Crédit d'impôt: Legault cible le multimédia

François Legault était de passage dans un restaurant de Saint-Germain-de-Grantham lundi.
Photo: La Presse canadienne (photo) Ryan Remiorz François Legault était de passage dans un restaurant de Saint-Germain-de-Grantham lundi.
Trois-Rivières — Les « multinationales matures » du secteur des multimédias et les « grandes entreprises » de l’électronique comme CGI et IBM n’ont pas besoin de crédits d’impôt aussi généreux que ceux qui sont actuellement offerts, estime François Legault. Pour financer son Projet Saint-Laurent (PSL), la Coalition avenir Québec (CAQ) propose ainsi de revoir la composition de ce type de crédits.

Le chef de la CAQ a détaillé, lundi à Trois-Rivières, son PSL, qui permettra, selon lui, de créer 50 000 emplois « de qualité » en quatre ans. Ces emplois s’ajouteraient à ceux de la croissance prévue de 160 000 emplois, pour un engagement total de 210 000.

Pour financer les investissements de deux milliards en quatre ans nécessaires pour la mise en place du PSL, François Legault prévoit récupérer 1 milliard dans les sommes prévues par la Politique économique du Parti québécois. Un autre milliard viendrait du réaménagement de crédits d’impôt.

« On ne parle pas de les abolir, mais de les réduire », a tempéré M. Legault. Dans la ligne de tir de la CAQ : 55 % du crédit pour la production de titres multimédias (70 millions sur 128 millions) et 60 % du crédit pour le développement des affaires électroniques (170 millions sur 270).

La CAQ réaménagerait aussi le crédit d’impôt pour la recherche et le développement afin de favoriser les dépenses faites dans une faculté de recherche universitaire.

Pas de pertes?

François Legault ne craint pas que les réaménagements prévus n’entraînent des pertes d’emplois. Mais son porte-parole en finances, Christian Dubé, avait reconnu jeudi dernier que la CAQ risquait de « faire peur à du monde » avec les changements proposés.

Lundi, le producteur de jeux vidéo Ubisoft n’a pas voulu réagir. Mais aux yeux de Montréal International, un organisme public-privé dont la mission consiste à attirer des investissements, « quand on est sur la liste des endroits entre lesquels un investisseur hésite, c’est souvent le crédit d’impôt qui va permettre de faire la différence », selon l’économiste en chef, Christian Bernard.

Le Projet Saint-Laurent présenté lundi reprend le contenu de son livre du même nom paru l’automne dernier. C’est l’épine dorsale de la politique économique de la CAQ. L’idée centrale est de créer une « vallée de l’innovation » le long du Saint-Laurent, rassemblant une vingtaine de « zones d’innovation ».


Avec François Desjardins
7 commentaires
  • Jacques Gagnon - Inscrit 10 mars 2014 10 h 46

    Un drôle d'entrepreneur

    Faire croire aux gens que les crédits d'impôts, ça ne rapporte rien, c'est complètement irresponsable. Après avoir fait croire aux gens que tous les aministrateurs étaient surperflus, il nous montre ici qu'il n'a été qu'un opportuniste en affaires aussi.

    Il ne fera pas peur au monde, mais au monde des affaires. Quel est l'environnement économique dans lequel on évolue mondialement ? Il s'en balance. Il ne fera aucune économie car ces programmes ont prouvé leur efficacité depuis longtemps. De plus, il va à contre-sens des politiques conservatrices actuelles qui sont de favoriser la recherche avec les entreprises en collaboration avec les universités.

  • Marc Bergeron - Inscrit 11 mars 2014 05 h 16

    Un grand entrepreneur!

    Je comprends comme lui que si le peuple du Québec ne veut pas à 62% faire un référendum l'idée d'avancer en attendant avec des projets qui seront certainement un plus pour le Québec. Les projets orienter vers la technologie est certainement d'avenir. Je trouve l'idée excellente et ce n'est pas seulement là ou il y a des votes qui profiteront des investissements. Mieux qu'une cimenterie

    • Jacques Beaudry - Inscrit 11 mars 2014 10 h 48

      de la marmelade

    • Jacques Beaudry - Inscrit 11 mars 2014 10 h 49

      Une p'tite frite pour mononcle à gogo

  • Caroline Moreno - Inscrit 11 mars 2014 05 h 40

    La dégringolade

    M. Legault a l'air d'un chat dans l'eau.

    Triste fin de carrière politique pour cet homme qui a été ministre péquiste à une époque où il avait des convictions...

    • Gérard Pitre - Inscrit 11 mars 2014 10 h 47

      À Carole Moreno. J'adore les chats dans la vie de tous les jours, ce sont mes meilleurs amis, mais comme vous j'admets qu'un chat mouillé ne m'intéresse pas, d'autant plus que ce n'est pas beau à voir. Pauvre Legault, la photo nous le montre entrain de manger des frites. Il va falloir qu'il en mange beaucoup pour tenir le coup jusqu'au 7 avril, car il n'est pas sûre que les frites seront toujours appétissantes à déguster. Dans le fond, il le sait pertinemment bien que son chat est mort, mais il est trop tard pour lui de faire amende honorable. Lorsque les résultats tomberont d'eux mêmes, il devra se rendre à l'évidence que son rêve de gérer le Québec comme une grosse entreprise, est voué à l'échec, et que ça médecine de cheval, c'est bon pour les chevaux, or l'État n'est pas une écurie et ça il va falloir qu'il le comprenne. Merci Gérard Pitre

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 11 mars 2014 07 h 26

    Monde

    Dans un monde où tous s'arrachent le cœur pour attirer les nouvelles industries, notre vendeur de patates frites veut leur couper une partie des vivres. C'est bien effrayant l'argent qu'on leur donne, oui mais... il oublie que c'est bien effrayant à la grandeur de la planète !

    Avez-vous remarqué M. Legault que le mot «ailleurs» identifie beaucoup d'endroits en même temps ? Et qu'ils vont s'établir là où les conditions sont les meilleures ?

    Vous réfléchissez comme un comptable à la petite semaine.

    Bonne journée.

    PL