Un candidat milliardaire au PQ

L’homme d’affaires Pierre Karl Péladeau a annoncé dimanche qu’il mettait fin à 25 années d’engagement au sein de Québecor afin de se porter candidat dans la circonscription de Saint-Jérôme sous la bannière du Parti québécois.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir L’homme d’affaires Pierre Karl Péladeau a annoncé dimanche qu’il mettait fin à 25 années d’engagement au sein de Québecor afin de se porter candidat dans la circonscription de Saint-Jérôme sous la bannière du Parti québécois.

Saint-Jérôme — La nouvelle a résonné comme un coup de tonnerre. Après s’y être refusé pendant des mois, l’homme d’affaires Pierre Karl Péladeau a sauté dans l’arène politique dimanche, causant la surprise à gauche et à droite.

 

Le magnat des médias — dont la fortune est évaluée à vue d’oeil à un milliard de dollars — briguera les suffrages sous la bannière du Parti québécois notamment afin de « léguer [à ses trois enfants] un pays dont ils seront fiers ».« Mon adhésion au Parti québécois est une adhésion à mes valeurs les plus profondes et les plus intimes, c’est-à-dire faire du Québec un pays ! », a déclaré le candidat vedette, poing levé, à des dizaines de militants entassés dans la Vieille-Gare de Saint-Jérôme.

 

La chef du PQ, Pauline Marois, a réussi à convaincre l’ex grand patron de Québecor de se joindre à l’équipe de candidats péquistes au terme d’une campagne de séduction de « quelques mois » durant laquelle elle a même « parlé à certains de ses amis pour l’influencer ».

 

M. Péladeau lui a annoncé sa décision 48 heures avant le coup d’envoi de la campagne électorale, c’est-à-dire le lundi 3 mars. « Ce n’est pas tous les jours qu’on voit le dirigeant d’une grande entreprise choisir de s’investir dans le service public en mettant son talent, son expérience, son énergie au service de ses concitoyens », a souligné Mme Marois à l’occasion d’une conférence de presse fort courue.

 

Saluée ou dénoncée, l’entrée en scène de « PKP » suscite des remous au sein de la classe politique et économique. M. Péladeau s’y attendait. Il a mis de l’ordre dans ses affaires avant de « signer » sa carte de membre du PQ dimanche matin à bord de l’autocar de campagne de la chef péquiste. Il a tourné le dos à quelque 25 années consacrées à Québecor — une entreprise fondée par son père, Pierre Péladeau — en remettant sa démission aux conseils d’administration du Groupe TVA (président), de Québecor Média (président) et de Québecor (vice-président). Il a également renoncé à son poste de président du conseil d’administration d’Hydro-Québec.

 

Pierre Karl Péladeau confiera « tous ses avoirs économiques » à une fiducie sans droit de regard afin de se conformer au Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée nationale du Québec. Il se refuse toutefois de céder ses actions dans Québecor.

 

S’il se départait de ses actions dans Québecor, M. Péladeau empocherait la coquette somme de 1 milliard de dollars, dont une prime de contrôle de 300 millions.

 

Voyant poindre à l’horizon un « problème d’indépendance et de conflit d’intérêts », le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a appelé M. Péladeau à vendre ses actions. « Si Pierre Karl Péladeau veut faire de la politique, il ne peut avoir un contrôle sur les médias qui contrôlent une bonne partie de l’information au Québec », a-t-il affirmé, suggérant au nouvel homme politique de s’inspirer de Michael Sabia, qui a cédé ses options de BCE quand il est arrivé à la tête de la Caisse de dépôt et placement.

  

Demande « irréaliste » et « surnaturelle »

 

La proposition de la CAQ apparaît « irréaliste » et « surnaturelle » aux yeux du directeur général de l’Institut sur la gouvernance d’organisations publiques et privées (IGOPP), Michel Nadeau. « Vous pouvez toujours liquider des petits portefeuilles — 10 000 actions de BCE par exemple — en 30 secondes sur Internet, mais pas des centaines de millions de dollars dans une entreprise où le titre est moins liquide », a-t-il indiqué, avant de préciser que le « seul acheteur possible » aurait été la Caisse de dépôt et placement.

 

La décision de M. Péladeau s’inscrit dans une « longue tradition », fait remarquer M. Nadeau. L’ancien ministre fédéral des Finances Paul Martin avait cédé le contrôle de Canada Steamship Lines à une fiducie avant de faire le saut en politique active, a-t-il rappelé.

 

En confiant ses avoirs à une fiducie, « l’actionnaire [Pierre Karl Péladeau] n’aura pas de rôle. Ce sont les conseils d’administration, où désormais M. Péladeau est absent, qui prendront toutes les grandes décisions pour l’entreprise », explique-t-il.

