PKP au Parti québécois: un «cadeau» pour QS

Françoise David a soutenu dimanche que le Parti québécois affichait désormais ses vraies couleurs en enrôlant l’ancien dirigeant de l’empire Québecor.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Françoise David a soutenu dimanche que le Parti québécois affichait désormais ses vraies couleurs en enrôlant l’ancien dirigeant de l’empire Québecor.

Québec — Québec solidaire (QS) voit l’arrivée de Pierre Karl Péladeau dans la course électorale comme un « cadeau » pour convaincre les électeurs progressistes de se rallier à son parti. Avant d’entamer sa première journée de tournée en régions, la députée sortante de QS, Françoise David, a soutenu que le Parti québécois (PQ) affichait désormais ses vraies couleurs en enrôlant l’ancien dirigeant de l’empire Québecor.

 

« Il y a des gens qui croyaient que le PQ était encore un parti social-démocrate, qu’il avait encore des réflexes sociaux, mais là, en recrutant l’un des employeurs les plus impitoyables, ça ne saurait être plus clair », a affirmé Mme David en rappelant que Pierre Karl Péladeau a été « responsable à lui seul de 14 lockout en plus d’utiliser des briseurs de grève pendant cette période ».

 

En effet, l’ancien grand patron de l’empire Québecor a été mêlé à plusieurs conflits de travail, ces dernières années, dont l’un des plus longs de l’histoire du Québec. En janvier 2009, M. Péladeau avait mis ses employés du Journal de Montréal en lockout durant plus de deux ans.

 

À la suite de ce conflit, le PQ avait d’ailleurs proposé un projet de loi anti-briseurs de grève pour moderniser le Code du travail et l’adapter aux nouvelles technologies. « S’il prend le pouvoir, qu’est-ce que le PQ va maintenant faire avec son projet antiscabs et avec M. Péladeau, à qui on a probablement promis un poste de ministre ? » a demandé Mme David.

 

Elle a tout du même tenu à rassurer ses partisans en déclarant que « jamais un député solidaire ne s’assoira à côté de Pierre Karl Péladeau du côté des banquettes des députés ». « Nous ne sommes pas du même camp, ni de la même famille » a-t-elle dit en ajoutant que son parti s’est toujours fait un devoir de défendre les travailleurs et les syndiqués.

 

Un parti néo-libéral

 

Son confrère de QS Andrés Fontecilla estime, pour sa part, que le PQ a dévoilé « son vrai visage, qui est celui d’un parti néolibéral. »« Avec l’arrivée de Pierre Karl Péladeau, c’est l’arrivée du Québec inc. au gouvernement. On officialise la relation privilégiée avec le milieu financier, alors que, nous, on travaille pour les gens ordinaires et la classe moyenne », a-t-il dit.

 

Les Solidaires espèrent maintenant que les électeurs progressistes, qui désapprouvent cette nomination et qui votent habituellement pour le PQ, rejoindront les rangs de leur parti. « C’est une journée de grands troubles, de remises en question. Des gens qui croyaient que le PQ était encore un tantinet progressiste, aujourd’hui, ils doivent être déçus et faire le deuil du parti de René Lévesque », a indiqué Mme David.

LE COURRIER DE LA COLLINE

Nouvelle infolettre

Chaque jeudi, l'équipe du Devoir à Québec résume l'essentiel de la semaine parlementaire. Retrouvez aussi la note de Michel David, notre chroniqueur politique. Inscrivez-vous, c'est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

62 commentaires
  • André Chevalier - Abonné 10 mars 2014 04 h 47

    Unissons nos forces!

    Au delà des intérêts individuels ou corporatistes, au delà des idéologies sociales, philosophiques ou religieuses, il est temps que toutes les forces vives de la société québécoise s'unissent pour fonder un pays. Le moment est venu de cesser de se faire définir collectivement par le reste du Canada sur lequel nous avons de moins en moins d'emprise pour mettre en oeuvre nos valeurs particulières ou collectives.

    Laissons de côté pour le moment nos divergences quant à la société que nous souhaitons.Lorsque nous aurons en main tous les pouvoirs politiques, nous serons en mesure de relancer les débats pour modeler la société québécoise selon nos aspirations.

