Marois rêve d’un pays sans frontières

Bécancour — La chef du Parti québécois, Pauline Marois, rêve à un Québec sans frontières. Les visiteurs canadiens n’auront pas à s’arrêter à un poste frontalier ou un poste de péage s’ils souhaitent séjourner dans un Québec indépendant, a-t-elle indiqué mardi.

 

« [Les Canadiens] pourront continuer de venir chez nous. Il n’y aura pas de frontières et il n’y aura pas de péages », a déclaré Mme Marois, mardi, à l’occasion d’un point de presse à l’Astrolab du parc national du Mont-Mégantic.

 

Après avoir détaillé la politique en matière de tourisme du PQ, la leader du mouvement indépendantiste a été questionnée sur les attraits touristiques d’une éventuelle République du Québec. « Ça ne changera pas nos paysages en tout cas. Ça, c’est sûr », a-t-elle affirmé, l’air amusé. « On pourra continuer à aller voir les Rocheuses de l’ouest du pays et aller à l’Île-du-Prince-Édouard. Puis, ils pourront continuer de venir chez nous », a-t-elle poursuivi.

 

À l’européenne

 

La première ministre s’est montrée favorable à la création d’un espace de libre circulation des personnes entre une éventuelle République du Québec et le Canada. En Europe, les individus peuvent circuler sans passeport et sans crainte de subir de contrôles dans 22 États de l’Union européenne et quatre États associés, soit la Norvège, l’Islande, la Suisse et le Liechtenstein. C’est l’espace Schengen.

 

Rattrapée par sa déclaration à Bécancour, où elle a fait le point sur le fonds de diversification économique de 200 millions de dollars mis en branle pour contrer les impacts négatifs de la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2, la chef du PQ a été appelée à préciser sa pensée. Mais, Mme Marois a refusé de pronostiquer davantage sur les changements à opérer au lendemain d’un référendum sur l’indépendance du Québec gagné par le camp du Oui

 

Les Québécois garderont-ils leur passeport canadien ? l’a interrogée une journaliste. L’absence de frontière visible « ne veut pas nécessairement dire qu’il n’y aura pas de citoyenneté et pas de passeport », s’est contentée de dire Mme Marois.

 

Elle a toutefois réitéré son souhait de « faire » la souveraineté « le plus rapidement possible », mais sans bousculer la population québécoise. « Nous allons prendre le temps d’aller à la rencontre des Québécois. Nous allons présenter un livre blanc sur l’avenir du Québec », a-t-elle expliqué une nouvelle fois.

 

Démarche honnête

 

À ses yeux, la démarche proposée par le PQ respire une « honnêteté absolue » puisqu’elle « dit exactement ce que [le parti politique va] faire dans les prochaines années », a-t-elle fait valoir.

 

Pauline Marois n’est pas embêtée par l’attention médiatique accordée au projet de « pays du Québec » de sa formation politique, comparativement à celle accordée à son plan économique. « Ça ne me dérange pas du tout », a-t-elle dit. Elle y voit des enjeux concomitants. « Pouvoir “ mixer souveraineté et économie, c’est tout à fait plausible. […] Nous pensons même que c’est un avantage au plan économique que de prendre en mains notre propre destin. »

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Desgagnés défend La première

Le metteur en scène Yves Desgagnés s’est défendu d’avoir réalisé une « infopub » de trois quarts d’heure sur la chef du PQ, Pauline Marois, toujours accessible aux abonnés Illico pendant la campagne.

Le documentaire La première « n’est pas réapparu hier ». « Il est à la télévision depuis neuf mois », a indiqué M. Desgagnés lors d’un impromptu de presse mardi.

M. Desgagnés en a eu l’idée après être passé « à un cheveu » de perdre la vie lors de la soirée électorale du 4 septembre 2012. « Ça donne un choc, ça, mon ami […] Ce n’est pas normal dans notre société qu’un homme ou une femme politiques, peu importe le parti, se fasse menacer avec un AK-47. Ça ne se peut pas ! » Il reconnaît toutefois que La première ait pu profiter à Mme Marois. « Je n’étais quand même pas pour la tuer une deuxième fois. […] S’il avait été pourri, on n’aurait pas ce point de presse actuellement. Il a dû faire une bonne job », a-t-il affirmé.

La chef du PQ a convié les électeurs à une campagne dont la mise en scène est signée Yves Desgagnés, a déploré de son côté François Legault. « D’abord, on a vu deux milliards d’annonces, ensuite on avait prévu de ne pas répondre aux questions, ensuite de ne pas participer à tous les débats, ensuite on sort Pierre Karl Péladeau, dit-il. Les Québécois […] ne se feront pas gagner par un spectacle qui est malheureux. »


Avec Guillaume Bourgault-Côté

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