 

Selon le d. g. de l’IGOPP, « une presse vigilante va relever les anomalies ». « Évidemment, il y aura toujours des gens qui vont dire : “Je vais être gentil avec lui dans l’espoir qu’il me donne un 50 000 $ pour mon musée ou un 100 000 $ pour ma fondation lorsqu’il redeviendra à la tête de Québecor.”Mais ça, c’est dans la tête des gens », fait valoir M. Nadeau.

 

Député, ministre, M. Péladeau restera le plus important actionnaire de l’empire médiatique Québecor. Mais cela n’aura aucun impact sur la couverture médiatique faite par les journalistes de TVA, de LCN, du Journal de Montréal, du Journal de Québec ou de Sun News Network, a-t-il soutenu. Vous connaissez la politique chez Québecor : la direction n’intervient pas dans le contenu éditorial. »

 

De son côté, Pauline Marois s’est défendue d’avoir déjà plié sous l’influence de M. Péladeau, en retirant de la plateforme électorale l’engagement de réviser la loi anti-briseurs de grève afin de gagner la faveur de M. Péladeau.

 

L’homme d’affaires controversé tirera à coup sûr le PQ à droite, a déploré dimanche la coporte-parole de Québec solidaire Françoise David, appelant l’électorat péquiste progressiste à trouver refuge au sein de sa formation politique. Reprenant une citation de Bernard Landry, Pierre Karl Péladeau a dit vouloir amener le Québec « ni à gauche ni à droite, [mais] en avant ».

 

D’ailleurs, M. Péladeau a cherché à se distancier de son image de chef d’entreprise intraitable — voire de « champion toutes catégories au Québec des lockouts » comme le décrivait Stéphane Bergeron —, dont celui au Journal de Montréal. « Ç’a été dur. Évidemment, ce n’est pas quelque chose que je souhaitais », a-t-il dit dimanche.

 

Cependant, à l’Assemblée nationale, M. Péladeau n’aura pas le même ton. « L’entreprise privée est redevable aux actionnaires. L’État est redevable aux citoyens et à la collectivité. [...] Je ne crois pas que l’État doit être dirigé comme une entreprise. »

 

Grande coalition

 

Le PQ a frappé un grand coup en réussissant à convaincre le magnat de la presse de faire le saut dans l’arène politique. « Le Canadien de Montréal a son PK [prononcer à l’anglaise], le Parti québécois a son PK », a lancé le conseiller municipal à Saint-Jérôme Mario Fauteux.

 

Avec l’arrivée de M. Péladeau, le PQ s’impose de nouveau comme une « grande coalition » de souverainistes. « Les astres s’alignent », s’est réjoui le syndicaliste et progressiste Marc Laviolette, jugeant plus probable l’élection d’un gouvernement péquiste majoritaire le 7 avril prochain et une nouvelle consultation sur l’avenir du Québec. L’ancien président de la CSN a salué la candidature de M. Péladeau comme celles de tous les souverainistes « au centre, à gauche, à droite » qui se rallient au PQ. « L’important, c’est de s’unir. C’est seulement avec une majorité de députés souverainistes qu’on va être capables de poser la question aux Québécois : veut-on un pays ou pas ? »

 

Le PQ bouclera la boucle de son équipe économique avec la désignation lundi du président de Manufacturiers et exportateurs du Québec, Simon Prévost, dans la circonscription de Montarville.

164 commentaires
  • simon villeneuve - Inscrit 10 mars 2014 01 h 28

    peut-etre ?

    Si M.Peladeau defend les interets du Quebec et des citoyens avec autant d'ardeur et de succes qui l'a connu avec Quebecor, ca ne peut-etre que bon pour nous.

    Et il devrait etre dur de corrompre un milliardaire comme le disait si bien M.Legault au derrniere election ... :)

    Mais si ce n'est que pour son interet personnelle, ca va faire mal .

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 10 mars 2014 08 h 21

      Québecor agit-elle de façon favorable aux intérêts du Québec?

      Cela devrait répondre à la question.

    • Danielle - Inscrit 10 mars 2014 09 h 30

      Oui, effectivement. Si le Québec devient un pays et c'est ce que je souhaite le plus tôt possible, M. Péladeau saura défendre nos intérêts tant il a des ''dents''. Je préfère que cet homme de pouvoir soit du côté du PQ que tout autre parti politique!

    • simon villeneuve - Inscrit 10 mars 2014 11 h 43

      M.Leblond, comme toute entreprise prive, est-ce que Quebecor est supposer etre favorable pour les citoyens ?

      Croire que les compagnies prives sont la pour notre bien est la racine de plusieurs problemes au Quebec ...

    • Cyril Dionne - Abonné 10 mars 2014 12 h 08

      Certain de la gauche ont beaucoup de difficulté à accepter un candidat qui n'a pas le même crédo politique qu'eux. À l'heure des budgets déficitaires, il serait peut être le temps de se tourner vers d'autres options afin que le Québec ne s'enlise pas dans une situation comme la Grèce.