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 10 mars 2014 08 h 21

      Le PQ ne promet pas de référendum. Faut pas prendre les indépendantistes pour des imbéciles.
      Ce que veut Marois, c'est le pouvoir point.

    • Cyril Dionne - Abonné 10 mars 2014 08 h 35

      Comme je suis d'accord avec vous M. Chevalier. L'heure n'est pas à la division idéologique, mais bien dans l'union des diversités politiques pour une cause qui est plus grande que l'individualité partisane du "me, myself and I".

      C'est en ratissant autant à droite qu'à gauche sans en oublier le centre, qu'un projet de société prend forme. Un pays est inclusif et n'est pas confiné à quelques strates sociétales.

      Unité dans la diversité devrait être le cri de ralliement. L'autre solitude ne vous fera pas de cadeau.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 10 mars 2014 08 h 45

      L'indépendance instrumentalisée pour qu'on se ferme la trappe face au saccage du bien commun. Désolant. On retrouvera le droit de parole et le droit à la démocratie après le jour tant promis de l'indépendance. Mais que restera-t'il alors de mon pays?

    • Gérard Pitre - Inscrit 10 mars 2014 09 h 42

      À André Chevalier. Je suis d'accord avec vous, le problème c'est que les solidaires, de plus en plus solitaires ne comprennent pas ça, car ils ne veulent pas comprendre. Si mme David était le moindrement objective et une véritable indépendantiste, elle ne placerait pas l'idéologie de gauche conditionnelle à l'indépendance. Elle se serait réjouie qu'un personnage important et influent veut l'indépendance du Québec et que celle-ci est économiquement rentable, indépendamment du choix de société que l'on fera après. Non sa réaction a été celle de la panique, elle nous a démontré son incapacité à être objective devant l'adversité. Que PKP ait été un mauvais patron, ça se discute, cela n'en fait pas pour autant un diable dans le parti. Non les solidaires viennent de manger toute une claque et pour sauver la mise se consolent en disant que le P.Q leur a fait un cadeau. Leur sens du cynisme est hautement développé. S'ils se sentaient réellement en terrain solide, ils n'auraient pas eu besoin de réagir, c'est tout. La peur a toujours été la carte maitresse des insécures. L'objectivité eut été de dire: oui nous sommes de gauche, PKP est de droite et ensemble nous allons collaborer pour arriver à un juste milieu pour l'avantage de l'ensemble de la population. Mais ça, je crois qu'ils en sont incapables. Et tous les partis ont le même problème. Merci Gérard Pitre

    • Gilbert Talbot - Abonné 10 mars 2014 11 h 25

      On ne peut pas faire un pays en mettant à sa tête des exploiteurs du peuple.

    • André Chevalier - Abonné 10 mars 2014 12 h 12

      @ Jean-Sébastien Rozzi
      «Le PQ ne promet pas de référendum.»
      Québec solitaire non plus à ce que je sache.

      @ Jean-Christophe Leblond
      «L'indépendance instrumentalisée pour qu'on se ferme la trappe face au saccage du bien commun.»

      Vous dites n'importe quoi!

      Le saccage du bien commun est le fait du PLQ avec ses PPP, ses rapports douteux avec les milieux louches, ses enveloppes brunes, ses caisses électorales occultes, les surcoûts engendrés par la collusion, le salaire caché de Jean Charest, les tentatives de céder les parcs provinciaux à des promoteurs (Mont Orford, parc des îles de Boucherville...), destructions des milieux humides... etc..
      ...à la complaisance des gouvernement provincial et fédéral face aux pollueurs industriel (Lac Mégantic, naufrage de l'Irving Whale, gaz de shistes, déchets miniers, etc...

    • Claude Champagne - Inscrit 10 mars 2014 14 h 52

      Après les élections, le QS deviendra le NPD Canada-Québec, c'est déjà financé par des argentiers canadiens fédéralistes anonymes, recherche sur l'internet accès facile. Le seul but comme la CAQ est de barrer le chemin du PQ et continuer la route vers l'indépendance.

    • Louka Paradis - Inscrit 10 mars 2014 16 h 12

      Merci M. Gérard Pitre de votre commentaire sensé et éclairant.

    • André Serra - Inscrit 10 mars 2014 19 h 09

      Bien pensé et bien dit !
      QS sera peut-être définitivement planté définitivement cette fois-ci ! Voilà peut-être ainsi des voix utiles récupérées...

