Couillard prêt à diriger le camp du Non

Le chef libéral Philippe Couillard se sent capable d’être un dirigeant du camp du Non.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le chef libéral Philippe Couillard se sent capable d’être un dirigeant du camp du Non.

Philippe Couillard entend bien servir de rempart contre le projet de Pauline Marois de faire du Québec un État souverain. Le chef libéral s’est dit apte mercredi de diriger de camp du Non advenant un référendum.

 

Il a aussitôt ajouté qu’il écartait cependant la tenue d’un référendum puisque, assure-t-il, un gouvernement libéral sera élu le 7 avril.

 

Néanmoins, le chef libéral dit se sentir « en droite ligne », dans la lignée de ses prédécesseurs du camp fédéraliste, en citant Robert Bourassa et Jean Charest.

 

Le Parti québécois (PQ) est prêt à tout pour faire l’indépendance, sans « beaucoup de scrupules », y compris « perdre ses repères et sa boussole », a dénoncé M. Couillard lors d’un point de presse dans une école de combat extrême de Montréal, où il faisait une annonce concernant la lutte contre l’intimidation.

 

Un « monde fantaisiste »

 

Il a vertement critiqué la perspective de Pauline Marois sur un Québec souverain, qui n’aurait pas de frontières avec le Canada, où on pourrait circuler librement. « Le PQ essaie toujours de nous amener dans un monde fantaisiste, un monde imaginaire, Alice au pays des merveilles, a-t-il répondu en anglais. Pas de frontières, pas de passeport, tout le monde sera ami. Bien sûr, dans un monde imaginaire, on n’a pas besoin de frontières. »

 

Par ailleurs, Philippe Couillard se réjouit du fait que Pierre Karl Péladeau éclipse sa chef Pauline Marois.

 

Le chef libéral a ainsi réagi, mercredi, à des données suggérant que l’entrée en scène du baron de la presse a dominé largement le palmarès des médias dans les 24 heures suivant l’annonce de sa candidature péquiste dans la circonscription de Saint-Jérôme. Selon les données recueillies par Influence Communications, le controversé homme d’affaires a obtenu 31,83 % du poids médiatique, contre 27,46 % pour Pauline Marois et 17,61 % pour Philippe Couillard.

 

Cela fait l’affaire du chef libéral, qui voit d’un bon oeil le nouveau porte-étendard de l’indépendance supplanter sa propre chef, la première ministre sortante.

 

Éclipse

 

Cette éclipse confirme que l’enjeu des élections est clair, un référendum ou les « vraies affaires », martèle M. Couillard, puisque le magnat de la presse a tout de suite avoué qu’il sautait dans l’arène pour faire la souveraineté. Il a toutefois évité de parler de son propre effacement du paysage médiatique. « Je ne suis pas mécontent du fait que M. Péladeau, en passant, éclipse largement celle qui est actuellement chef du Parti québécois », a-t-il déclaré.

 

Selon lui, « la question reste ouverte sur l’effet net » de l’entrée en scène de Pierre Karl Péladeau dans la campagne électorale.

 

Fait à noter, Philippe Couillard fait référence à son adversaire comme celle qui est « actuellement chef », comme si sa place pouvait être contestée, ou si ses jours pouvaient être comptés. M. Péladeau est-il devenu le vrai chef des troupes péquistes, ou attend-il son tour ? a-t-on demandé au chef libéral.

 

« On voit que le monde se positionne, a-t-il laissé entendre. Mais je ne parle pas des affaires internes des autres partis. »

 

Par contre, il ne s’est pas gêné pour parler de « collision » et d’« éclatement des repères » au sein du PQ, un parti qui abandonne ses « valeurs traditionnelles », en faisant ainsi allusion à l’arrivée d’un homme d’affaires vu comme de droite dans une formation sociale-démocrate.

41 commentaires
  • Pierre Valois - Abonné 13 mars 2014 01 h 13

    Les vraies affaires de M. Couillard

    Sur quelle planète vit donc cet homme pour considérer que la constitution d'un pays (et en attendant le pays, celui d'une province) ne constitue pas une ''vraie affaire''.

    Sous toutes les latitudes et à toutes les époques la constitution d'un pays est l'acte fondateur de ce pays. Et M. Couillard voudrait nous faire croire que de s'intéresser à la constitution de son territoire n'est que fadaises.