      M. Péladeau est souverainiste. Il comprend que dans un pays souverain, on pourrait rapatrier tous les argents via nos taxes et impôts qui sont envoyés vers Ottawa et le Québec n'aurait plus besoin du système de péréquation qui n'est qu'une forme d'assistance sociale pour les gouvernements provinciaux. Aussi, il n'y aurait plus ce dédoublement de compétences et de ministères.

      Enfin, qu'a à gagner M. Péladeau en se lançant en politique active si ce n'est que pour servir le Québec ? Il aurait pu rester sur ses lauriers et regarder la situation politique comme un simple citoyen, mais il a préféré partciper à ce grand projet du pays en devenir qu'est le Québec.

    • Donald Tremblay - Inscrit 10 mars 2014 12 h 21

      Si nous sommes un pays et qu'on défend nos revues, nos télévisions d'état, notre câble.... C'est facile de comprendre pourquoi PKP est souverainiste. N'oublier pas que c'est Bernard Landry qui a pris l'argent des québécois pour acheter à fort prix Vidéotron... bon retour d'ascenseur...

  • Guy Vanier - Inscrit 10 mars 2014 01 h 48

    Chance au coureur!

    Félicitation Mme Marois pour une bonne prise. Donnons à PK la chance de nous aider à tirer dans la bonne direction...il me reste encore 20 belles années à vivre, peut être assé de temps pour voir naître un nouveau pays? Vive le Québec libre....

    • Michel Vallée - Inscrit 10 mars 2014 10 h 08

      Bien oui ! Vive le Québec libre-échangiste sous la houlette des affairistes !

    • André Serra - Inscrit 10 mars 2014 18 h 56

      Les Québécois seront-il donc toujours en retard d'un métro, à chialer comme des enfants voulant le beurre et l'argent du beurre ?
      Ce coup exceptionnel de Pauline Marois enterre toutes les belles-mères antérieures, de Lévêque à Parizeau, Bouchard et Landry, qui continuent cependant à donner des conseils stupides à une femme qui réussit sans bruit et sans eux. Ils ont tous échoué, mais continuent de la critiquer alors que l'on n'a plus besoin d'eux et qu'ils en crèvent de jalousie.
      Bravo Pauline ! Nous vous admirons et vous supportons !

      André SERRA

  • Alexandre Kampouris - Abonné 10 mars 2014 02 h 05

    Au secours!

    En somme nous vraiment rendus là?

    On avait (feu) Desmarais dans les alcoves, on aura Péladeau en tribune.

    Quel choix...

    • Luciano Buono - Abonné 10 mars 2014 09 h 18

      Au moins, Péladeau a décidé de se mouiller personnellement, plutôt que de vouloir tirer les ficelles de l'extérieur à l'abri des risques et des critiques, comme l'a fait Desmarais.

    • Donald Tremblay - Inscrit 10 mars 2014 12 h 25

      Déjà en fin de semaine Johanne Marcotte n'est plus au journal de Québec pour son dernier blogue qui critiquait les médias et leur biais....
      Les radios de Bell vont avoir PKP en entrevue après les radios videotron si PKP à du temps....

    • Cyril Dionne - Abonné 10 mars 2014 12 h 33

      C'est bon de temps en temps d'avoir des gens qui sont pas nécessairement des symboles prolétaires du peuple tel que définit par les partis de gauche ou les syndicats, mais qui sont vraiment pour le peuple.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 10 mars 2014 14 h 17

      "En somme nous vraiment rendus là?"

      Ben justement, après deux référendumw perdus peut-être que nous en sommes rendu là, à quelqu'un qui nous dit qu'il est là, pour faire du Québec un pays. Sauf Aussant je ne crois pas avoir entendu de chefs indépendandistes affirmer ça, ainsi.

      Vrai qu'il n'est pas chef, mais il ne faut jamais dire jamais, Mme Marois va se retirer un jour ayant réaliser... son plus grand rêve peut-être, et quand j'ai vu Péladeau à la présidence du conseil d'administration d'Hdro-Québec, sans demander de salaire et étant donné qu'on entendait qu'il allait à certaines activités liés au Parti québécois et à l'indépendance, je me suis dit, Premier ministre, pourquoi pas?

      Même les riches, les millionairesont peuvent avoir des rêves, et Landry n'est pas le seul à avoir dit que l'indépendance ne se fera ni à guauche, ni à droite: c'est un projet national, et il est plus que temps. Et avec sa fortune et son statut c'est sûr qu'il ne vise rien d'autre.