      André SERRA

  • Jean-Marc Pineau - Inscrit 10 mars 2014 04 h 52

    « Jamais un député solidaire ne s’assoira à côté de Pierre Karl Péladeau du côté des banquettes des députés », dit Françoise David.
    Voilà une promesse que Québec solidaire n'aura sans doute aucun mal à retenir. Les électeurs choisiront à leur place, et leur décision risque bien de ne pas faire courir ce risque (inutile) à ce parti (inutile) de la perpétuelle opposition, d'ailleurs déjà en voie de disparition.

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 10 mars 2014 08 h 25

      Inutile QS ?
      C'est la voix de gauche au Québec. Seriez-vous contre la démocratie ?

      Quant à sa possible disparition, faut pas confondre fantasme et réalité. Les intentions de vote pour QS n'ont pas diminué en comparaison avec l'élection de 2012. Stagnation, peut-être. Surtout en raison, à mon avis, d'une mauvaise position concernant la laïcité. Mais de là à prétendre à sa dispartion, oh que non.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 10 mars 2014 08 h 46

      ...vous comprenez le sens de ce qu'elle a dit? Qu'il n'y aurait pas de place pour un antisyndicaliste notoire chez QS. Ne pas en déformer le sens, svp.

    • Cyril Dionne - Abonné 10 mars 2014 11 h 01

      Pas très inclusif ce parti de gauche salon nommé Québec solidaire lorsqu'on n'est pas des adeptes de ses dogmes politiques.

    • Jean-Marc Pineau - Inscrit 10 mars 2014 11 h 29

      @ M. Rozzi :
      À les voir agir depuis l'élection du Parti Québécois en septembre 2012, et surtout en étant attentif à ce que disent leurs élus, on voit bien que Québe solidaire est à gauche. Mais, puisque vous me demandez si je suis contre la démocratie, je serais tenté de vous dire que je suis « contre » tous ceux qui sont toujours contre tout ce qui est proposé par d'autres, et c'est l'impression que me laissent les interventions de Mme David.

      Je sais bien que le Parti Québécois n'est pas parfait mais, c'est le seul parti qui, en ce moment, peut prendre le pouvoir et faire avancer le Québec. Au lieu de toujours leur mettre des bâtons dans les roues et de viser toujours le Parti québécois comme s'il était l'adversaire à battre (et non « à abattre », comme le pense M. Couillard), Mme David et M. Kadhir seraient plus « utiles » si, avec leurs partisans, ils unissaient leur forces à celles du Parti québécois et de tous les indépendantistes, quitte à défendre les positions de gauche que je serais prêt à soutenir si l'intransigence actuelle de Québec solidaire n'était pas plus nuisible qu'« utile ».
      Je partage tout à fait les idées exprimées ci-dessus par MM. Chevalier, Dionne et Pitre : réunissons les forces pour nous donner enfin un pays, après quoi il sera toujours temps de nous donner, en tant que pays souverain, les institutions et les politiques que nous voudrons.
      Par son intransigence, Québec solidaire se fait l'allié des Libéraux de Philippe Couillard et de tous les parti fédéraux, quels qu'ils soient (Conservateurs, Libéraux, NPD...)

    • Raymond Turgeon - Inscrit 10 mars 2014 14 h 23

      Il m'apparaît présomptueux et mesquin que vous réduisiez votre appréciation de QS à celle d'un parti inutile. Serait-ce qu'entre autres plincipes louables et sains défendus par QS, celui de la répartition plus équitable de la richesse ne vous inspire pas?
      Il n'est pas non plus objectivement exclus que cette candidature ne puisse profiter à QS en se méritant une partie de l'électorat de gauche du PQ qui profitera certainement de l'appui d'une partie de l'électorat caquiste, voire même libéral de façon plus marginale, cependant.

