Couillard critique l’intervention de l’État dans l’économie

Philippe Couillard présentait jeudi son équipe économique, composée notamment de Carlos Leitao, économiste de la Banque Laurentienne. Le chef du PLQ a promis la création de 250 000 emplois, une promesse qui s’appuie sur la poursuite du Plan Nord, ainsi que des incitatifs dans le milieu de la construction.
Photo: - Le Devoir Philippe Couillard présentait jeudi son équipe économique, composée notamment de Carlos Leitao, économiste de la Banque Laurentienne. Le chef du PLQ a promis la création de 250 000 emplois, une promesse qui s’appuie sur la poursuite du Plan Nord, ainsi que des incitatifs dans le milieu de la construction.

Tout en reprenant la promesse de Jean Charest de créer 250 000 emplois en cinq ans, Philippe Couillard a fait un plaidoyer contre l’intervention directe de l’État dans l’économie.

 

Les profits des entreprises, « c’est ça qui fait grossir l’économie. Ce n’est pas le contrôle étatique et l’intervention de l’État », a déclaré le chef libéral dans une conférence de presse au cours de laquelle il a présenté son équipe économique et le plan libéral de création d’emplois.

 

« Le Parti québécois emploie encore des méthodes du siècle dernier [basées sur] l’intervention directe de l’État », a déclaré Philippe Couillard. « Les jobs, la prospérité, c’est créé par l’entreprise privée. La réalité de la vie, c’est ça. L’État ne crée pas d’emplois directement. »

 

Le chef libéral s’oppose à la prise de participation de l’État québécois dans l’exploration du pétrole de l’île Anticosti. Le gouvernement Marois a annoncé en février un investissement de 115 millions dans des coentreprises avec Pétrolia et Junex, ce qui lui permet de mettre la main sur près de la moitié des permis d’exploration d’Anticosti. Le chef libéral s’est par contre dit d’accord avec le démantèlement d’Hydro-Québec Pétrole et Gaz effectué par le gouvernement Charest.

 

Philippe Couillard a cité l’exemple du Plan Nord, qu’il veut relancer : l’État se limite à investir dans les infrastructures afin de donner accès aux territoires, et c’est aux investisseurs qu’il revient d’en exploiter les ressources et d’en tirer profit.

 

« Pourquoi on a un problème avec le profit ? C’est quoi qu’il y a de mauvais dans le profit ? Grâce au profit, on peut engager du monde. Si on arrête d’avoir des entreprises qui font des profits au Québec, on va être pas mal dans la mélasse », a-t-il avancé.

 

Dans la même optique, l’État ne doit pas taxer davantage les « soi-disant » riches. « Il faut être prudent quand on parle des plus riches. C’est quoi un riche au Québec ? […] C’est le monde qui dirige des entreprises qui créent des emplois. Les surtaxer, c’est ce que j’appelle une mesure faussement progressiste », juge-t-il. Avec un taux marginal d’impôt de près de 50 %, le gouvernement Marois s’est approché, selon lui, « de la limite de la tolérance ».

 

C’est entouré de ses trois recrues au profil économique que Philippe Couillard a présenté son engagement de créer 250 000 emplois en cinq ans. Martin Coiteux, économiste à la Banque du Canada, Carlos Leitao, économiste à la Banque Laurentienne, et Jacques Daoust, ex-p.-d.g. d’Investissement Québec, ont tous exprimé leurs vives inquiétudes quant à l’état de l’économie du Québec depuis l’élection du PQ en septembre 2012. « Les premiers mois de ce gouvernement […] étaient carrément catastrophiques », a dit Carlos Leitao. Au nom de la Banque Laurentienne il y a quelques semaines, il a eu toutefois de bons mots pour le dernier budget Marceau.

 

Le plan de création d’emplois présenté par Philippe Couillard s’appuie sur les mêmes mesures que celui de son prédécesseur : le Plan Nord, les investissements dans les infrastructures, un crédit d’impôt pour la rénovation domiciliaire. S’ajoute une stratégie pour le transport maritime. Au cours des cinq dernières années du gouvernement Charest, il s’est créé 40 000 emplois par an en moyenne. C’est donc 10 000 emplois de plus par an que promettait de créer Jean Charest, et maintenant son successeur.

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