    • Claude Champagne - Inscrit 10 mars 2014 17 h 13

      Merci Mme Massicotte, de ramener au centre la seule façon de réaliser la souveraineté. Avant, pour y arriver, nous devrons s'assurer que le PQ est élu majoritaire. Sinon les lendemains seront douleureux, inimaginables. Petite réflexion : N'est-il pas plus rassurant d'élire un candidat indépendant de fortune qu'un candidat qui voudrait s'enrichir en passant par la politique; servir au lieu de se servir! Se poser la question, c'est y répondre! Claude Champagne, indépendandiste de deuxième génération.

    • André Serra - Inscrit 10 mars 2014 18 h 32

      Mr Alexandre Kampouris,

      Mais cher monsieur, nous avons toujours la famille Desmarais derrière la Presse, et bien d'autres fleurons qui ne sont d'aucune utilité pour l'avenir de notre Pays. Auriez-vous préféré que le groupe Québécor soit vendu à des intérêts américains, plutôt qu'un patriote milliardaire conserve son avoir au profit de son pays le nôtre !
      N'est-ce pas là l'action d'un véritable patriote ?
      Réfléchissez Bon Dieu !!!

    • André Serra - Inscrit 10 mars 2014 18 h 59

      Fort bien pensé !

      André Serra

  • Mario Leroux - Inscrit 10 mars 2014 04 h 04

    Cadeau empoi sonné

    Cette candidature éloignera du PQ sa base militante syndicale et pourrait fort bien empêcher à Mme Marois d°obtenir une majorité au Parlement le 7 avril prochain.J°appelerais ça un cadeau empoisonné!

    • Michel Vallée - Inscrit 10 mars 2014 10 h 16

      J’ai d’abord eu la même pensée, mais j’ai lu que ces messieurs Laviolette et Dubuc du SPQ Libre félicitaient Mme Marois pour cette bonne prise…

    • dietrik reinhardt - Inscrit 10 mars 2014 11 h 35

      Sans etre un fan de TVA (en fait j'en suis tres loin) Pierre apporte l image que le PQ a vraiment besoin. Un homme très connu du public quebecois. Ca ne peut qu'etre bon pour nous. à mon avis il ne sera pas un deputé d arriere banc si il est elu. Je pense aussi que pour l'independance il s agit d'une bonne pointure que bien des gens voudront ecouter

    • André - Inscrit 10 mars 2014 12 h 10

      Je n’en suis pas si certain, seul l’avenir le dira. Si, lors des élections, la ferveur des travailleurs de contester ce capitaliste antisyndicaliste est aussi intense que celle qu’ils ont exprimée pendant les lock-out impitoyables de PKP, le PQ et Mme Marois peuvent dormir sur leurs deux oreilles. La majorité des travailleurs qui représente une grande partie du lectorat du Journal de Montréal et de Québec n’a montré aucune solidarité. Pendant que leurs confrères et consoeurs subissaient péniblement, amèrement, pendant 764 jours la loi d’un PKP arrogant, intransigeant et sans cœur, cela ne les a pas troublés. Ils ont pu continuer de lire leur journal chaque matin malgré les appels aux boycottages lancés par les syndicats.

    • André Serra - Inscrit 10 mars 2014 19 h 04

      @ Mario Leroux,

      Je partage l'opinion de Michel Vallée, car j'ai également lu les commentaires de plusieurs chefs syndicalistes qui vont dans le même sens. Je pense qu'il faudrait cesser de prendre les syndicalistes pour des faibles d'esprit... eux aussi réfléchissent !

      André SERRA

  • Robert Delamare - Inscrit 10 mars 2014 04 h 08

    et donc le PQ vient par hasard d'oublier sa promesse

    et donc le PQ vient comme par hasard d'oublier sa promesse de mettre à jour le droit du travail qui permet aujourd'hui aux patrons d'employer des travailleurs à distance pour remplacer les grévistes, comme lors des dernières grèves quebecor ... et comme par hasard...

    • Sylvain Auclair - Abonné 10 mars 2014 08 h 07

      Ce n'étaient pas des grèves, mais des lock-outs.

    • Michel Vallée - Inscrit 10 mars 2014 10 h 29

      @Sylvain Auclair

      À toute fin utile, c’était un conflit de travail avec un patron antisyndical

      Pierre-Karl Péladeau décrété treize lock-out en quatorze ans, celui au Journal de Montréal a duré plus de deux années.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 10 mars 2014 14 h 49

      "Les travailleurs", M. Laflamme, sont souvent des gens de droite, et de toute façon LES travailleurs sont aussi de toutes les couleurs. Ce genre de généralisation ne veut rien dire comme les femmes, les hommes et même les Québecois: tous sont différents.

      Même moi je me suis gourer: je m'attendais à ce que sur les forums du Devoir, une bonne majorité s'oppose à cette prise, or c'est le contraire, "l'indépendance d'abord"!