Québec solidaire veut des CLSC ouverts jour et nuit

Le député de Mercier, Amir Khadir, qui est aussi médecin spécialisé en microbiologie-infectiologie, affirme que la présence des  super-infirmières dans les CLSC serait bénéfique pour améliorer les soins de proximité offerts à la population.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le député de Mercier, Amir Khadir, qui est aussi médecin spécialisé en microbiologie-infectiologie, affirme que la présence des  super-infirmières dans les CLSC serait bénéfique pour améliorer les soins de proximité offerts à la population.

Québec solidaire (QS) veut revaloriser les CLSC en les utilisant pour offrir les soins de première ligne. Contrairement aux libéraux qui proposent de créer 50 « super-cliniques » pour désengorger les urgences, les solidaires croient qu’il n’est pas nécessaire de créer de nouvelles structures, mais bien d’utiliser à leur plein potentiel les 140 CLSC qui existent déjà au Québec.

 

« On veut des CLSC améliorés, renforcés, qui ne sont pas dans l’état actuel des choses avec des heures écourtées et l’absence de professionnels, mais bien des CLSC pivots qui sont intégrés dans un réseau de soins », a expliqué Amir Khadir, le député sortant de QS, en précisant qu’il n’est pas question de fermer pour autant les cliniques et les groupes de médecine familiale (GMF).

 

Québec solidaire soutient qu’il serait possible d’offrir dans les CLSC des soins 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, en investissant 400 millions de dollars au cours des cinq prochaines années pour embaucher 800 professionnels de la santé, dont des physiothérapeutes, des inhalothérapeutes, mais surtout des médecins et des infirmières spécialisées, qu’on appelle les super-infirmières.

 

M. Khadir, qui est aussi médecin spécialisé en microbiologie-infectiologie, affirme que la présence de ces super-infirmières dans les CLSC serait bénéfique pour améliorer les soins de proximité offerts à la population. « Un mal de tête et un rhume, ça peut se régler par une infirmière. Une infirmière est très apte à savoir si la fièvre du bébé est due à une otite. Elle peut procéder au remplacement d’un cathéter, faire l’infusion de certains traitements, changer des pansements, enlever des points de suture », donne-t-il comme exemples.

 

Davantage d’infirmières spécialisées

 

Mais pour le moment, on ne compte qu’environ 200 infirmières spécialisées au Québec. M. Khadir pense que le nombre pourrait augmenter de façon substantielle. « On a énormément d’infirmières, qui ont déjà un baccalauréat et qui sont prêtes à se spécialiser, et ça ne prendrait que de 18 mois à deux ans pour les former », affirme-t-il.

 

Le député de QS reconnaît qu’il y a encore d’énormes réticences à faire une plus grande place à ces infirmières dans le réseau de la santé. « Il y a actuellement un gros problème : les médecins ne veulent pas laisser de place aux autres professionnels, que ce soit les pharmaciens ou les infirmières. Pourquoi ? Parce que leur lobby politique est trop puissant et on leur accorde tous les pouvoirs », déplore-t-il.

 

Selon lui, il est temps d’arrêter de penser les soins en fonction des besoins des différents groupes d’intérêt. « Si un gouvernement est dominé par les lobbys, comme ce sera le cas avec les libéraux et [comme c’est] trop souvent le cas avec les péquistes, c’est sûr que ça ne marchera pas, si on ne décide pas de surmonter les obstacles causés par le corporatisme en place », indique M. Khadir.

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