      Raymond Turgeon

    • Gérard Pitre - Inscrit 11 mars 2014 11 h 25

      À Jean sébastien Rozzi. Il ne disparaitront peut-être pas, et ce n,est pas souhaitable non plus, démocratie oblige, mais ils ne récolteront que des grenailles et avec des grenailles, ça fait pas des enfants forts. Votre rigidité idéologique et votre manque d'ouverture, vous campement définitivement dans une camisole de force. Tant et aussi longtemps que vous subordonnerez l'indépendance à l'avènement d' un gouvernement solidaire socialiste de gauche, vous allez vous cassez la figure. L'indépendance d'un pays n'est ni à gauche ni à droite, elle est point. Dans un québec indépendant comme dans n'importe quel pays du monde occidental, il y a eu et il y aura des gouvernements de gauche et de droite en alternance, la vie politique est ainsi faite. Le meilleur exemple est La france et l'Angleterre qui depuis la dernière guerre mondiale se sont donnés des gouvernements de gauche et de droite en alternance. Pas difficile à comprendre. Ouvrez-vous l'esprit au lieu de vous camper dans une régidité qui n'a pas sa place dans un monde de diversité. L'esprit humain c'est comme une porte et une fenêtre, ça s'ouvre, et lorsque il est ouvert, l'air est plus pur et plus respirable. Un esprit humain c'est la même chose. Pas besoin d'être philosophe pour comprendre ça, tout ce que ça demande, c'est une ouverture d'esprit et un éveil de la conscience. Point. merci Gérard Pitre

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 10 mars 2014 07 h 01

    Étrange

    C'est étrange mais ce à quoi me fait penser le parti québécois de plus en plus est «des états généraux» où toutes les couches de la société, tous les décideurs, tous ceux qui ont un tant soit peu d'influence s'allient ensemble pour choisir une direction commune à notre société.

    En premier lieu nous avons : Ceux qui veulent prendre en main nos affaires pour faire leurs affaires.

    Un autre qui veux diriger l'État comme une affaire.

    Et ici, ceux qui ne veulent rien savoir de quelques affaires que se soit, qui semblent oublier que pour qu'il y ai des acheteurs, ça prend des vendeurs !

    Effectivement, les choix sont de plus en plus clairs !

    PL

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 10 mars 2014 07 h 21

    Relativité : être à gauche de la droite et vice-versa

    QS accuse et dramatise : le PQ serait un parti néo-libéral. Depuis septembre 2012, QS a passé plus de temps à démolir les initiatives quelqu'elles soient du PQ et à voter systématiquement avec le PLQ et la CAQ.

    Parce qu'il veut aller chercher le vote «progressiste» à tout prix. Parce que c'est là qu'il se trouve. Parce que c'est là que se trouve aussi l'espoir de prendre le pouvoir et de changer les choses. Sans être systématiquement saboté par les autres partis.

    Soit dit en passant, je souhaite bonne chance aux candidats du PQ dans les comtés représentés par David et Khadir.

  • Réal Leblanc - Inscrit 10 mars 2014 07 h 32

    Le futur du PQ

    Doit-on s'attendre à ce que le PQ devienne le Parti Québecor?

    • Raphaël Arsenault - Inscrit 10 mars 2014 09 h 59

      Croyez-vous encore que ce n'est pas déjà le cas?

    • Alexandre Kampouris - Abonné 10 mars 2014 11 h 16

      Excellent!

      Suis-je le seul à avoir remarqué sur les affiches électorales du PQ la hauteur du mot "parti", qui écrase de son poids le "québécois"?

      Elle fait presque la paire avec "les vraies patentes" (ou kekchose du genre) de l'autre gang.

    • Jean-Marc Pineau - Inscrit 10 mars 2014 11 h 37

      « Tout ce qui est excessif est insignifiant », disait Talleyrand.

    • Robert Morin - Inscrit 10 mars 2014 11 h 54

      En effet, pour les indépendanitistes comme moi, la place du Québec est en haut du podium, pour la médaille d'or !

    • Gilles Théberge - Abonné 10 mars 2014 14 h 07

      Vous préféreriez peut-être que l'État Québécois continue d'être un État Gesca messieurs Leblanc et Arsenault ?

    • Michel Vallée - Inscrit 10 mars 2014 14 h 11

      En effet, quand on songe que Pierre-Karl Péladeau a réussi à obtenir auprès du PQ de Mme Marois une loi qui le met à l’abri de toute contestation de l’entente commerciale entre Québecor et la ville de Québec relativement au nouvel amphithéâtre...

      Ce chapitre augure mal de ce qui adviendrait d’un Québec indépendant, sous la férule d’indépendantistes de cette trempe-là…