Les citoyens de Malartic se sentent oubliés

La mine à ciel ouvert d’Osisko à Malartic, en Abitibi-Témiscamingue, est la plus grande du genre en milieu habité au Québec.
Photo: Lawrence Côté-Collins La mine à ciel ouvert d’Osisko à Malartic, en Abitibi-Témiscamingue, est la plus grande du genre en milieu habité au Québec.

Malartic — Les citoyens de Malartic en Abitibi-Témiscamingue ont fini par se faire à l’idée d’avoir un immense trou minier dans leur cour arrière. Depuis l’ouverture de la mine d’or d’Osisko en 2011, ils se sont habitués à sentir la terre trembler au moins une fois par jour lors des dynamitages. Mais ces explosions quotidiennes ont de l’impact sur leur qualité de vie et même leur santé.

 

Réunis dans un restaurant, vendredi avant-midi, des membres du Comité vigilance de Malartic (CVM) et du Regroupement des citoyens du quartier sud de Malartic ont lancé un appel aux différents partis politiques pour revoir la Loi sur les mines, qui vient d’être adoptée en décembre dernier, ou du moins à s’assurer de mettre en place les règlements établis.

 

« Il y a encore des lacunes majeures dans la nouvelle loi 70 », lance Nicole Kirouac, avocate, et l’une des personnes-ressources du CVM. « On n’imagine pas toutes les conséquences que subissent les citoyens qui vivent dans la zone limitrophe de la mine. Des centaines de citoyens ont vu la structure de leur maison abîmée ou ont subi des problèmes de santé. Mais il n’y a aucun mécanisme dans la loi actuelle pour accompagner les citoyens touchés par de tels projets miniers », explique-t-elle.

 

Lors de son passage dans la municipalité, le député sortant de Québec solidaire (QS) Amir Khadir a pu constater les dommages causés par les activités minières d’Osisko. Le propriétaire du restaurant lui a montré les fissures dans les murs de son établissement qui a dû fermer en raison du bruit, de la poussière et des dommages causés. « On sent ici un grand désespoir », a mentionné M. Khadir après avoir écouté les doléances des citoyens.

 

« Les gens se sentent abandonnés par les autorités et il y a des déchirements au sein des familles depuis l’ouverture de la mine », raconte-t-il.

 

Laboratoire vivant

 

Les membres du CVM reconnaissent que le climat social a changé ces dernières années. Les citoyens refusent de se plaindre de peur de perdre leur emploi, bien qu’ils subissent les conséquences. Il faut dire que la majorité des citoyens de Malartic travaillent à la mine d’Osisko et font de très bons salaires. « C’est triste à dire, mais les langues vont se délier s’il y a un jour une catastrophe », affirme une résidante.

 

Le porte-parole du CVM, Jacques Saucier, croit justement qu’il est encore temps d’éviter le pire et surtout, de rendre malade la population. « Le gouvernement a la responsabilité de s’assurer qu’il n’y a pas de dommages collatéraux, lorsqu’il permet des projets miniers comme celui de Malartic. Mais actuellement, on est comme un laboratoire vivant. La santé publique fait des études, mais on dirait qu’on ne finit pas d’étudier et rien n’est fait pour qu’on se sente plus protégé », indique-t-il.

 

À défaut de changer la nouvelle Loi sur les mines, M. Saucier souhaite au moins que le prochain parti au pouvoir s’assure d’appliquer les règlements prévus dans la loi, notamment celui qui exige la mise sur pied de comités de suivi.

 

Alors que le chef du Parti libéral, Philippe Couillard, était de passage à Val-d’Or, vendredi, le CVM a déploré le manque d’ouverture et d’intérêt des libéraux. Mme Kirouac a tenu à souligner que M. Khadir a été à l’écoute de leur demande dès le début du projet en 2007 et que le Parti québécois a aussi collaboré.

 

La ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet avait rencontré les groupes citoyens de Malartic, il y a plus d’un an. « Mais est-ce que le PQ pourra aller plus loin s’il est majoritaire ? J’ai des doutes puisqu’il aurait pu aller plus loin pour les redevances minières, mais il a reculé », dit-elle.

2 commentaires
  • Jacques Saucier - Inscrit 15 mars 2014 03 h 35

    Mine Malartic: comité de suivi indépendant

    Precision: important de mettre sur pied des comités de suivi indépendants, autonomes, credibles et ayant accès à une expertise autre que celle du promoteur.

    Jacques Saucier
    Porte-parole CVM

  • Gaetane Derome - Abonnée 15 mars 2014 16 h 57

    Abitibi-Est.

    Malartic fait partie de la circonscription de l'Abitibi-Est,qui oscille historiquement entre parti liberal et PQ.En 2012 ils ont elu une depute du PQ mais auparavant ils avaient elu un depute liberal qui lui a eue un mandat de 4 ans.
    La depute actuelle n'a eue que 18 mois sous gouvernement minoritaire,donnez-lui une chance!
    L'Abitibi-Ouest qui elit un depute pequiste depuis 1976,et ce sans faute,on pense ici a M.Gendron semble bien servi par celui-ci car il connait bien les dossiers de sa region.
    Est-ce que ca repond a votre question Mme Kirouac ou il faut etre plus precis?