    Probablement que dans son couple la facture d'épicerie et la largeur de l'entrée de garage a pesé plus fort que son contrat de mariage et que ses engagements amoureux...c'est du moins ce que son discours nous laisse entendre.,

  • Pierre Labelle - Inscrit 13 mars 2014 04 h 25

    Je pensais avoir tout.....

    En matière de mesquinerie je pensais avoir tout vu, j'étais dans l'erreur la plus totale. Le soir du 20 mai 1980, suite au dévoilement des résultats du référendum, nous avons vus un Claude Ryan s'acharner sur un René Lévesque d'une façon excessivement mesquine, si l'on tient compte que ce dernier venait de subir "la défaite de sa vie". Même Trudeau s'était abstenu de descendre à ce niveau, et pourtant.... Les petites tactiques de bas étages que vous utilisez M. Couillard ne sont pas à votre honneur, à votre place j'aurais honte. Se servir de l'un pour tenter de détruire l'autre, ce n'est pas ce qui existe de plus brillant comme tactique de guerre. Mme Marois est bien en selle, et comme première ministre et comme chef du PQ, que cela vous plaise ou non. Vos basses tentatives de divisions et de diversion tombent à plat, elles sont indignes de l'intelligence que l'on vous prête à moins que.... Cela étant, que les médias parlent abondamment de PKP depuis les 3 ou 4 derniers jours, c'est tout à fait normal si l'on tient compte de la pointure de l'individu. Imaginé un Desmarais qui annonce sa candidature au PLQ, votre avenir M. Couillard deviendrait plus sombre qu'une éclipse de lune, alors vous devriez cesser toutes ces comparaisons et allusions malsaines et ridicules. Tant qu'aux valeurs traditionnelles du PQ, elles sont largement et de très loin supérieure à celles que vous trainez dans vos bagages au PLQ. Hier, quelque part à Montréal, devant des jeunes vous parliez d'intimidation; il me semble qu'avec toutes ces menaces voilées que vous lancez depuis le début de la campagne, vous devriez réfléchir à la signification de ce mot. Commencer par vous faire élire dans Roberval, ce qui est loin d'être acquis, après, s'il y a lieu, on verra à vous trouvez un siège à l'assemblé nationale.

    • Sylvain Auclair - Abonné 13 mars 2014 12 h 39

      Je me souviens de cette allocution de Claude Ryan. Il était méprisable.

    • René Poireau - Inscrit 13 mars 2014 18 h 36

      J'y pense encore aujourd'hui et j'en pleure amèrement. Détruire un homme comme notre René Lévesque qui s'était battu pour notre libération.

      Monsieur Ryan ne comprenait sûrement pas le besoin de se libérer du Canada.

      Allez, il faut voter pour le PQ, car cette fois-ci, la séparation se fera.

      René Poireau
      Gatineau

  • Robert Henri - Inscrit 13 mars 2014 05 h 28

    (...il ne s’est pas gêné pour parler de « collision » et d’« éclatement des repères » au sein du PQ, un parti qui abandonne ses « valeurs traditionnelles ») En dénonçant le virage péquiste, monsieur Couillard nous dit donc qu'il compte conserver les «valeurs» Libérales. Souvenons nous les valeurs de violence et d'intolérance du printemps des érables. Souvenons nous des magouilles Libérales tout au long du mandat de Jean Charest de qui monsieur Couillard se réclame qui ont choqué bien des Québécois. Au lieu de s'accuser de tous les maux, les différents candidats feraient bien mieux de nous dire comment ils comptent gouverner. Nous donner leurs plans et non des éléments à la pièce qui ne riment à rien ou qui semblent nous mener ailleurs que ce qu'on peut en comprendre.

  • Gaston Langlais - Inscrit 13 mars 2014 05 h 56

    Patinage de vitesse...

    Bonjour,

    Il patine tellement vite M. Couillard qu'il finira par planer au dessus de la bande.

    Gaston Langlais - Gaspé.

  • Robert Raymond - Inscrit 13 mars 2014 06 h 13

    L'éclipse Couillard.

    Pierre Karl Péladeau et Pauline Marois ont accaparé 59.29% du poids médiatique contre 17.6% pour Couillard. On se demande bien qui a été éclipsé des médias.

    • Michel Di pasquale - Inscrit 13 mars 2014 23 h 31

      M Couillard le sait bien qu'il est totalement éclipsé du poids médias
      Votre calcul est en effet dévastateur pour le PLQ
      Il ne passe pas la rampe et son image médias est loin d'être "gagnante"