​La CAQ annonce des dépenses de 40 millions en éducation

François Legault considère souhaitable que les écoles désignent des tuteurs qui interviendront de manière ciblée auprès des élèves vulnérables.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir François Legault considère souhaitable que les écoles désignent des tuteurs qui interviendront de manière ciblée auprès des élèves vulnérables.
La Coalition avenir Québec entend déployer dans toutes les écoles primaires quelque 500 nouveaux spécialistes, mais abandonne l'idée de prolonger les heures d'enseignement.

Des psychologues, orthopédagogues et psychoéducateurs seraient déployés dans les écoles, mais visiteraient aussi les centres de la petite enfance pour faire du dépistage et identifier les enfants présentant des difficultés en bas âge, soit dès 3 ans.

«Il y a 175 000 enfants classés avec des troubles d'apprentissage. Ce sont ces enfants qu'on doit viser si on veut augmenter le taux de réussite», a indiqué M. Legault, vendredi, ajoutant que la lutte au décrochage scolaire doit «devenir une obsession».

La Coalition juge également nécessaire d'améliorer le soutien pédagogique et l'encadrement des jeunes du secondaire et considère souhaitable que les écoles désignent des tuteurs qui interviendront de manière ciblée auprès des élèves vulnérables.

Un gouvernement de la CAQ déploiera par ailleurs quelque 120 nouveaux conseillers en orientation pour aider les élèves à faire leur choix de carrière et planifier leur avenir.

«Dans l'est de Montréal ou encore dans certains autres endroits au Québec, il y a des taux de décrochage de 40 ou 50 %. C'est dramatique et inacceptable, si on croit moindrement en l'égalité des chances. Le Québec est dernier au Canada dans les taux de diplomation en secondaire 5», a-t-il soutenu.

Selon la CAQ, ces mesures nécessiteront un investissement de 40 millions, dont 28 millions destinés au dépistage précoce et 12 millions pour améliorer la persévérance scolaire au secondaire.

M. Legault abandonne cependant l'une des propositions clés de sa formation politique en éducation lors de la dernière campagne. Ainsi, il n'est plus question d'allonger les journées scolaires misant sur un horaire de «9 à 5». «Il faut faire des choix», explique M. Legault.

Le chef caquiste a livré une charge à fond de train contre le gouvernement Marois en matière d'éducation, affirmant qu'au cours des 18 derniers mois, elle n'a pas respecté ses engagements en éducation.

«Lors de la dernière campagne, Mme Marois a annoncé qu'elle engagerait 600 personnes de plus en éducation. Elle ne l'a jamais fait. Il n'y a plus personne qui croit en ses promesses», a-t-il affirmé.

Il en aussi profité pour s'attaquer encore une fois aux commissions scolaires.

«Les parents qui ont des enfants avec des difficultés se retrouvent démunis et découragés des non-réponses des commissions scolaires. Ceux qui ont plus d'argent vont engager un orthopédagogue au privé, mais il faut les aider plus. C'est un gaspillage de ne pas les aider», a-t-il ajouté.

Alors qu'il accuse ses opposants de dépenser à tout vent en effectuant des promesses coûteuses, François Legault estime que la lutte au décrochage est un dossier qui impose une promesse d'argent neuf.

«C'est une des rares dépenses que vous allez m'entendre annoncer durant cette campagne, mais l'enjeu est trop important», a-t-il affirmé.

Polarisation du vote

François Legault assure que la polarisation possible du vote entre le Parti québécois et le Parti libéral concernant le thème de la souveraineté ne l'inquiète pas.

La «campagne est jeune», répète-t-il, et il préfère décrire le choix des électeurs autrement.

«Actuellement, il y a deux choix. Le Parti Québécois et le Parti libéral qui ont prouvé qu'ils étaient des mauvais gestionnaires et qui veulent augmenter les taxes. Et, il y a la CAQ, un parti qui veut bien gérer et baisser les taxes», répète-t-il inlassablement lors des rencontres avec la presse.

Depuis le début de la campagne, le chef de la CAQ s'offre un horaire allégé, alors que les activités sont peu nombreuses et que la tournée prend habituellement fin assez tôt en journée.

Un premier rassemblement de militants se déroulera dimanche, soit 12 jours après le lancement de la campagne électorale, dans la circonscription du chef caquiste, à L'Assomption.

