lettre, et c’est exactement ce qui s’est produit », a indiqué vendredi le président de la CSN, Jacques Létourneau, à l’issue de la réunion de trois jours. Mardi, douze personnalités souverainistes, dont MM. Larose et Laviolette, saluaient l’entrée en politique de Pierre Karl Péladeau, dont le passage à la direction de Québecor s’est soldé par 14 lockouts dans diverses filiales de l’entreprise.

 

« C’est sûr que compte tenu de la feuille de route de M. Péladeau, du conflit au Journal de Montréal […] et des relations de travail dans leur ensemble [chez Québecor], certains ont été choqués par la prise de position de MM. Larose et Laviolette », avoue M. Létourneau. D’autres ont dit trouver difficile la réconciliation des idéaux souverainistes et progressistes de la CSN et l’entrée en politique de M. Péladeau.

 

Appui aux «candidatures progressistes»

 

Tout ça pendant que Marc Laviolette se trouvait dans la salle. Président de la CSN de 1999 à 2002, il est aujourd’hui vice-président de la Fédération de l’industrie manufacturière. Généralement volubile lors de ce type d’assemblée, M. Laviolette s’est fait « particulièrement discret », note M. Létourneau.

 

Les 350 délégués de la CSN ont adopté une proposition invitant les membres de la centrale à exercer leur droit de vote en « favorisant les candidatures progressistes », tout en se prononçant pour les principes de laïcité. La CSN, ouvertement souverainiste, n’a jamais appuyé en bloc un parti politique, a affirmé M. Létourneau. Reste à savoir sur quel parti les membres de la centrale syndicale jetteront leur dévolu, après ces âpres débats.pé

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