Marois entretient le flou sur un éventuel référendum

La première ministre tient d'abord à confier la rédaction d'un livre blanc sur l'avenir du Québec.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La première ministre tient d'abord à confier la rédaction d'un livre blanc sur l'avenir du Québec.
Le brouillard enveloppant la tenue d’un nouveau référendum sur l’indépendance du Québec au lendemain de l’élection d’un gouvernement péquiste majoritaire persiste.

« Il n’y a pas d’engagement à tenir un référendum, mais il n’y a pas non plus d’engagement à ne pas en tenir », a déclaré la chef du Parti québécois, Pauline Marois, lors de son premier point de presse de la campagne électorale, jeudi.

La chef péquiste ne lancera pas une nouvelle consultation populaire sur « cette question fondamentale » avant d’avoir pris connaissance du livre blanc sur l’avenir du Québec. « Lorsque nous choisirons de tenir un référendum, il y aura des débats avec la population québécoise. On ne fera pas ça en cachette. On ne fera pas ça pendant la nuit », a-t-elle répété.

Créer un « moment d’ébullition »

Si elle est reportée au pouvoir, Mme Marois confiera la rédaction d’un livre blanc sur l’avenir du Québec, dont les auteurs s’inspireraient notamment du travail effectué par la commission Bélanger-Campeau, a-t-elle précisé. La Commission sur l’avenir politique et constitutionnel du Québec mise sur pied par le premier ministre libéral Robert Bourassa au lendemain de l’échec de l’accord du lac Meech a été un « exercice fort intéressant », a indiqué Mme Marois. « C’était un moment d’ébullition exceptionnel. Moi, je souhaiterais qu’on ait ce même état esprit au moment où on discutera d’un livre blanc », a expliqué la chef péquiste lors d’un échange de 50 minutes avec les journalistes.

« [Puis,] s’il y a lieu de tenir un référendum, nous prendrons le temps de l’arrêter [une date], d’entendre le point de vue des citoyens. Et si nous ne croyons pas pertinent de le faire, nous ne le ferons pas », a-t-elle ajouté.

Voter PQ malgré tout

Mme Marois n’a pas voulu préciser les conditions préalables au lancement d’un nouveau processus référendaire, se gardant scrupuleusement de « faire de la stratégie sur la place publique ». La leader du mouvement indépendantiste a plutôt invité jeudi les électeurs n’ayant aucun appétit pour un référendum, mais partageant le reste du programme politique du PQ à voter pour le candidat péquiste dans leur circonscription.

Après avoir sillonné les régions de la Capitale-Nationale, de la Mauricie, du Centre-du-Québec, de la Montérégie en 36 heures, l’autocar du PQ s’est arrêté jeudi soir à Montréal. Pauline Marois y a notamment présenté sa candidate vedette dans la circonscription de Verdun, Lorraine Pintal. « Verdun a besoin de [la directrice générale du Théâtre du Nouveau Monde] comme députée. Et moi, j’ai besoin d’elle pour obtenir les moyens d’agir », a dit Mme Marois, au deuxième jour d’une longue course au gouvernement majoritaire. 

« Nous avons hérité la tâche de faire perdurer en Amérique cette formidable aventure francophone qui est vieille de quatre siècles. Et comme souverainistes et militants du Parti québécois, nous avons choisi de continuer le combat de Louis-Joseph Papineau et de René Lévesque », a-t-elle ajouté devant des dizaines de militants péquistes de la région métropolitaine.

« Il a beaucoup, beaucoup aimé »

Mme Marois s’est également amusée jeudi soir à rappeler les commentaires d’une nouvelle recrue économique du Parti libéral du Québec à l’égard du dernier budget Marceau. Selon elle, Carlos Leitao, ancien économiste en chef de la Banque Laurentienne, a souligné que le budget « présente les bons coups à réaliser pour faire du Québec un endroit plus prospère ». « Cette preuve de gestion rigoureuse rend plus crédible […] le maintien souhaité de la croissance des dépenses au cours des trois prochaines années. » « Et il continue ! a lancé la chef du PQ. Contrairement à Philippe Couillard, lui, il a beaucoup, beaucoup aimé le budget de notre gouvernement ! »


Louise Mailloux dans Gouin

L’auteure de La laïcité, ça s’impose et d’Une charte pour la nation, Louise Mailloux, est la candidate pressentie pour ramener la circonscription de Gouin dans le giron du Parti québécois. À l’occasion de son passage à la commission parlementaire sur la charte de la laïcité, la professeure de philosophie au cégep du Vieux-Montréal avait créé une petite commotion en brandissant une photographie d’une rencontre organisée par l’association Bridges où les hommes — dont le député solidaire Amir Khadir — étaient séparés des femmes, voilées. En 2012, Françoise David s’est fait élire sans difficulté dans Gouin. Elle a bénéficié d’une majorité de plus de 4500 voix sur le député sortant, Nicolas Girard.