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4 commentaires
  • Olivier Rene - Inscrit 14 mars 2014 10 h 06

    Une mesure qui éclipse un débat bien plus important

    À l'heure ou plusieurs spécialistes dénoncent l'ampleur du phénomène du dépistage précoce et sollicitent un plus large débat sur la question, M. Legault propose une armée de spécialistes non pas pour "aider et soutenir" les enfants dans leur développement mais pour identifier et évaluer (rendre fonctionnels de futurs contribuables payeurs de taxes!).

    Je suis pour de tels investissements en éducation car je crois que le système en manque cruellement, cependant c'est un raccourci grossier que de de "faire la chasse" aux enfants vulnérables. Le phénomène de la surconsommation de Ritalin (et autres psychotropes) chez les enfants n'est pas indissociable à la logique de l'identification et de l'évaluation précoce.

  • Marie-Claude Rousseau - Inscrite 14 mars 2014 12 h 41

    Et l'orthophonie dans tout ça?

    C'est une belle approche de penser à évaluer avant même l'entrée au préscolaire, mais il ne faut pas oublier l'intervention qui doit suivre immédiatement ensuite pour les enfants qui auraient été ciblés par l'évaluation initiale.

    De plus, c'est bien beau d'engager des psychologues, des orthopédagogues et des psychoéducateurs... mais pourquoi les orthophonistes/audiologistes, ces professionnels de la communication ne font pas partie de l'équation de Monsieur Légault? Un malheureux oubli? Une mauvaise connaissance des besoins des enfants? Ça part mal!

    Alors que les études font clairement le lien entre les compétences en langage et les résultats scolaires à l'école primaire et secondaire, l'orthophoniste a clairement sa place dans une équipe multidisciplinaire de ce genre, puisqu'elle a l'avantage de pouvoir évaluer les compétences langagières qui auront un impact dans les apprentissages (que ce soit sur le plan de la compréhension du vocabulaire, des consignes, de l'expression et de la construction des phrases, mais aussi des fonctions plus complexes du langage, du métalangage et des habilités nécessaires au développement de la lecture et de l'écriture). En plus, elle a les compétences pour intervenir sur les aspects déficients du langage. Un deux pour 1!

    L'orthophoniste doit faire partie de l'équipe! C'est comme si une équipe de hockey joue à 4 joueurs au lieu de 5 sur la patinoire! Il manque quelque chose!


    Marie-Claude Rousseau
    Orthophoniste en milieu scolaire

  • Carroll Roy - Inscrit 14 mars 2014 16 h 08

    Avec la disparition des commissions scolaires,

    qui va coordonner ces ressources mister lego....

    Il parle de la Finlande. Est-ce que les jeunes finlandais ressemblent tant que cela à nos québécois? est-ce que les parents finlandais se déresponsabilisent comme bien des parents québécois?

    Faites nous plaisir....50 millions... des peanuts....

  • Yvon Blais - Inscrit 15 mars 2014 17 h 49

    Pavé de bonnes intentions...

    Monsieur Legault décrit dans sa plate-forme électorale, en tout cas dans ce qui est rapporté dans cet article, des réalités et des besoins criants. Au-delà des chiffres auxquels on fait "dire beaucoup de choses" (ça a l'air beaucoup 40 millions, et 500 professionnels), il y a d'autres réalités mises un peu moins de l'avant par la CAQ:

    - 500 professionnels de plus à l'échelle de tout le Québec, c'est une goutte dans l'océan

    - il y a une omission grossière dans la liste des professionnels nommés: l'orthophoniste joue un rôle de premier plan dans le TRAITEMENT des troubles neurologiques, linguistiques et langagiers qui sous-tendent les troubles d'apprentissage

    - déployer 500 professionnels est déjà minuscule devant les besoins réels; en plus de leur demander d'intervenir dans les écoles, on leur donnera la tâche de dépister dans le réseau des CPE. Or, les collègues qui travaillent déjà dans les organismes publics, CLSC, commissions scolaires et hôpitaux, et qui doivent gérer des listes d'attente de deux ans et plus avant qu'un enfant puisse avoir des services... il ne sert à rien de dépister si on n'a pas les outils pour traiter par la suite.

    Au-delà des annonces politiques spectaculaires, il faut aussi faire connaître la réalité des gens qui sont sur le terrain et qui font face aux problématiques au quotidien.

    Yvon Blais, orthophoniste
    Clinique Mots et gestes, Gatineau