Marois propose de «réfléchir de nouveau à notre avenir»

<em>«Le temps est effectivement venu de réfléchir de nouveau à notre avenir»</em>, a déclaré samedi après-midi Mme Marois devant quelque 700 militants péquistes réunis en conseil national électoral à l’Hôtel Sheraton de Laval.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir «Le temps est effectivement venu de réfléchir de nouveau à notre avenir», a déclaré samedi après-midi Mme Marois devant quelque 700 militants péquistes réunis en conseil national électoral à l’Hôtel Sheraton de Laval.
Laval — La chef du Parti québécois, Pauline Marois, veut réfléchir à l’avenir du Québec au sein de la fédération canadienne. À la tête d’un gouvernement majoritaire, elle conviera les Québécois à l’élaboration d’un Livre blanc sur l’avenir politique du Québec — une vaste consultation —, après quoi elle pourrait tenir un référendum sur la souveraineté du Québec.

«Le temps est effectivement venu de réfléchir de nouveau à notre avenir», a déclaré samedi après-midi Mme Marois devant quelque 700 militants péquistes réunis en conseil national électoral à l’Hôtel Sheraton de Laval.

Le PQ promet de «réaliser» le pays du Québec dans la foulée d’une consultation de la population par référendum, «tenu au moment qu’il jugera approprié». «La souveraineté, j’aimerais que ce soit le plus tôt possible, mais on ne bousculera pas les Québécois», a dit Mme Marois, qui était accompagnée sur scène de la presque totalité des candidats portant les couleurs du PQ.

Son approche a rallié la totalité des délégués du PQ, y compris les indépendantistes pressés, mais pragmatiques Pierre Dubuc et Marc Laviolette. En fait, les délégués de circonscriptions et de régions ont appuyé à l’unanimité non seulement l’itinéraire vers la souveraineté du Québec, mais l’ensemble de la plateforme 2014-2018.

D’ici au jour J, le PQ entend «combattre fermement» les ingérences du gouvernement fédéral dans les champs de compétences du Québec, en plus d’«exiger» de nouveaux pouvoirs de la part d’Ottawa «en fonction des besoins des Québécois». Le PQ veut avoir les coudées franches en matière de développement économique, de santé et de services sociaux, d’éducation, de culture, d’environnement, de justice, d’immigration et d’identité.

Le parti indépendantiste se défend de vouloir de chercher la chicane avec le gouvernement fédéral. «Loin de chercher la confrontation avec Ottawa, nous avons fait avancer les intérêts du Québec et des Québécois. Les controverses, c’est par Ottawa qu’elles ont été provoquées», souligne le Parti québécois dans sa plateforme électorale. Celui-ci cite en exemples la révision du programme d’assurance-emploi, du programme de formation de la main-d’oeuvre ainsi que l’abolition du crédit d’impôt aux fonds des travailleurs.

«Nous allons nous préparer [à la souveraineté du Québec] en agissant de façon constructive, de façon positive, en renforçant notre société sur tous les plans», a affirmé Mme Marois dans son discours aux accents souverainiste et identitaire.

Fierté en berne

À l’arrivée du gouvernement du Parti québécois, il y a un an et demi, «la fierté québécoise était en berne», a souligné Mme Marois. «Pour les libéraux, c’est comme s’il fallait s’excuser de défendre les intérêts du Québec. C’est comme s’il fallait s’excuser de défendre les intérêts du Québec. C’est comme s’il fallait s’excuser de vouloir vivre en français chez nous. Pour les libéraux, c’est comme s’il fallait s’excuser de défendre nos valeurs communes. C’est fini tout ça!» a-t-elle lancé devant des militants péquistes gonflés à bloc. «Les Québécois n’ont pas à s’excuser d’exister!»

Le Parti québécois est déterminé à adopter une charte de la laïcité, a souligné Mme Marois. Il compte également mettre sur pied un centre de recherche sur les crimes dits d’honneur et la lutte à l’intégrisme, comme le proposait dans un projet de loi la députée indépendante de La Pinière, Fatima Houda-Pepin.

L’équipe de Pauline Marois veillera dans un nouveau mandat à modifier la Charte de la langue française afin de renforcer le français notamment dans les milieux de travail. 

La chef péquiste déclinera les engagements électoraux du PQ à compter de lundi, alors qu’elle se rendra notamment en Estrie. «Ces engagements sont tous inscrits dans le cadre budgétaire du gouvernement déposé en février. Pas de hausse d’impôt ni de taxes et une gestion serrée, rigoureuse, des dépenses de l’État», a-t-elle précisé samedi.

À la demande de la Sûreté du Québec, les militants du Parti québécois ont dû se soumettre à différents contrôles de sécurité, dont un détecteur de métal, avant d’être autorisés à assister au discours de la chef du PQ.

Rien de neuf, selon Legault

«Il n'y a rien de nouveau dans la plate-forme de Mme Marois, sauf peut-être le référendum, a soutenu le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, en point de presse dans Mirabel. En 2012, on avait un référendum d'initiative populaire, on a maintenant un référendum à l'initiative de Mme Marois.»

Avec Guillaume Bourgault-Côté